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Quand les femmes s’emparent de la fantasy

Ariane Schwab By Ariane Schwab Published on April 10, 2017

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This article was updated on November 16, 2017

Territoire traditionnellement assez viril, la fantasy attire de plus en plus d’auteures. Leurs domaines de prédilection : le genre young adult, la bit-lit, la paranormal romance et l’urban fantasy. Voici une sélection non exhaustive des plumes francophones les plus prometteuses.


H. Roy

Une mystérieuse Parisienne se cachant sous le nom de H. Roy a raconté pendant trois ans sur Facebook l’écriture de son roman avant d’y mettre le point final. Cette paranormal romance s’intitule Les Els. D’après l’éditeur, elle envisageait de réécrire Scream mais son roman s’inspire plutôt de Twilight, de Stephenie Meyer. Son héroïne est lycéenne, plutôt jolie. Elle mène une vie banale dans une petite ville des Adirondacks, un massif montagneux situé dans l’Etat de New York. Orpheline de mère, Connor vit avec son père et, comme Bella dans Twilight, elle a le don de se mettre dans des situations fâcheuses et sera confrontée à un triangle amoureux.

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Mais si certaines des créatures de H. Roy s’abreuvent bel et bien de sang, ce ne sont pas des vampires. Connor est une humaine évoluée, une Els, dont les pouvoirs se révèleront lors de sa “lune d’ascension”. Et bien sûr, c’est une Els hors norme dont la rareté crée la convoitise d’une branche ennemie. Si l’auteure est allée jusqu’à s’amuser à copier carrément certaines scènes de Twilight (comme la scène "spider monkey" où Bella, juchée sur le dos d'Edward, escalade d'immenses arbres), son récit reste original et captive facilement les amateurs du genre. Un lectorat plutôt féminin, tombé sous le charme d’Evann, le ténébreux de l’équipe.


Marie Caillet

Autre talent prometteur : Marie Caillet. La jeune femme a tout juste 18 ans quand elle remporte en 2010 le concours du nouvel auteur jeunesse des éditions Michel Lafon. Sa trilogie L’Héritage des Darcer, vendue à près de 10 000 exemplaires, a pour héroïne My, héritière à 16 ans d’une dynastie détrônée et de pouvoirs magiques insoupçonnés.

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My est une jeune fille de prime abord peu sympathique, égocentrique et calculatrice. Elle avait bien envisagé d’être reine un jour, mais à la faveur d’un mariage, pas en partant à la recherche d’un hypothétique trésor dissimulé par son royal ancêtre. Elle choisit donc la fuite. Mais le destin se chargera de la ramener à plus de raison en empruntant des voies certes peu conventionnelles : à charge aux malandrins et autre assassin qui croiseront sa route de lui enseigner le sens de l’honneur et l’amour.


Manon Fargetton

Manon Fargetton n’a pas 30 ans mais est une habituée des prix. Son premier roman paru en 2006 chez Mango, Aussi libres qu’un rêve, en remporte pas moins de quatre. La jeune Bretonne publie alors chez Rageot une trilogie intitulée June et deux thrillers avant de rejoindre les éditions Bragelonne. Son Héritage des rois passeurs remporte le prix Imaginales du meilleur roman francophone.

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Les Illusions de Sav Loar publiées en novembre 2016, nous ramènent au royaume d’Ombre. Mais inutile d’y chercher des liens avec les rois passeurs exceptées les divinités Aa et Izil. Ce récit comporte sa propre trame. Dure. Tragique dans un monde où les humains sont les marionnettes de dieux qui s’ennuient et où les hommes ont pris ombrage de la puissance des femmes. Car si les magiciens manient les ombres aussi bien que les magiciennes, ces dernières bénéficient également du pouvoir de créer des illusions lorsqu’elles portent un enfant. La peur d’être dominés pousse alors les hommes à de terribles extrémités. Leurs capes d’or traquent et massacrent sans pitié les héritières d’un don puissant.

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Bleue a ce don particulier. Orpheline, vendue vierge sur le marché aux esclaves de Dorderès, elle connaîtra un destin atroce dans le harem du Sker Nazâr. Mais elle y trouvera également des alliés inattendus : Fèl, une jeune femme qui manie la séduction comme une arme ; Tiriss, une guerrière dénuée d’états d’âmes ; Oreb, un vieillard d’apparence inoffensive ; Guilhem Declair, un guerrier d’Astria - il a bon fond mais ne sait pas tenir sa langue. Et enfin Amesân, le médecin du Sker. Bon gré mal gré, les six comparses feront front commun quand l’essence divine de Bleue se révèlera.

De très nombreux personnages apparaissent dans le récit, tous complexes. Entre leur richesse, celle de l’intrigue, l’intensité des scènes et le rythme du récit, Manon Fargetton s’impose indéniablement comme l’une des grandes conteuses de l’imaginaire. Féministe, son récit est d’une grande modernité, défendant l’idée du bien vivre ensemble dans l’acceptation des différences entre les sexes.


Estelle Faye

Estelle Faye est la doyenne de cette sélection. Elle a reçu le prix Elbakin 2013 du meilleur roman français pour Porcelaine (une fantasy historique publiée aux Moutons électriques), le prix Elbakin 2015 du meilleur roman français pour la jeunesse et le prix Actusf de l'Uchronie 2016 pour La Voie des oracles.

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Cette trilogie se déroule au Ve siècle après JC. Les anciens dieux ont été bannis, les magiciens et les créatures sont pourchassés. Thya est la dernière des oracles étrusques, protégée par son père, Gnaeus Sector, général et héros de l’empire qui la cache loin de Rome. Malheureusement, le nid dissimule également un serpent. Son propre frère, Aedon, tente d'assassiner leur père pour accélérer la succession.

Pour le sauver, Thya se jette sur les routes, guidée par ses visions. A ses côtés, Enoch, un maquilleur plein de ressources et Mettius, un ancien soldat de son père. Mais aussi des alliés plus discrets, une Ondine, un Faune et Culsans, le dieu des portes. Mais plus Thya avance, plus ses illusions tombent. Les mensonges et manipulations la transformeront à jamais, menaçant l’avenir même du monde. Un récit tragique mais réjouissant par sa façon de ressusciter une Rome conspiratrice et une mythologie des plus paillardes. Les bacchanales de Dionysos en sont l’une des illustrations.

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Estelle Faye vient également de publier aux éditions Critic son premier roman adulte, une dark fantasy intitulée Les Seigneurs de Bohen. Un récit dont on sait d’entrée qu’il va nous conter la chute d’un empire mais dont la trame se tisse en filigrane dans ce roman choral qui met en scène « ceux dont le monde n’attendait rien, et qui pourtant y laissèrent leur empreinte, leur légende ». Pas de héros flamboyants ni de nobles courageux mais des marginaux (une sorcière au pouvoir peu spectaculaire, un apprenti moine avec un monstre greffé dans le front, un chien de guerre hermaphrodite, un clerc beau comme un personnage de manga…) Ils ne se connaissent pas. Les chemins de certains se croiseront. Mais chacun porte une part d’ombre et de lumière. Difficile de deviner quasiment jusqu’au dénouement s’ils seront des héros ou des monstres.

Apparaissent également des créatures légendaires issues de mythes slaves ou mésopotamiens, d’autres qui hantent les océans et font penser à l’équipage de Davy Jones dans Pirate des Caraïbes et le secret du coffre maudit. Un récit riche et très maîtrisé, qui tient le lecteur en haleine et révèle un univers inédit.

Ariane Schwab est une journaliste et auteure française. Elle a été responsable de la rubrique Culture d'europe1.fr pendant plus de dix ans et a tenu les rubriques Livre de plusieurs publications ... Show More

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