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Cinq romans d'horreur plus effrayants que leurs adaptations au cinéma

Camille fait la VF By Camille fait la VF Published on March 1, 2017

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This article was updated on April 12, 2017

Les effets spéciaux et la bande-son angoissante ne suffisent pas toujours à retrouver la sensation de peur qui accompagne la lecture d'un bon roman d'horreur. Voici 5 classiques du frisson qui restent plus puissants à l’écrit qu’à l’écran.

Laisse-moi entrer, de John Ajvide Lindqvist 

Laisse-moi entrer a fait l'objet de deux adaptations très différentes, le film suédois Morse et le remake hollywoodien Laisse-moi entrer. Si vous avez vu la version suédoise, vous avez déjà une idée du ton simple et léger employé dans le roman. Ce film traduit bien la relation hésitante qui se dessine entre Oskar et Eli, même si le développement des sentiments est plus condensé que dans le roman.

Toutefois, aucun des deux films ne parvient à traduire la subtilité du double niveau d'horreur, un thème pourtant au cœur de Laisse-moi entrer. Le premier exemple de cette dualité est l'étrange juxtaposition du personnage d'Eli. Comme dans Entretien avec un vampire, la terreur inspirée par le comportement prédateur d'un vampire dans un corps d'enfant est idéale pour maintenir le suspense aux yeux du lecteur. Dans toutes les conversations entre Oskar et Eli subsiste un sentiment de menace sous-jacent qui contredit totalement la description de la scène.

L'autre exemple de cette horreur latente dans le livre provient du personnage de Håkan, qui sert de gardien à Eli dans la journée, comme Renfield dans Dracula. Toutefois, contrairement à Renfield, qui n'était qu'un simple « maniaque zoophage » déséquilibré, Håkan est froid et calculateur. Ses méthodes pour obtenir du sang frais pour Eli sont brutales et le fait qu'il soit présenté comme un pédophile fait apparaître sa relation avec l'enfant vampire comme un profondément malsaine. Aucune des deux adaptations ne parvient à recréer cette impression.

Shining, de Stephen King 

Le nom de Stephen King est un symbole de la littérature d'horreur. Ceci dit, beaucoup ne connaissent son œuvre qu'à travers des adaptations pour le cinéma ou la télévision.

Shining est un livre d'autant plus passionnant qu'il a, en quelque sorte, été enrichi par son adaptation au cinéma.

Jack Torrance est présenté au lecteur par ces simples mots : “Jack lui adressa son plus beau sourire “dents blanches”.” Un lecteur qui a découvert le livre à sa sortie en 1977 pouvait se faire sa propre représentation du personnage. Mais pour quiconque a déjà vu la performance d'acteur de Jack Nicholson à l’écran, il est impossible de ne pas l’avoir en tête à la lecture du roman.

Kubrick a doté les personnages de Shining d’une présence phénoménale. Cela vaut aussi pour les personnages non-humains : l'hôtel Overlook est un (effrayant) personnage à part entière.

Mais Shining est avant tout une histoire sur le confinement et l'isolement prolongé. Et d'une certaine façon, peu importe que le film soit excellent : il ne peut tout simplement pas transmettre la lente montée en pression que l'on ressent à la lecture du livre...

Entretien avec un vampire, d'Anne Rice 

Le roman d’Anne Rice est célèbre pour son renversement de la traditionnelle histoire de vampire. Chez elle, la narration adopte le point de vue de Louis, un vampire condamné à se nourrir d'êtres humains pour survivre mais doté d'une conscience qui le pousse à la haine de soi.

L'adaptation au cinéma de Neil Jordan, qui date de 1994, est un véritable chef-d'œuvre, avec son casting exceptionnel et ses costumes époustouflants. Malheureusement, le lent et inévitable passage du temps a fait son œuvre et les effets spéciaux paraissent un peu dépassés. Si le film reste brillant, il commence déjà à vieillir.

En comparaison, le livre, au cours duquel Louis raconte à Malloy ses deux cents ans d'existence, se lit toujours aussi bien. En outre, plusieurs aspects de l’ouvrage sont presque inadaptables à l'écran. L'acuité sensorielle et le pouvoir de télépathie des vampires ne sont ainsi pas représentés dans le film.

C'est surtout l'adaptation de La Reine des damnés qui souffre de la comparaison avec le livre. Mieux vaut découvrir la suite d'Entretien avec un vampire dans le livre Lestat le vampire.

Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley 

Frankenstein est souvent considéré comme le père des romans de science-fiction, mais stylistiquement, le livre est plus proche du gothique horrifique. S'il existe un nombre incalculable d'adaptations de Frankenstein, le film le plus fidèle à l'œuvre originale est certainement Frankenstein, sorti en 1994. La prestation de Kenneth Branagh en Victor Frankenstein est assez excentrique mais le jeu de Robert De Niro dans le rôle de la créature est excellent.

Évidemment, même les meilleures adaptations ont leurs petits défauts. Lorsqu'on analyse les films adaptés de livres, les éléments qui résistent mal à l'adaptation à l'écran relèvent souvent de l'ordre de l'indicible, de l'abstrait. Dans Frankenstein, le mauvais pressentiment qui plane sur tout le livre est presque entièrement absent du film. À cet égard, la déclaration de Frank Darabont, l'un des scénaristes du film, est très intéressante : 

« Je ne sais pas pourquoi Branagh s'est lancé dans un film aussi lourd et tape-à-l'œil... la matière était pourtant subtile. Le livre de Shelley est explicite à bien des égards, mais il est aussi très subtil. Je ne sais pas pourquoi le film est devenu cette espèce de parodie de film lyrique. Le livre de Shelley n'est pas lyrique, au contraire, il murmure beaucoup. »

S'il y a bien un défaut que l'on retrouve dans presque toutes les adaptations cinématographiques de Frankenstein, hormis quelques exceptions, c'est qu'elles ne prennent pas le temps de « murmurer ». Au contraire, ces films ont tendance à regorger d'effets pompeux et de séquences d'action spectaculaires qui n'ont rien d'effrayant.

Le livre de Shelley a tellement imprégné notre subconscient culturel qu'il est désormais impossible de lire Frankenstein avec un œil neuf. Cependant, la lecture du livre permet de comprendre pourquoi Victor Frankenstein et sa créature sont devenus un thème récurrent et intemporel dans le genre horrifique.

Les Dents de la mer, de Peter Benchley

Le film Les Dents de la mer, réalisé par Spielberg en 1975, avait tout pour devenir instantanément un classique capable d'éclipser le livre dont il était tiré. Et en effet, lorsqu'on entend le titre Les Dents de la mer, peu d'entre nous pensent spontanément au livre plutôt qu'au film...

Toutefois, tout comme Entretien avec un vampire, le roman de Benchley redevient de plus en plus pertinent à mesure que Les Dents de la mer de Spielberg prend de l'âge.

Selon la rumeur, le grand requin blanc du film ressemblait tellement à du caoutchouc que Spielberg a dû réécrire le scénario à la dernière minute afin d'éviter de se reposer sur cet accessoire pour effrayer les spectateurs. À la place, il a préféré faire monter lentement la tension, et c'est finalement ce que nous retenons tous du film.

A contrario, le requin apparaît beaucoup plus dans le livre. Au-delà du requin, le livre est beaucoup plus riche car il comporte une intrigue secondaire liée à l'histoire principale : elle traite de la corruption du maire et des pressions de la mafia sur la police pour laisser la plage ouverte tout l'été. Cela permet de créer une atmosphère de tension qui traverse tout le livre.

Il convient de préciser que si le film Les Dents de la mer est tiré du livre éponyme, la suite, Les Dents de la mer 2, a été réalisée avant la parution de tout autre ouvrage. Il existe bel et bien un roman intitulé Les Dents de la mer deuxième partie, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas à la hauteur de l'original. Certains passages du livre sont racontés du point de vue d'un requin femelle adulte, dont les petits en gestation s'agitent déjà de façon menaçante... 

Camille traduit et adapte en français certains articles publiés dans d'autres langues sur Bookwitty.

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