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« Destiny » : une première dystopie pour Cecelia Ahern

Ariane Schwab By Ariane Schwab Published on June 13, 2017

En 2002, à l’âge de 21 ans, la fille cadette de l’ex-Premier ministre irlandais Bertie Ahern faisait une entrée fracassante dans le monde éditorial. Son premier roman PS : I love you a ému le monde entier, de l’Irlande aux États-Unis en passant par l’Allemagne ou les Pays-Bas.

PS : I love you

Un best-seller mondial rapidement adapté au cinéma avec Hilary Swank et Gerard Butler, qui raconte l’histoire de Holly, une jeune veuve de 30 ans. Son âme sœur, Gerry, a été brutalement terrassée par la maladie. Mais il lui a laissé une preuve d’amour incroyable. Ses derniers jours, il les a consacrés en secret à imaginer un moyen d’aider sa femme à faire son deuil et à lui redonner le goût de vivre. Elle recevra dix lettres posthumes qui arracheront presque autant de larmes aux lecteurs qu’à Holly.

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Destiny

Émouvoir aux larmes. Une marque de fabrique de la jeune romancière qui, comme Amélie Nothomb, publie désormais un livre par an. Elle en compte aujourd’hui 17 à son actif. 16 romans d’amour avec parfois un zeste de merveilleux. Et une dystopie : Destiny.

Addictive. Le premier tome à peine dévoré, ont est déjà en état de manque tant le charme opère. Pourtant, à lire le résumé, on s’attend plus ou moins à du réchauffé, un mélange d’Uglies de Scott Westerfeld, de Delirium de Lauren Olliver et de Divergent de Veronica Roth. Mais c’est largement sous-estimer Cecelia Ahern. Elle-même avoue avoir été surprise par la force avec laquelle son personnage, Celestine North, « a fait irruption dans sa vie ». Elle a confié n’avoir jamais « ressenti une telle décharge d’adrénaline ». « Je devais sortir ce texte ». En six semaines, le premier jet était bouclé.

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L'imperfection marquée au fer rouge

Le postulat de cette dystopie est que les dirigeants du pays ont commis trop d’erreurs de jugement. De mauvaises décisions qui ont conduit à la récession. Pour éviter que cela ne se renouvelle, le nouveau gouvernement a confié à la Guilde le soin de repérer l’Imperfection. Il a été décidé que « toute personne commettant une erreur de jugement devait être exclue de la société ». 

Pas par une peine de prison comme pour les criminels. Mais par un marquage à vie, un marquage au fer rouge : à la tempe pour une mauvaise décision, sur la langue pour un mensonge, sur la paume de la main droite pour un vol, sur le cœur pour qui se serait montré déloyal et sur la plante du pied droit pour qui s’est écarté du droit chemin. La vie de quiconque est déclaré imparfait devient alors un enfer : « Ils subissent les conséquences de leur unique erreur jusqu’à leur dernier jour. » Brassard à arborer, rayons de magasins réservés, couvre-feu... Des symboles qui ne manquent pas d’en rappeler de tristement réels.

Tyrannie de la bien-pensance

Notre héroïne, Celestine North, est parfaite. Non seulement c’est une lycéenne promise à un avenir d’exception en tant que mathématicienne mais elle est aussi la petite amie du fils du chef de la Guilde. Son père est le directeur des programmes d’une chaîne d’infos et sa mère un mannequin vedette. Bref une vie parfaite. Est-il possible qu’un minuscule faux-pas puisse tout réduire à néant ? Célestine va être prise dans un raz-de-marée impensable et découvrir les dessous d’un système bien pensant. Un système dont la cruauté est insoutenable.

Cruel miroir

« J’ai écrit ce roman avec colère, avec amour, avec passion. Chaque mot et chaque sentiment viennent de mon cœur », confie une Cecelia Ahern très remontée contre une société qui ne cesse de juger. Une sensibilité à fleur de peau qui met vos glandes lacrymales parfois à rude épreuve tant l’écriture de l’auteure vous contraint à l’empathie. Comme toute dystopie réussie, Destiny pousse le lecteur à s’interroger sur sa propre société et ses incohérences, voire déviances. Un miroir certes fictif mais un miroir quand même. Et rarement flatteur. 

Ariane Schwab est une journaliste et auteure française. Elle a été responsable de la rubrique Culture d'europe1.fr pendant plus de dix ans et a tenu les rubriques Livre de plusieurs publications ... Show More

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