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Lord Jim de Joseph Conrad

Juan Asensio By Juan Asensio Published on September 13, 2017

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«Le genre d’histoires qui, par des biais inattendus, vraiment diaboliques, me jettent dans les jambes des hommes qui ont un point faible, ou un point fort, ou d’affreux secrets, grands dieux, et qui ouvrent pour moi les vannes de leurs infernales confidences, comme si je n’avais pas assez des confidences que je me fais à moi-même, comme si, hélas !, je n’avais pas de ma propre personne une connaissance suffisante pour torturer mon âme jusqu’à la fin des temps qui me sont dévolus !» (Joseph Conrad, Lord Jim, traduction d’Odette Lamolle, Le livre de poche, coll. Biblio, 2007, p. 51).
Cette phrase étonnante de Joseph Conrad extraite de Lord Jim revint tout d'un coup à la mémoire du lecteur, comme jetée sous ses yeux, remontée à la surface de son esprit au moment où il relisait La chute de Camus, un extraordinaire petit roman certes moins facile à analyser que le trop commenté Étranger, ce bouquin pour classe de seconde, au moment aussi où sa vie s'enfonçait dans la morne redite du mensonge dont le fin tissu emprisonnait chacune de ses paroles, et même, chacun de ses gestes et encore, chacune de ses pensées, d'une espèce de peau aussi fine qu'invisible. Il était prisonnier de la prison qu'il avait lui-même construite et, comme Lord Jim, fuyait le plus vite possible toute personne qui aurait eu l'affront, volontaire ou non, de lui faire remarquer qu'il ne pouvait que s'enfoncer dans le mensonge, encore et encore, comme s'il fuyait inlassablement, de même encore une fois que Lord Jim, quelque catastrophe dont il eût désiré que nul témoin n'existât, ne fût plus en vie pour, toujours, tendre vers lui un doigt accusateur. Les premières pages du roman nous présentent Jim quittant «sans délai le port où il se trouvait», partant pour un autre, «généralement plus loin vers l'est», et cela toutes les fois que lorsque tel fait qu'il cherche à tout prix à dissimuler «traversait le masque» (pp. 18-9). Comme Melmoth, Jim est condamné à l'errance : «Sa retraite le poussait toujours plus loin vers le soleil levant, et le fait le suivait, comme par hasard, mais inexorablement» (p. 19, l'auteur souligne).

La suite ici : http://www.juanasensio.com/archive/2007/08/27/lord-jim-joseph-conrad.html

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Essayiste et critique littéraire, spécialiste de Georges Bernanos et auteur de cinq ouvrages consacrés aux rapports entre la littérature et le mal.

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