We think that you are in United States and that you would prefer to view Bookwitty in English.
We will display prices in United States Dollar (USD).
Have a cookie!
Bookwitty uses cookies to personalize content and make the site easier to use. We also share some information with third parties to gather statistics about visits.

Are you Witty?

Sign in or register to share your ideas

Sign In Register

Ils créent « en vrai » des photos décrites dans des romans

Pierre Georges By Pierre Georges Published on June 8, 2017
This article was updated on July 6, 2017

« Dans bien des romans, les auteurs se sont livrés à des descriptions de photos, dont on peut penser qu'elles n'ont existé que dans leur imagination », relève Christophe Coffre, président directeur de la création de l'agence Havas Paris. Partant de ce constat, il a proposé à 150 artistes d'imaginer les photographies décrites dans une quarantaine d'extraits littéraires. 

Le résultat, intitulé Photo-roman, a été présenté aux Rencontres de la photographie d'Arles avant d'être exposé à la Havas Gallery, à Puteaux. Des talents confirmés de la photo (Les Guzman, Thierry Rajic, Jérôme Bonnet, Fulvio Bonavia...) y côtoyent de jeunes espoirs (Théo Gosselin, Paul Rousteau, Akatre). Voici un aperçu de leur talent.

1. « Nina, complètement déloquée, pissait partout »

« L’une des photos l’avait achevée, celle où Nina, complètement déloquée, ses cheveux, sauvages et écarlates, coiffés en arrière, son visage tourné vers le plafond, et ses bras écartés, pissait partout. Plutôt stimulante comme photo en vérité, et même très stimulante.»

Charles Bukowski, Un carnet taché de vin

Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f5e173492 7223 4297 a5ce 73923d19516c inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Nina, complètement déloquée...", par Cormac Hanley
Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f52256aa9 b1f7 475b a214 aff536227946 inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Nina, complètement déloquée...", par Letizia Le Fur
En vidéo : toutes les images inspirées par cet extrait

2. « Un dieu à l'américaine »

« 15 novembre 1861 […] – Parfois, je pense qu’il viendra un jour, où les peuples modernes jouiront d’un dieu à l’américaine, d’un dieu qui aura été humainement, et sur lequel il y aura des témoignages de petits journaux : lequel dieu figurera dans les églises, son image non plus élastique et au gré de l’imagination des peintres, non plus flottante sur le voile de Véronique, mais arrêtée dans un portrait en photographie… Oui, je me figure un dieu en photographie et qui portera des lunettes. »

Edmond et Jules de Goncourt, Journal : mémoires de la vie littéraire 

Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f95625b31 27b8 4cec 9b51 a5e00b6912ac inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Un dieu qui portera des lunettes", par Ronan Guillou
Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f060ca019 0307 476b a454 c3c986adc30d inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Un dieu qui portera des lunettes", par Thomas Chn
En vidéo : toutes les images inspirées par cet extrait

3. « Constance esquisse un sourire incongru »

« La petite [enveloppe] contient en effet une petite photographie de Constance, la grande une grosse demande d’argent. Constance a l’air surprise sur la photo, elle esquisse un sourire incongru, son œil gauche est à demi fermé. […]
La photo de Constance avait été prise juste après l’injection de propofol, à l’arrière de l’utilitaire multi-services après qu’on l’eut garé dans un parking souterrain de l’avenue Foch. L’abaissement de la paupière gauche avant que le sujet perde conscience est un effet secondaire de cet anesthésique usuel, à brève durée d’action, la récupération rapide dudit sujet étant un autre effet. »

Jean Echenoz, Envoyée spéciale

Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f237e836d 62fb 4ede a64e ba30e5eeaf6c inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Constance a l'air surprise", par Anoush Abrar
En vidéo : toutes les images inspirées par cet extrait

4. « Qu’est-ce qui cloche, chez elle ?»

« Il était assis à sa table, en train de passer en revue une énorme pile de photos d’agence, représentant toutes de jolies jeunes filles pleines d’espoir.

“Elle est mignonne, dit Sophie en pointant du doigt le portrait qu’il venait d’éliminer.
- Je suis un mari comblé, répondit-il, sur la défensive.
- Je sais. Je disais ça comme ça. Elle pourrait vous rapporter de l’argent.”
Il reprit la photo, l’examina et fronça le nez.
“Qu’est-ce qui cloche, chez elle ?
Elle a l’air d’avoir de l’esprit.”»

Nick Hornby, Funny Girl 

Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f05215f1f 03bd 4150 8bde f6af7417c238 inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Elle a l'air d'avoir de l'esprit", par Louis Teran
Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2ff37a93a6 5b2b 4781 bca9 1876f7e47b3b inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Elle a l'air d'avoir de l'esprit", par Sophie Delaporte
En vidéo : toutes les images inspirées par cet extrait.

5. « Pitoyable, ta tête »

« Cette photo de lui avait été prise par la police, cette veille de Noël où il avait tué sa mère, il s’en souvenait : ils l’avaient pris en photo après l’avoir traîné au commissariat, il hurlait, ne me touchez pas ! Laissez-moi tranquille ! Il s’était traîné par terre en pleurant, gémissant pardon, pardon des centaines de fois. Il avait vraiment une tête horrible sur cette photo. Des yeux pleins de larmes au regard vide, des lèvres molles, entrouvertes, entre lesquelles on voyait les dents. « Pitoyable, ta tête », murmura-t-il à la photo.
[…]. Hashi, lui, regardait une affiche à demi déchirée encore collée sous l’inscription […]. Hashi, lui, regardait une affiche à demi déchirée encore collée sous l’inscription « Programme de la semaine prochaine », ainsi qu’un paquet de photos de publicité du film, qui avait glissé dans un interstice du mur. […] Les photos représentaient un étranger brandissant un revolver, une femme blonde ensanglantée allongée par terre, un baiser en gros plan, deux silhouettes de femmes à cheval dans le soleil couchant. Hashi les regarda avec attention en essuyant le sable collé dessus. S’il n’essuyait pas tout doucement le sable avec un pan de sa chemise, les photos risquaient de se déchirer. Il y avait aussi dans le paquet une photo de femme nue, qu’il essaya de glisser dans sa poche, mais ce faisant, elle se déchira. ». 

Ryû Murakami, Les Bébés de la consigne automatique 

Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f75aee959 4254 400a b342 8b54fd10db25 inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Il avait vraiment une tête horrible sur cette photo", Les Guzman
Https%3a%2f%2fs3.amazonaws.com%2fuploads.bookwitty.com%2f347d2b2d 89e3 4272 81b1 788f1b8d2934 inline original.jpeg?ixlib=rails 2.1
"Deux silhouettes de femmes à cheval dans le soleil couchant", par Les Guzman 
En vidéo : toutes les images inspirées par cet extrait

Pierre est journaliste, basé à Paris.

0 Comments

Please log in or sign up to join the discussion