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Petite bibliothèque féministe : nos amies les Québécoises

Simon Perahia By Simon Perahia Published on March 14, 2017

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This article was updated on April 18, 2017

Au Québec, les idées féministes se répandent avec l’émergence de la Révolution tranquille, dans les années 1960. La province francophone troque progressivement sa société patriarcale dominée par l’Église pour des habits de modernité. Les ouvrages américains et français écrits par les pionnières du féminisme vont alors inciter une nouvelle génération de femmes à prendre la parole.

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Plusieurs auteures québécoises se saisissent du genre romanesque pour donner naissance à des héroïnes qui deviennent les porte-paroles du combat pour l’émancipation. Entre 1960 et 1970, une dizaine de grands romans mettent en scène des personnages de femmes et placent les enjeux féministes au centre du récit. On peut citer :

  • Les Remparts de Québec, d'Andrée Maillet ; 
  • Dis-moi que je vis, de Michèle Mailhot ; 
  • La Fleur de peau, d'Hélène Ouvrard ;
  • Aldébaran ou La Fleur, de Claire de Lamirande.

Les héroïnes de ces romans sont toutes les héritières d’une tradition de soumission et d’infériorité, toutes sont animées par un ardent désir d’enrayer la fatalité sociale. Elles se révoltent contre la rigidité du rôle qu’on leur a imposé et mènent des quêtes, parfois désespérées, pour s’accomplir personnellement. 

Dans Les Remparts de Québec, le personnage de Rikou remet radicalement en cause les vieux modèles de la féminité et se révolte contre l’image que lui renvoie la société.

"C'est donc cela que m'avaient promis la civilisation, l'instinct, l'Histoire, les histoires : des chaînes."

Michèle Mailhot, dans Dis-moi que je vis, aborde de front la question de la sexualité. Elle donne la parole à Josée, une femme que son mari oblige à trop de passivité et qui se sent violée à chaque relation sexuelle avec lui. Ces romans pavent le chemin à un féminisme plus flamboyant et plus vindicatif. 

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Les années 70 marquent l’apogée du mouvement au Québec, c'est la décennie des grandes victoires politiques et des coups d’éclat dans le domaine de la production culturelle. En 1978, la pièce Les Fées ont soif de l'écrivaine Denise Boucher suscite la controverse et la censure. 

De son côté, Anne Hebert reprend le flambeau des grands romans féminins avec des ouvrages tels que Kamouraska ou Les Enfants du Sabbat

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Après une période d'essoufflement, le renouveau s'opère dans les années 2000, notamment sous l'impulsion du mouvement pour les droits des minorités sexuelles (LGBTQ). 

Des auteures comme Nelly Arcan réinvestissent le genre et modernisent les thèmes du roman féministe. Elles abordent les thèmes de l’objectivation sexuelle, de la marchandisation du corps ou de la pornographie. En 2001, son autofiction Putain connaît un grand retentissement. On y lit :

"De toute façon ils ne remarquent l'obésité que chez les femmes, eux peuvent être tout ce qu'ils veulent, médiocres et flasques, à demi bandés, alors que chez les femmes c'est impardonnable, le flasque et les rides, c'est proprement indécent, il ne faut pas oublier que c'est le corps qui fait la femme, la putain en témoigne, elle prend le flambeau de toutes celles qui sont trop vieilles, trop moches, elle met son corps à la place de celles qui n'arrivent plus à combler l'exigence des hommes, bander sur du toujours plus ferme, du toujours plus jeune."

La littérature féministe est loin d'être à l'agonie. Qu'ils se classent dans l'essai, le roman ou même la bande-dessinée, le courant est redevenu florissant. D'ailleurs, à Montréal, une librairie féministe vient tout juste d’ouvrir ses portes. L’Euguélionne, qui tire son nom du roman de science-fiction de Louky Bersianik, propose de découvrir la diversité de ce courant de la littérature. Et quand on demande aux militantes à l’origine de cette librairie de idées de lectures, voici leurs suggestions :

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J'aime les livres j'aime les mots j'aime le papier et les stylos. Je suis un jeune déconnecté friand de littérature américaine mais pas que.

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