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Terry Goodkind est bien plus qu’un auteur de fantasy

Ariane Schwab By Ariane Schwab Published on September 19, 2017

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Luthier devenu restaurateur d’antiquités, Terry Goodkind écrit à 45 ans le premier tome d’une saga qui va le propulser au rang de prodige du genre. Depuis la parution du premier tome en 1994, L’Épée de Vérité s’est vendue à plus de 25 millions d’exemplaires dans le monde et a été traduite en vingt langues.

Conteur d'histoires

Pour autant, être catalogué auteur de fantasy agace Terry Goodkind, aujourd’hui septuagénaire. Il affirme que « probablement 80 à 90% de (s)es lecteurs ne lisent pas de fantasy » et se définit avant tout comme un écrivain, un conteur d’histoires.

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Pour étayer ses dires, entre préquelles et série dérivée, il a publié deux thrillers, La Loi des Neuf et Les Sanctuaires du Mal avec cependant une constante : que ce soit par le biais d’une société métaphorique ou ancrée dans le monde réel, il y décortique le comportement humain à travers le prisme de la philosophie objectiviste.

Magie et prophéties

Développée sur quinze tomes, L’Épée de Vérité est une série d’heroic fantasy incroyablement riche. De prime abord, c’est une saga très classique : un jeune homme d’origine modeste se retrouve, sans rien avoir demandé, avec le destin du monde sur les épaules. Une mission disproportionnée qui le fait bien entendu grandir et mûrir et qui lui fait traverser le Nouveau Monde, des Terres d’Ouest dont il est originaire, en passant par les Contrées du Milieu et l’empire de D’Hara à l’est jusqu’à l’Ancien Monde au sud.

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Il y découvre l’existence de la magie et de prophéties. Ses compagnons de voyage sont un vieil ermite, moins inoffensif qu’il n’y paraît, et la Première Inquisitrice, une femme au pouvoir inquiétant. De fil en aiguille, Richard en vient à affronter des méchants de plus en plus méchants, le Gardien du monde des morts n’étant pas le pire.

Et bien entendu, on rencontre des créatures fantastiques mais pas classiques du tout. Pour la plupart, elles sont réellement le fruit de l’imaginaire de Goodkind – un plaisir supplémentaire dans la découverte de cet univers.

Stakhanoviste du mot juste

La spécificité de Goodkind se dévoile réellement dans le troisième tome, Le Sang de la Déchirure. À partir de là, l’auteur emporte le lecteur dans un voyage à double lecture, le palpitant récit fictif des aventures de son héros et leur imparable résonance dans le monde réel, révélant ses intentions fondamentales.

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Jusqu’à ce qu’il se mette à écrire, à l’âge de 45 ans, Terry Goodkind a vécu avec les histoires qu’il se racontait mentalement, ce qui peut expliquer la solidité de la structure de son univers et la complexité de ses protagonistes.

Il évoque souvent sa dyslexie pour expliquer sa « lenteur » mais il apparaît avant tout comme un perfectionniste, un stakhanoviste du mot juste qui peut passer « une demi-journée sur un paragraphe » et écrit « 15 heures par jour, sept jours par semaine ».

L'individu au cœur de tout

Les personnages sont au cœur de son travail et à travers eux, l’Humain. Si Terry Goodkind croit notamment en l’Amour, en la Justice, en la Femme (ses personnages féminins sont extrêmement nombreux et aboutis dans l’ensemble de ses romans et démontrent toujours une grande force de caractère en dépit de la brutalité des jougs qui leur sont imposés), il estime que l’individu est au cœur de tout et que nul ne peut le sauver à part lui-même.

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Ainsi, dans La Foi des Réprouvés (tome 6), Richard, qui n’a cessé de se battre pour sauver les autres, en vient à la conclusion suivante : « Ce n’est pas moi qui doit prouver ma valeur aux autres, mais les autres qui doivent me démontrer la leur. Tant que ce ne sera pas fait, je ne devrai pas les diriger, car tout espoir serait perdu. » Il devient ainsi impossible en poursuivant L’Épée de Vérité de ne pas voir à travers les yeux de Richard le monde tel qu’il est perçu par Terry Goodkind.

Philosophie objectiviste 

Adepte de la philosophie objectiviste d’Ayn Rand (qu’il oppose aux collectivistes), il dispense ses préceptes même s’il se défend de donner un cours dans ses livres. 

« Les récits ont toujours été le moyen pour les gens de transmettre leur savoir et leur culture à d'autres personnes. C'est la façon dont ils décrivent leur compréhension du monde et leur existence. […] En même temps, une histoire est une représentation des valeurs de l'auteur. »

Ainsi il dénonce, à travers son Ordre impérial et notamment le très intéressant personnage de la Maîtresse de la Mort (qui est au centre d’une série dérivée intitulée Les Chroniques de Nicci), les préceptes moralistes et culpabilisants de la Foi, utilisée pour répandre (souvent par la Force) une trompeuse idée du « bien commun ».

Il défend ardemment l’idée dans l’introduction de son préquelle Dette d’Os que « dans un univers de fiction, comme dans la réalité, un individu, même s’il se croit impuissant, a parfois le pouvoir de changer le cours de l’histoire – et pas toujours dans le bon sens. »

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Dans une interview publiée en 2008 à la sortie du Cœur de la Guerre, dernier tome de la saga, il explique que pour lui, « L'Épée de Vérité est un appel pour que les gens fassent attention à ce qui se passe. Je ne sais pas si ce mouvement peut être arrêté. Je pense que la guerre contre le terrorisme est juste une indication mineure des très nombreuses pensées corrompues qui nous mènent à un nouvel Âge des Ténèbres ».

Les ramifications du mal

Une vision sombre qui se retrouve dans son thriller Les Sanctuaires du Mal : Kate Bishop est propulsée dans un monde cauchemardesque à la suite de l’assassinat de son frère, un simple d’esprit qui prétendait voir le « diable » quand il le croisait. Un « don » que Kate se découvre elle aussi. Si une personne a tué ou va le faire, elle le sait à travers son regard. Le souci, c’est que cela fonctionne dans les deux sens. Si un tueur croise son regard, il sait qu’elle sait. Elle devient alors une cible à éliminer.

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Kate découvre avec horreur combien le crime organisé est loin d’être un euphémisme dans nos sociétés : les ramifications du mal sont partout, dans les rues, sur le dark web mais aussi dans l’esprit des braves gens dont la société a perverti les repères.

« On se voile de plus en plus la face. Une civilisation rongée de l’intérieur regarde l’horreur avec ses yeux crevés – quand elle ne cherche pas à l’expliquer, ou pire encore à la justifier. En d’autres termes, nous apprenons à vivre avec le mal ».
« Oui, il y avait du danger, dehors, mais elle n’y pouvait rien, à part, comme tout un chacun, faire de son mieux pour passer inaperçue ».

Dans cette société qui se lézarde, à quel prix doit-on défendre sa vie ? Comme dans sa saga culte, Terry Goodkind y décline son idée directrice: « Votre vie est à vous, levez-vous et vivez-la. »


Illustrations par Keith Parkinson : terrygoodkind.fr

Ariane Schwab est une journaliste et auteure française. Elle a été responsable de la rubrique Culture d'europe1.fr pendant plus de dix ans et a tenu les rubriques Livre de plusieurs publications ... Show More

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1 Comments

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idi
Ne surtout pas se laisser duper par son apparence kitsh, La quête de l'épée de vérité est une saga d'une incroyable richesse, autant en terme de fond que de forme. Les descriptions sont d'un grand détail, la réflexion "juste" au même titre que la complexité des personnalités, et des intrigues. Je recommande fortement !

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