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Vous êtes enceinte ? Évitez ces livres à tout prix !

Sabine Euverte By Sabine Euverte Published on July 10, 2017

À l’instar de films déconseillés aux âmes sensibles, ou de médicaments, certaines lectures devraient être évitées pendant la grossesse, voire pendant l’allaitement… Florilège de quelques œuvres (parmi beaucoup d’autres) à éloigner absolument des futures et jeunes mamans. Notons toutefois que ces ouvrages, excellents pour diverses raisons, sont fortement recommandés à toutes, et à tous, hors des périodes d’enfantement. C’est-à-dire la plupart du temps.

1. Les livres qui vous feraient faire des cauchemars

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Avant d’être un film, Rosemary’s baby fut un best-seller (Un Bébé pour Rosemary, d'Ira Levin). Quand Rosemary et Guy s’installent au 7e étage du fabuleux immeuble Bramford, ils font fi de sa sinistre réputation - et un bébé. Suivie par le « merveilleux » Dr Sapirstein conseillé par ses très prévenants voisins, Rosemary maigrit, souffre, et ne mange bientôt plus que de la viande saignante

Quelques chapitres plus tard, elle se surprend « à mordre dans un cœur de poulet cru encore tout sanguinolent » à 4 heures du matin. Oserais-je dire que cet original diabolique est aussi bon sinon meilleur que le fameux Polanski? Oui. Cauchemars de sang assurés.

Dans Le Ventre de la fée, Alice Ferney fait la description suivante: «Dehors lorsqu’elle marche, dans le monde lorsqu’elle rêve, elle songe à cet enfant qu’elle porte et aux autres qui l’ignorent, là autour d’elle à s’agiter comme des animaux dans un labyrinthe. Avec ce secret et ce silence en elle, une sérénité lui vient dans la foule.» Calme avant la tempête. 

Que deviendra ce Gabriel ? On lui sent une parenté avec Jean-Baptiste Grenouille, le héros du Parfum de Patrick Süskind, un des seuls opus de la littérature contemporaine que j’aie fermé en murmurant : « chef-d’œuvre »

Et si Gabriel était aussi le bébé de Rosemary réincarné ? « Toutes les boîtes sont rangées dans sa chambre. » Imminentes parturientes, croyez-moi, n’allez pas les ouvrir.

2. Le livre qui vous ferait vomir

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« Depuis le début de la grossesse de sa sœur, la narratrice consigne dans un journal les moindres transformations de la future mère. 

Et quand celle-ci, passé la période des nausées, retrouve un appétit vorace, elle s’empresse de lui préparer des marmelades de gros pamplemousses jaunes d’importation dont elle la gave à plaisir. »

Telle est, à peine modifiée, la quatrième de couverture de La Grossesse de Yôko Ogawaun livre toxique. Amie lectrice gravide, ma semblable, ma sœur, si par mégarde on te l’offre, rends-le vite avant que d’en vomir.

3. Les livres qui vous feraient courir le risque d’une malédiction

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Dans l'Énéide de Virgile, Pasiphaé, enceinte d’un taureau, donnait naissance au Minotaure. Dans Les Mille et Une Nuits, des princesses voient leurs nouveau-nés remplacés par des chiots ou des chatons. 

Dans les dernières pages de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, la malédiction s’accomplit, achevant la dynastie des Buendía par la naissance d’un bébé à queue de cochon. Personnellement, je l’ai lu à 20 ans et relu avec admiration. 30 millions de personnes au monde aussi (relu, peut-être pas, du moins l’ont-ils acheté), dans 35 langues. Au cas où vous n’en feriez pas partie, vous, vous pouvez attendre.

4. Les livres qui vous feraient frémir

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Dans Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, les bébés sont produits en tubes et le mot « mère » est un gros mot. Comment les étudiants réagissent-ils à la question « Savez-vous ce qu’est un "parent" ? »

«Plusieurs des jeunes gens rougirent. Ils n’avaient pas encore appris à reconnaître la ligne de démarcation, importante mais souvent fort ténue, qui sépare l’ordure de la science pure. L’un d’eux, enfin, eut le courage de lever la main.

— … Les êtres humains autrefois étaient… dit-il avec hésitation ; le sang lui affluait aux joues. Enfin, ils étaient… vivipares.

— Très bien. 

Le Directeur approuva d’un signe de tête.

— Et quand les bébés étaient décantés…

— Naissaient, corrigea-t-il.

— Eh bien, alors, c’étaient les parents – c’est-à-dire : pas les bébés, bien entendu, les autres. 

Le pauvre garçon était éperdu de confusion.

— En un mot, résuma le Directeur, les parents étaient le père et la mère.

Cette ordure, qui était en réalité de la science, tomba avec fracas dans le silence gêné de ces jeunes gens qui n’osaient plus se regarder.

— La mère… répéta-t-il très haut, pour faire bien pénétrer à fond la science ; et, se penchant en arrière sur sa chaise :

— Ce sont là, dit-il gravement, des faits désagréables, je le sais. Mais aussi, la plupart des faits historiques sont désagréables. »

Quelques pages plus loin, en prononçant à nouveau le mot ordurier de « mère », Mustapha Menier achève, hochant la tête : « Oui… C’est à juste titre que vous pouvez frémir… »

Dans la même lignée, et surtout en cas de fatigue, tendres mamans, n’allez pas lire la nouvelle « Les Pré-personnes » de Philip K. Dick (Nouvelles 1953-1981). Il y invente une loi en faveur de l’avortement post-natal, portant… jusqu’aux 12 ans de l’enfant !

5. Les livres qui vous dégoûteraient

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Il est une femme écrivain (que les féministes me pardonnent mais «écrivaine » est un trop vilain mot à mon goût) qui développe des idées du même genre, mais sans aucun humour. En 1949, Simone de Beauvoir, dans Le Deuxième Sexe, évoque « la gélatine tremblante qui s’élabore dans la matrice évoquant la molle viscosité des charognes » ; elle parle d’« embryon glaireux », de « poix », de « glu », et décrit la gestation comme « un travail fatigant qui ne présente pas pour la femme un bénéfice individuel » !

Beauvoir a mal vieilli et je doute que les futures mamans d’aujourd’hui trouvent un bénéfice individuel à se voir asséner que «la femme connaît une aliénation plus profonde quand l’œuf fécondé descend dans l’utérus et s’y développe »… Pour tous les autres, redécouvrir ces écrits a posteriori est souvent drôlement stupéfiant.

Déjà, dans Les Femmes savantes de Molière, Armande reprochait à sa sœur, la gentille Henriette, de ne pas «frissonner» aux « suites » du «dégoûtant » mot mariage « et de n’entrevoir point de plaisir plus touchant qu’un idole d’époux et des marmots d’enfants »

6. Les livres sans danger

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Ayant moi-même écrit Des nouvelles de mes amis tandis que j’attendais Joséphine, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer le début et la fin de « Comme un dératé », la dernière histoire :

« La quatrième cigarette que je viens de lui allumer roule sur le sol du café et ni lui ni moi n’esquissons un geste. Pas plus que nous n’avons bougé pour les première, deuxième et troisième. À peine quelques taffes inhalées, elles brûlent ses moignons et s’échappent. Éric n’a ni jambes ni mains.

À part ça, c’est le genre de type qui met très à l’aise :

— Avant, annonce-t-il, je mesurais un mètre-quatre-vingt-treize(…)

Une vingtaine de mégots flotte maintenant dans une flaque :

Enceinte au plus rond point, sous la table où sont déposés nos quarts Perrier, je viens de perdre les eaux. (…)

Et c’est via l’autoroute que fonce notre bel équipage direction l’hôpital. Lui sans mains ni jambes. Moi, me fait-il observer, qui en totalise, pour quelques heures encore, deux paires de chaque»

Lisez celui-là. Il est sans danger. (À moins que vous ne soyez choquée par « Spermatozoïdal »).

Enfin, de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! Offrez donc aux futurs parents Les Monologues du vagin, d’Eve Ensler.

Les dernières pages, sur l’accouchement de la femme de son fils, sont aussi puissamment jolies que celles de Je porte un enfant et dans mes yeux l’étreinte sublime qui l’a conçu, de Frédérique Deghelt, de l’épatante Lettre à une mère, du Professeur René Frydman, ou de l’éblouissante Étoile Vesper de Colette, toutes grossesses sur lesquelles je me serais volontiers étendue si je ne devais m’arrêter car c’est l’heure du dîner et – n’en déplaise au Castor –, mes belettes, mes morveuses, les fruits chéris de mes entrailles, m’attendent.


Illustrations : Le Rêve (1940), Ma Naissance (1932), L'Avortement (1932), Moïse (1945), L'Hôpital Henry Ford (1932) et Ma Nourrice et moi (1937) de Frida Kahlo.


Depuis longtemps déjà, Sabine Euverte a délaissé la télé (TF1, France 2, Canal+) pour les livres. Après « la Division du monde » (Bayard) et « 73 histoires de Nathalie » (Subervie), une éditrice ... Show More

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