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Une vie de cafard, sous la plume de Lamia Berrada-Berca

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This article was updated on March 16, 2017

Ici Hay Kazaoui, le "quartier des mal-famés, des faiseurs d’histoire, des yeux vides, des vies béantes, du béton en chaîne, en veux-tu en voilà". De ce ghetto en périphérie d'une grande ville imaginaire, on ne part pas, on se laisse emprisonner, on s'y pend quand on est homosexuel. L'espoir d'aller vivre ailleurs vous "bouffe jour après jour", et vous "cerne les yeux".

Un "cafard parmi les cafards"

Le jeune homme que l'on va y suivre n'a pas de nom. Sa vie est rythmée par la lecture des magazines européens au café, par les annonces des morts à Lampedusa à la télévision (qui ne nous montre "pas la même réalité"), ou encore par les voyages en bus 39 pour aller voir sa tante malade. Parfois il compte les boulons, manoeuvre sur les chantiers ou veille la nuit. Toujours sans demander combien il sera payé.

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Depuis sa vie de "cafard parmi les cafards", que nous dépeint Lamia Berrada-Berca dans Guerres d'une vie ordinaire (éditions du Sirocco), il ose croire qu'il n'est pas comme les autres. 

Lui qui rêve si fort de rencontrer une femme va finir par croiser Soraya. S'ensuit un éclair de bonheur avant que la religion et les carcans sociaux ne les éloignent. Lorsqu'il la perd, il réalise qu'il ne la trouvera jamais, "elle, la femme dont je rêvais pour changer Ça. Tout Ça".

Un conte actuel

Puis arrivent la Rumeur, l'Attentat, le Procès, le tout aussi logiquement que dans la plus grande des absurdités. "Les ordures ne sont jamais celles qu'on croit", nous lance rageusement le jeune homme.

Guerres d'une vie ordinaire est un conte actuel en prose, duquel se dégage une intense poésie qui tire parfois vers le fantastique. Celle-ci accompagne un narrateur anonyme et perdu, qui ère, rêve, en périphérie de la ville autant que de la société. 

Le rêve, notamment celui des femmes occidentales qu'il voit dans les magazines, restant le seul échappatoire de son quotidien morne au milieu des autres cafards.

Le roman a cela d'exceptionnel qu'il donne à voir cette misère sociale dans tout ce qu'elle a de plus cru. Tout ici paraît excessivement normal. Ordinaire.

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