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La bibliothèque idéale de Frédéric Blancart, libraire passionné d’art contemporain

Arnaud Idelon By Arnaud Idelon Published on September 19, 2017
This article was updated on October 2, 2017

Colophon est une librairie dédiée à l’auto-édition et aux arts visuels. Elle est portée par un passionné : Frédéric Blancart. Chineur hyperactif, curieux de toutes les sorties, Frédéric Blancart s’est fait en peu de temps une place au soleil sur la place de l’art contemporain parisien (avec un premier lieu à Mains d’Œuvres, puis un deuxième à l’espace T2).

Avec une bonne humeur contagieuse, Frédéric Blancart fait part de ses découvertes en éditant les artistes qu’il apprécie et organise des rencontres autour des enjeux esthétiques et économiques du livre d’art et de la micro-édition, sur les rapports entre commissariat d’exposition et édition, ou encore sur le passage de la résidence artistique aux livres.

C’est de cette oreille attentive et sélective que tout amateur d’art avait besoin pour se constituer sa bibliothèque, au gré des pépites qu’il dégote : revues multiples, livres d’art et livres d’artistes, fanzines… L’occasion pour nous d’évoquer sa bibliothèque idéale autour d’un apéritif anisé, de discuter de petits et de grands livres, d’images et de textes, de lectures et de dérives, jusqu’à contracter quelque bibliophilie aigüe. C’est tout le mal que je vous souhaite !

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Un livre vous a-t-il donné envie de devenir libraire ?

Même si le travail de libraire consiste, entre autre, à faire des choix, c’est rare qu’un seul livre soit la cause de cet engagement. Adolescent déjà je voulais tenir une librairie généraliste. Créer une librairie dédiée à l’édition en arts visuels est simplement le résultat de deux passions : les livres et les arts. Sans oublier les sciences humaines.

Pouvez-vous nous conseiller un livre pour réviser ses classiques en art contemporain ?

L’art moderne et contemporain dirigé par Serge Lemoine, c’est le «manuel » pour étudiants en histoire de l’art. Une très bonne base pour le XXe siècle. Sinon pour connaître un peu mieux la situation française, même si le livre commence à dater, il y a le livre de Catherine Millet (L’Art Contemporain, Histoire et Géographie).

La meilleure définition de l’art, on la trouve sous la plume de qui ?

J’aime beaucoup cette longue citation de Claes Oldenburg (1961) : « Je suis pour l’art qui vient de la fumée des bouches d’égoût en hiver. Je suis pour un art qui se brise lorsqu’on marche sur de la gadoue gelée. Je suis pour l’art des vers dans la pomme. Je suis pour l’art de la sueur qui naît entre deux jambes croisées […]. Je suis pour un art politico-érotico-mystique qui permet autre chose que de rester sur son cul dans un musée. Je suis pour un art qui se mêle à la merde quotidienne et qui s’en extrait. Je suis pour un art qui imite l’homme, qui soit comique si nécessaire, ou violent. »

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Y a-t-il un artiste que vous rêvez d’éditer avec Colophon ?

Ils sont très, très nombreux ! Je dirais Eva Barto, artiste qui édite déjà ses propres livres, et que nous vendons chez Colophon, à travers sa maison d’édition Buttonwood Press. Mais aussi Emilie Pitoiset, dont j’aime et suis le travail depuis plusieurs années. Ou bien Pawel Althamer, un artiste polonais qui articule sculpture et performance de manière intelligente (en français, seul existe Au Centre Pompidou dans lequel il apparaît, plus récemment Polyethylene – Common Task si jamais vous lisez en anglais, italien ou allemand). J’ai enfin une profonde affection pour stanley brouwn (attention, toujours l’écrire en minuscule !), un artiste conceptuel dont la trace des œuvres est résiduelle.

Quel est le summum du livre d’artiste pour vous ?

Pour moi, le Xerox book de Seth Siegelaub est un grand livre, mais il s’agit d’une exposition collective consignée dans un livre. [Un fac-similé a été réédité en 2016 à l’occasion d’une exposition au Stedeljik musem d’Amsterdam.]

Quel artiste rend mieux en livre qu’en vrai ?

S’il existe, c’est qu’il a fait de l’édition sa pratique artistique ou est devenu éditeur, comme Ben Kinmont ou Ulises Carrion. Kinmont est à la fois éditeur (http://antinomianpress.org/), libraire et artiste. Boabooks réédite des livres de Carrión comme (rrr) ou (the drum) ou encore (a, b, c). Avec lui, on se rapproche de la poésie !

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Si vous deviez emporter trois bouquins sur une île déserte...

Obligé de prendre un livre de Jean Genet et un de Dostoïevski. Difficile de dire lesquels… Peut-être Notre-Dame-des-Fleurs pour le premier et Les Carnets du sous-sol pour l’autre (ou L’Adolescent ?). Pour tricher je prendrais tous les tomes non-lus de la Recherche de Proust ou Ulysse de Joyce, histoire de me concentrer et d’enfin terminer ces livres.

Une maison d’édition dont la constance n’égale que la prise de risque ?

J’aime beaucoup La Fabrique, la maison d’édition d’Eric Hazan, pour son engagement politique et philosophique. Je pourrais citer Maintenant, du Comité Invisible.

Y a-t-il un critique dont vous avez tout lu ?

Je n’ai pas encore trouvé le temps de lire tous les écrits d’une personne (c’est mon objectif pour Dostoïevski). Je suis très sensible à la critique institutionnelle portée par Claire Bishop (Radical Museology), Hal Foster (Design & Crime) ou Boris Groys (En public). La critique est le parent pauvre de l’art aujourd’hui, et j’espère que nous ne la laisserons pas périr.

Un artiste dont vous achetez tous les livres ?

Je dirais Claude Rutault, notamment La Fin de l’objet fini publié par Joca Seria, AMZ ou « le soleil brille pour tout le monde » publié par le Centre des livres d’artistes (CDLA) ou bien un essai sur son œuvre Claude Rutault, Écriture, peinture, sociabilité édité par les Presses Universitaires de Rennes.

En plus de votre activité de libraire, vous organisez des résidences. Pouvez-vous nous parler d’un livre issu d’une résidence ?

Je pense d’abord au livre que j’ai co-produit avec Colophon, Sand Plants de Marie Ouazzani & Nicolas Carrier. Sans oublier Recueil de Charlotte El Moussaed que j’ai eu la chance de découvrir très rapidement après son arrivée de Pékin.

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Quel est le catalogue d’exposition qui vous a le plus marqué ?

Je serais tenté de dire celui de la documenta 14, en deux tomes : le principal sous forme de reader et le second pensé comme calendrier des 163 jours de l’événement.

Vous avez décidé d’aller vivre à Marseille. Que lire si l’on veut y emménager ?

Les livres de Jean-Claude Izzo, histoire de fixer l’image noire de la ville avec un bon roman policier. Citons Chourmo et Marseille (ça ne s’invente pas !) même si mon préféré est le génial Solea.


Illustrations ©Colophon.artbooks

Couverture : Fahrenheit 451, de François Truffaut, 1966

Commissaire d'exposition et cofondateur du collectif BLBC, Arnaud Idelon est avant tout un grand passionné de lecture à la recherche de la moindre pépite, culte ou méconnue.

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