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French punch : des BD à vous mettre KO

Benjamin Roure By Benjamin Roure Published on August 18, 2017

La France envie le succès mondial et durable du japonais Dragon Ball et des super-héros américains qui, quoi que l’on pense de leur complexité psychologique, demeurent des machines à tabasser. Pourtant, les bandes dessinées plaçant les combats au cœur de leurs histoires ne sont pas si rares dans l’Hexagone. Tour de ring.

Du noble art au neuvième art

Si le sport inspire rarement la bande dessinée (on vous passe les produits marketing à la gloire de l’OM ou du PSG), la boxe, elle, a réussi à infuser dans ses pages. Sans doute parce qu’il s’agit d’un duel, sur un terrain réduit, plus facile à mettre en scène. Sans doute aussi parce qu’on y suit un personnage luttant contre un autre, contre une société, contre un destin tout tracé, etc. Un héros cabossé, parfaite figure de roman, de film, et aussi de BD.

Dans le registre biographique, Championzé (Futuropolis, 2010) fait figure de bon exemple. Le passionnant scénario d’Aurélien Ducoudray raconte la vie de Battling Siki, premier champion du monde de boxe africain, dans les années 1920. Qui, en raison de sa couleur de peau et malgré son envie et son talent, fut ostracisé des rings. 

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Ducoudray s’est de nouveau associé avec le dessinateur Eddy Vaccaro en 2013, pour Young (Futuropolis), une bio de Victor Perez, juif tunisien champion de France de boxe, déporté à Auschwitz. Une histoire adaptée au cinéma par Jacques Ouaniche, avec Brahim Asloum.

Du sang sur les pions

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Authentique fan de sport, Baru, auteur notamment de L’Autoroute du soleil, s’est penché sur la boxe le temps d’un diptyque : L’Enragé (Dupuis/Aire libre, 2004-2006). Ou le parcours d’un gamin de banlieue rêvant de gloire et d’argent facile, pour fuir son père, immigré polonais résigné et violent, et son quartier sans horizon. En parallèle, on suit le destin de son meilleur ami d’enfance, qui deviendra un journaliste sportif à la plume incisive concernant la carrière de son ancien pote. Avec ses séquences de combat puissantes, à la brutalité jamais complaisante, et son récit plein d’humanité, L’Enragé demeure une référence en matière de BD sportive.

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Bien plus esthétisante, mais d’une certaine manière visionnaire, fut auparavant la vision d’Enki Bilal dans Froid Équateur, troisième volet de sa trilogie Nikopol (Casterman, 1992). L’auteur y a imaginé un sport extrême d’un nouveau genre : le chessboxing, c’est-à-dire le mélange de la boxe et des échecs. Soit un round d’échecs suvi d’un round de boxe, et ainsi de suite, peu importe que le sang éclabousse les pions… Le plus fou là-dedans, c’est que des matches de chessboxing ont réellement été organisés par la suite… 

Harry Potter à la sauce soja

Plus récemment, en France, une vague de bandes dessinées puisant dans le meilleur du Japon et des États-Unis a déferlé. Dans des styles et des registres différents, mais s’appuyant sur une bonne dose de bagarre. 

C’est ainsi le cas de trois séries phares du label 619 des éditions Ankama, petite maison roubaisienne devenue géant de l’entertainment grâce au jeu en ligne Dofus. Le label 619, une de ses divisions BD, modeste mais aux livres classieux, a ainsi proposé des sagas solides et divertissantes, modernes à tout point de vue, notamment dans l’exploitation de la violence dessinée.

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Mutafukaz, par Run, est un feuilleton rendant hommage aux histoires d’invasion extraterrestre en vogue dans les années 1950, remis au goût du jour par une forte influence esthétique du catch mexicain, du manga de sabre, des films de Hong Kong et de la frime californienne.

Freak’s Squeele, par Florent Maudoux, est une relecture romantique de Harry Potter à la sauce soja (ça se passe dans une école de super-héros), avec des personnages forts (une héroïne à tomber) et un dessin d’une finesse rare. C’est drôle, superbe et ultra-référencé mais inventif : sans doute la meilleure série de divertissement intergénérationnel depuis longtemps.

Troisième et pas des moindres : The Grocery. Plus âpre et sanguinolente, car on s’y bat avec des lames ou des flingues, cette tétralogie s’inspire au départ de la série télé The Wire, pour s’élargir et proposer une synthèse fictionnelle des problématiques de violence aux États-Unis. Imaginée par Aurélien Ducoudray (encore lui) et dessinée par Guillaume Singelin, The Grocery est un petit bijou noir, ultraviolent mais intelligent.

Combats brutaux

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Impossible de conclure sans évoquer LA bande dessinée de bagarre du moment : Lastman. Sorte de manga à la française, au rythme de parution élevé (dix tomes en quatre ans, chez Casterman), il s’agit là d’une saga palpitante, entre fantasy et science-fiction, qui démarre autour d’un tournoi d’un art martial magique, pour s’ouvrir vers quelque chose de bien plus large. 

Créée par Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville, Lastman est un hommage assumé à Dragon Ball et consorts, qui alterne avec brio les blagues potaches et les combats brutaux, et qui surtout multiplie les rebondissements palpitants. Déjà adaptée en jeu vidéo et en série animée, traduite au Japon, Lastman est, en plus d’être un pur plaisir de lecture, un petit phénomène d’édition.

Et pour ceux qui accrochent avec cet univers, il faut aller jeter un œil à Fausse Garde de Merwan (Vents d’Ouest), référence inavouée de Lastman, où l’on pratique un art martial hybride, le Pankat. Un récit initiatique musclé, par un dessinateur doué qui a lui-même pratiqué les sports de combat. Mais ne vous inquiétez pas, lire n’a jamais faire de mal à personne.

Benjamin Roure est journaliste indépendant, spécialisé en bande dessinée. Rédacteur en chef de Bodoi.info, site d'actualités et de critiques BD.

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