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Toxiques, jalouses, perverses : 14 mères pires que la vôtre

Bookwitty FR By Bookwitty FR Published on June 13, 2017
This article was updated on November 10, 2017

C'est une figure incontournable de l’autofiction (et plus généralement du roman contemporain) : la mère toxique, cette mère incapable d’aimer, dont on ne guérit jamais vraiment. Insatisfaite, jalouse, fusionnelle : voici quelques profils de mères terribles qui vous rappelleront peut-être quelqu’un…

L’éternelle insatisfaite

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S’il y a bien une mère toxique à citer dans l’histoire de la littérature française, c’est Emma Bovary. Capricieuse et éternellement insatisfaite, elle se déleste de ses frustrations sur sa fille Berthe dont elle regrette qu’elle ne soit pas un garçon et qu’elle trouve trop laide pour être aimée. La malheureuse Berthe connaîtra un sort tragique à l’image de ses parents : confiée à une tante après leur mort, elle se retrouve sans le sous et contrainte de travailler dans une filature de coton. Personnage secondaire délaissé par sa mère et par son propre auteur qui reste très évasif quant à son avenir, Berthe est la victime collatérale par excellence d’une mère incapable d’aimer son enfant comme de s’aimer soi-même.

La fusionnelle

Certains de nos plus grands auteurs ont grandi aux côtés d’une mère toxique. Romain Gary, Sartre ou encore François Mauriac : tous trois ont souffert de la présence d’une mère surprotectrice, voire infantilisante. Extravagante et admirative de son fils dans le cas de Gary qui en fait le personnage principal de La Promesse de l’aube. Possessive et jalouse maladive dans le roman Génitrix de Mauriac. « Grande fille délaissée », aveuglée par l’amour maternel, dans Les Mots de Sartre. À travers eux, on comprend que le recours à l’autobiographie peut être salutaire, permettant de couper le cordon avec ces mères aimantes mais bien trop encombrantes.

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La perverse

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En 1985, Yann Queffélec remporta le prix Goncourt pour Les Noces barbares, un roman sombre qui dépeint une relation mère-fils déchirante. Enfant d’un viol, Ludo est délaissé par sa très jeune mère, Nicole, qui l’envoie vivre chez ses grands-parents où il vivra reclus dans le grenier jusqu’à l’âge de sept ans. Remariée à Micho, un homme doux et bienveillant, mais dont le fils se révèle très cruel avec Ludo, Nicole décide d’envoyer ce dernier dans un institut pour attardés mentaux. Ludo y guettera chaque jour la visite de cette mère qui ne veut pas de lui. En vain. Il finira par fuguer et mener une vie vagabonde, au bord de l’Océan, sans jamais cesser de penser à Nicole.

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Eva, de Simon Liberati, l’un des titres qui a marqué la rentrée littéraire 2016, propose un portrait au vitriol d’une mère perverse qui n’a pas hésité à exploiter sa fille, âgée de treize ans au moment des faits. En se basant sur l’histoire de sa femme, Eva Ionesco, que sa mère photographe a fait poser pour des photos obscènes alors qu’elle était encore enfant (photos qu’elle vendait pour des sommes considérables), Liberati cherche à comprendre cette relation hors du commun et s’étonne de l’admiration qu’a pu malgré tout nourrir Eva pour cette mère manipulatrice. Faisant d’Eva sa muse, il retrace l’adolescence de cette Lolita abusée, ponctués de frasques et d’excès en tout genre, et célèbre leur incroyable relation dans ce qui est certainement l’un des plus beaux romans d’amour fou de ces dernières années.

L’incestueuse

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Publié en 1943, Les Impudents est le premier roman de Marguerite Duras. La jeune Maud y voue une véritable haine à sa mère dépressive qui nourrit une relation quasi incestueuse avec son fils aîné, un joueur imprévisible et manipulateur qui la monte contre ses autres enfants. Dans ce premier roman, inspiré de la famille de l’auteure, Duras a déjà recours à ses thèmes de prédilection, à savoir la famille, l’injustice et le désespoir ; thèmes qu’elle développera par la suite dans l’ensemble de son œuvre, Maud devenant Suzanne dans Un barrage dans le Pacifique et Marguerite dans L’Amant.

La distante

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Si certaines mères se montrent trop envahissantes, d’autres mettent leurs enfants à distance, les privant d’une affection indispensable. C’est le cas de la mère de la célèbre avocate Gisèle Halimi qui, dans son roman autobiographique Fritna, affirme n’avoir jamais été aimée par elle. Née en Tunisie, Gisèle Halimi a grandi dans l’ombre d’une mère juive espagnole, secrète et imposante, qui lui a toujours préféré ses autres enfants. Rejetée et contrainte de jouer les domestiques auprès de ses frères, la jeune Gisèle a redoublé d’efforts pour attirer l’attention de cette mère traditionaliste qui cherchait à réprimer ses envies d’émancipation. De cette souffrance, Gisèle Halimi en a fait une force, faisant de sa propre expérience de l’injustice le point de départ d’une vie entière dédiée à la lutte féministe.

La juge

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Elvire, la mère de Catherine Cusset, était juge et son verdict sur la famille était sans appel : elle la haïssait ! Affichant ouvertement sa préférence pour son deuxième fils, cette mère hyper exigeante, personnage central de La Haine de la famille, distribue les ordres et les sanctions, avant de se voir à son tour soumise au jugement de sa fille, lui aussi sans appel. Trente ans après les faits, Catherine Cusset règle ses comptes avec cette mère qui s’est elle-même construite dans la douleur et la culpabilité, trouvant refuge auprès de ses amis et dans les émissions de France Culture qu’elle écoute en boucle. Entre amour filial et haine viscérale, Catherine Cusset expose sans détour les sentiments contradictoires qui fondent sa relation à sa mère, et démontre que la famille est bien le cercle social le plus propice aux conflits.

La rivale

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Les relations mère-fille sont souvent soumises à la jalousie et la rivalité. C’est le cas des deux protagonistes du roman d’Eliette Abécassis, Mère et fille. Inspiré de deux grandes figures de la mode, Sonia et Nathalie Rykiel, ce roman décrit une relation complexe, dans laquelle la personnalité de la mère et la légende qui l’accompagne étouffe la fille qui peine à trouver sa place. Une relation passionnée, aux enjeux multiples : la maternité se heurte à la question de la féminité, l’envie de transmettre à celle de l’émancipation, l’admiration à celle de la rivalité.

La bipolaire

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Lauréate du Prix Goncourt des Lycéens et du Prix Renaudot en 2011 pour son roman Rien ne s’oppose à la nuit, l’écrivaine Delphine de Vigan a ému les lecteurs avec l’histoire de sa mère bipolaire, Lucile. Après un parcours marqué par de nombreux drames familiaux, cette dernière a choisi de mettre fin à ses jours en 2008. Mère trop jeune, beauté trop fragile, issue d’une famille nombreuse (11 enfants) dans laquelle les grands étaient amenés à s’occuper des plus jeunes, et qu’un terrible incident a fait voler en éclats, Lucile a grandi vite, peut-être trop vite. Devenue mannequin, la jeune femme a dissimulé ses failles intérieures derrière une existence aussi brillante qu’éphémère, avant de basculer complètement dans la maniaco-dépression. C’est sa fille qui retrouvera son corps chez elle, quelques jours après sa mort. Une issue tragique dans la terreur de laquelle la jeune Delphine a grandi, et que ce roman vient exorciser à travers une enquête minutieuse, archives à l’appui, dédiée au passé de Lucile. Un livre dans lequel malgré tout le désespoir côtoie la soif de vivre.

La soumise

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C’est l’histoire d’une relation douloureuse, d’une colère d’abord sourde puis terrible, et peut-être d’une réconciliation. Bref, d’un Amour impossible, d’abord entre un mari et sa femme, puis entre une mère délaissée et sa fille qui l’aime passionnément tout en lui reprochant de ne pas avoir su la protéger face à un père incestueux. S’attaquant aux différentes strates qui composent cette relation dans laquelle se mêle l’admiration et la culpabilité, Christine Angot décortique ses souvenirs pour reconstituer un lien que seul l’acte de pardon peut sauver. Avec une certaine douceur, elle fait un portrait très émouvant de cette mère soumise qui lui valut de remporter le prix Décembre en 2015.

L’absente

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« J’ai mal à ma mère comme on a mal au cœur » écrit la psychanalyste Jacqueline Harpman dans son roman La Fille démantelée qui relate la douloureuse relation qu’elle a entretenue avec sa mère. À la mort de celle-ci, Edmée, l’alter ego de l’auteure, replonge dans son passé pour faire le deuil de cette mère qui n’aura jamais eu de cesse de la rabaisser. Dialoguant avec le fantôme encombrant de cette mère narcissique, jalouse et autoritaire, la narratrice finit par trouver la paix intérieure grâce à l’écriture.

La marâtre

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Enfin, mère toxique emblématique entre toutes : Paule Pluvignec, dite Folcoche, la marâtre de Vipère au poing d’Hervé Bazin. Élevés par leur grand-mère dans le château familial pendant que leurs parents vivent en Chine où le père est enseignant, Jean et Ferdinand voient leur vie basculer le jour où leurs parents reviennent se charger de leur éducation après le décès de la grand-mère. Dès les retrouvailles, la mère se révèle une femme cruelle et tyrannique. Dictant sa loi d’une main de fer jusque dans les moindres rituels qui régissent la vie de la maison, elle ne tarde pas à se voir affubler du surnom de Folcoche, les deux frères lui jurant une haine sans borne et nourrissant en secret un désir de vengeance. Adapté au cinéma en 1971 avec Alice Sapritch dans le rôle de Folcoche, puis Catherine Frot en 2003, Vipère au poing offre sans doute à la littérature le meilleur personnage de mauvaise mère.

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