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En 1984, j'ai 14 ans et je découvre The Cure

Domino Derval By Domino Derval Published on May 10, 2017

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This article was updated on August 10, 2017

1987 est certainement la meilleure année de sa décennie pour la musique rock alternative. 1984, elle, représente sans aucune hésitation les 365 jours les plus caractéristiques des eighties

1984, c’est un peu comme 2001. Des années que nous connaissions d’avance, des années à venir, peintes dans le passé. D’où, déjà, à l’approche du 1er janvier fatidique, une déception envisageable.

Sur mon lecteur K7

1984 ne ressemble en rien à ce que décrivait Orwell. Il faudra attendre presque 30 ans et Edward Snowden pour commencer à remarquer que Big Brother is watching us. Pourtant, 1984, c’est l’année où, tranquillement, le Macintosh s’installe dans votre salon, où William Gibson parle pour la première fois de cyberespace et pendant laquelle Arpanet, Janet et NSFNET se connectent et commencent à former le socle de l’Internet.

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1984 est immortalisée dans l’imaginaire de ma génération par le clip de Two Tribes de Frankie Goes to Hollywood, où Ronald Reagan et Konstantin Tchernenko s’affrontent au corps à corps dans un ring de sable sur des paroles égrenant les mesures à prendre en cas d’attaque nucléaire. 

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En 1984, la guerre froide est à son comble, les missiles montent tout droit aux cieux et Kundera décrit L’Insoutenable Légèreté de l’être. Il suffit de se plonger dans l’ambiance de la série The Americans pour comprendre pourquoi 1984 fait peur : le monde est alors au bord du gouffre. Heureusement, comme nous l’expliquera Sting l’année suivante, les Russes aiment aussi leurs enfants. Le pire est évité.

En 84, moi, j’ai 14 ans et je ne rêve que d’un truc : vivre la musique socialement, échapper à ma chambre, à mon lecteur K7 et expérimenter un vrai grand concert. Mon souci, c’est que Lyon, en 1984, n’est pas l’endroit le plus à la mode pour les tournées internationales. Pas de vraies grandes salles et une scène locale pas très excitante. Et puis, pour mes parents, à l’époque, les concerts, ce n’est pas pour les enfants.

Dans la Peugeot 104 ZS

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Une occasion va pourtant se présenter à moi : une sorte de prophète de la musique qui rôde autour de la cour des quatrièmes me prête un jour un maxi 45 tours d’un obscur groupe anglais, dont la pochette psychédélique et enfantine me fascine. J’étudie à l’époque La Métamorphose de Kafka et ce titre, intitulé The Caterpillar, m’intrigue. Je tombe immédiatement amoureux de cette chanson, de la voix étrange et du look étonnant de ce chanteur, un certain Robert Smith. Le prophète m’explique que ce titre est tiré d’un album intitulé The Top et que le groupe de Robert, The Cure, sera en concert à Grenoble, à 100 km de Lyon. Le prophète me propose gentiment une place dans la Peugeot 104 ZS de son frère pour aller à l’Alpexpo voir le show. Hélas, le regard de mon père à l’énoncé du plan a suffi à doucher mon enthousiasme. La 104 est partie sans moi. Un an plus tard, mes parents m’ont laissé voir Tears for Fears à Lyon. Shout, let it all out.

The Caterpillar, The Cure

Fender Jaguar et mascara

Heureusement, The Cure aura l’idée, quelques mois plus tard de proposer un enregistrement live de cette tournée, sous la forme de l’album Concert, dix extraits piochés dans deux concerts donnés à Londres et Oxford en mai 84. Ce disque est pour moi un des meilleurs albums live des années 80 anglaises, juste derrière Under a blood-red Sky de U2 et 101 de Depeche Mode.

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Aujourd’hui, tout le monde connaît The Cure : treize albums, quarante ans de carrière. The Cure, c’est avant tout Robert Smith, l’icône goth, le mascara et la Fender Jaguar. Même si le groupe a eu quelques moments de stabilité, autour du trio fondateur Smith-Gallup-Tolhurst, ses formations n’ont jamais duré plus d’un ou deux ans. En 1984, Smith est presque seul pour enregistrer The Top, le cinquième vrai album du groupe. Pour la tournée, il va regrouper des musiciens de studio, comme Phil Thornalley à la basse et Andy Anderson à la batterie. Son beau-frère Porl Thompson est à la guitare et Tolhurst aux claviers. Cette formation est pour moi la meilleure en concert de toute l’histoire de The Cure.

Un son d'avion à réaction

Concert commence par Shake Dog Shake, lourde et envoûtante, puis vient une puissante version de Primary, tirée par une guitare au son d’avion à réaction. L’enchaînement final - A Forest, 10-15 Saturday Night et le surréaliste Killing an Arab au titre évoquant L'Etranger de Camus - est absolument époustouflant de force et d’intensité. Concert contient également le simple Charlotte Sometimes, inspiré du roman de Penelope Farmer, et le super violent Give me it.

Plus jamais The Cure ne sonnera autant punk et rock que sur cet album. Les amoureux de Just Like Heaven et Close to me n’y retrouveront pas leurs petits et les vrais fans de The Cure regretteront qu’aucune réédition de cet album n’ait jamais été faite. La version K7, Curiosity, contenait une Face B pleine de petites merveilles, comme l’incroyable Forever, un titre uniquement improvisé en concert autour de 3 notes, pendant lequel Smith se laissait aller à d’intenses délires vocaux. 

Live in Japan, The Cure, 1984
  • Face A : Shake Dog Shake *** / Primary ***** / Charlottes Sometimes **** / The Hanging Garden **** / Give me it ***
  • Face B : The Walk *** / One Hundred Years **** / A Forest ***** / 10-15 Saturday Night ***** / Killing An Arab *****
  • Titres supplémentaires de la version cassette (Curiosity) : Heroin Face *** / Boys Don't Cry **** / Subway Song ***** / At Night **** / In Your House **** / The Drowning Man ***** / Other Voices **** / The Funeral Party **** / All Mine **** / Forever (Version) *****
Domino est un(e) passionné(e) de musique rock britannique des années 80. Il/Elle propose une newsletter et une page Facebook dédiée à sa passion pour les meilleurs albums classiques de new wave ... Show More

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