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Chômage Américain : le problème avec la Courbe

Evariste Lefeuvre By Evariste Lefeuvre Published on November 5, 2015

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Plus connu des étudiants d'économie français pour son rapport - à l’origine des grandes réformes de la protection sociale mises en œuvre en Europe au sortir de la deuxième Guerre mondiale - que pour sa courbe, William Beveridge revient sur le devant de la scène. Longtemps dans l’ombre de la célèbre courbe de Phillip - qui met en relation le chômage et l'inflation - la courbe de Beveridge croise le nombre d'emplois vacants avec le taux de chômage.

Son moindre "succès" s'explique par la nature des conclusions qui peuvent en être tirées. Alors que la courbe de Phillips, dans sa version initiale au moins, a servi de pilier aux politiques conjoncturelles des années 1960/70 (on pouvait faire baisser le chômage en acceptant un rythme d'inflation plus élevée), la courbe de Beveridge rend compte de dysfonctionnements du marché du travail qui ne peuvent être résolus qu'au moyen de politiques structurelles.

En particulier, la courbe de Beveridge donne un aperçu des problèmes d'appariement sur le marché du travail, soit le décalage entre la nature des postes de travail proposés et‎ les compétences disponibles. Les Anglos saxons parlent à cet égard de job mismatch.

Ce mismatch peut être temporaire ou durable. Temporaire si la récession entraine des réallocations de ressources entre secteurs et zone géographiques. Structurel si ces dernières sont particulièrement prononcées et que, du côté des qualifications, existe un déficit majeur de formation.

Il existe aujourd'hui un débat majeur sur la nature du taux de chômage américains. Bien sûr il a baissé significativement au cours des dernières années. Mais c'est en grande partie lié à la baisse du taux de participation (sortie du marché du travail d'une large portion de la population en âge de travailler, notamment aux extrêmes de la pyramide des âges). Aussi, et de manière de plus en plus criante, les entreprises se plaignent de ne pas pouvoir embaucher des personnes qualifiées. Le temps requis pour remplacer un emploi vacant est au plus haut depuis 2001 : 25 jours. Les petites entreprises regrettent non seulement de ne pas pourvoir tous les postes qu’elles offrent mais plus de 12% d’entre elles pensent que la qualité du travail est le problème numéro 1 (contre mois de 4% qui se plaignent de son coût).

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D’après une étude récente de la Brookings Institution, les offres d’emplois scientifiques, technologiques, d’ingénieurs et de mathématiciens (STEM) mettent deux fois plus de temps à être honorées que les autres. Pas étonnant que le tout dernier Livre Beige de la Réserve Fédérale rapporte que les pressions salariales, qui sont toujours très faibles à l’échelle de l’économie, se concentrent dans ces professions.

Le graphique ci-dessous, tiré d’un discours de 2011 de Janet Yellen, présidente du board de la Fed, présente la courbe de Beveridge depuis 1970. On observe plusieurs traits saillants.