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Dans la bibliothèque de la Bibliothérapeute : "Lettres de suicide" de Simon Critchley

Nathalie Palayret By Nathalie Palayret Published on February 21, 2018

Lettres de suicide, un essai de Simon Critchley

Traduction de Georges Barrière

Éditions Max Milo, collection Voix Libres



Le philosophe anglais Simon Critchley tente de comprendre le suicide sans porter de jugement de valeur :

"Je veux ouvrir un espace pour penser le suicide comme un acte libre qui ne devrait pas être critiqué moralement ni purement et simplement condamné ".

Il rappelle que les philosophes de l'Antiquité grecque et romaine ne condamnaient pas le suicide et que Socrate l'a même préféré à l'exil. C'est le christianisme qui va changer le regard de l'Occident sur le suicide. La vie, pour un chrétien, est un don de Dieu. Nous en avons l'usage mais n'en sommes pas les maîtres. Seul Dieu peut décider du terme de notre existence. Se tuer devient donc un péché. Cette vision ne sera ébranlée qu'à partir du 17ème siècle par les scientifiques et les penseurs matérialistes.

Simon Critchley appréhende le suicide à partir d'un élément matériel : la lettre d'adieu. Cette lettre est une tentative de communication qui porte en elle-même la preuve de son échec. Elle marque le refus (qui peut sembler paradoxal) de la solitude :

"Celui qui va se tuer ne veut pas mourir seul".

La lettre d'adieu exprime la mélancolie de son auteur mais aussi la haine qu'il éprouve pour lui-même. C'est parce qu'il est devenu l'objet de sa propre détestation qu'un individu peut se tuer. La suicide est une forme d'homicide.

Il n'est pas rare que la lettre d'adieu fasse état d'un besoin de revanche. Celui qui s'apprête à se suicider revient sur les injustices qu'il a subies (du moins, sur ce qu'il a vécu comme tel). La mort est parfois définie non pas comme un choix mais comme l'unique solution possible. Il arrive que le suicide soit envisagé comme un acte de vengeance (se tuer en entraînant ses enfants dans la mort avec soi pour faire souffrir l'autre parent) ou comme un acte de revendication politique.

"L'emprisonnement, l'humiliation, les déboires, les maladies, voilà ce que le monde peut nous infliger, mais il ne peut pas nous retirer la possibilité de se suicider".

Ce court essai est une invitation à la réflexion, non seulement sur le suicide, mais sur la condition humaine.

Peut-on dire avec Simon Critchley : "être humain, c'est avoir la capacité, à tout moment, de se tuer" ? Vous avez 4 heures. 

Tags

Bibliothérapeute, je vis à Saint-Nazaire.

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