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Avec sa gueule de métèque, de juif errant... Dans L'Orient-Le Jour

Tamyras Éditions By Tamyras Éditions Published on October 11, 2017

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Avec le livre d'Albert Jamous (juif libanais exilé depuis la guerre au Liban), intitulé « C'est ici ou la mer » (Tamyras), Myriam Jamous renoue avec le pays du Cèdre et un passé qu'elle n'avait connu, jusque-là, qu'à travers le regard de son père. 

L'émotion est grande. On s'y attendait. Comment parler d'un livre testament, de surcroît écrit par son père, sans verser de larmes ? Myriam Jamous n'a pas connu le Liban. Elle vient aujourd'hui sur les traces de sa famille retrouver la carte géographique de son cœur, en prenant pour seuls repères des impressions et des sentiments confus. 

Retracer la piste 

– J'étais au Salon du livre en France et je suis tombée sur les éditions Tamyras. Je suis donc entrée en contact avec Tania Hadjithomas Mehanna, lui proposant le manuscrit écrit depuis quelque temps par mon père. Et c'était parti. 

Née dans les livres... 

– Je suis bibliothécaire d'entreprise. J'ai donc un contact continu avec les livres. Ma mère est poète et mon père a écrit un tas de romans dont celui-ci qui retrace sa vie au Liban avant la guerre et son exil. 

Le Liban, une blessure qui suinte... 

– Mon père n'a jamais parlé du Liban. Mais il a écrit. Il a raconté ses souvenirs, ses impressions, les déjeuners, les dîners, la convivialité, les communautés, toutes ces communautés habitant le même immeuble. Les rassemblements, encore et toujours, autour d'une table. Et puis la guerre civile de 58, quand tout bascule, quand le sol semble se fissurer sous ses pieds, comme auparavant le tremblement de terre qui a menacé Beyrouth. Albert Jamous, mon père, n'a pas parlé, parce que dans notre famille, nous sommes tous pudiques, nous ne racontons pas ce qui fait mal, seulement les joies. Et probablement parce qu'en quittant le pays, il avait déjà fait une croix dessus. 

La Bédouine à la cruche 

– C'est à partir d'une photo de famille et où l'on voit en arrière-plan une Bédouine portant une cruche, que les souvenirs vont affluer. Des flots d'impressions, une atmosphère que mon père reproduira avec une nostalgie tantôt amère, mais souvent douce.

Ça a changé... 

– La seule et unique phrase que papa disait souvent au sujet du Liban, notamment lorsqu'il regardait les nouvelles à la télévision : « Le Liban a bien changé. » Un jour, nous avons quitté la France où nous étions établis et nous avons vécu à l'île de La Réunion. Une île de soleil et de chaleur. En atterrissant sur l'île, j'ai entendu mon père dire : « Je me sens au Liban. » C'était l'unique fois où il reparlait du pays du Cèdre. 

S'il y a un message... 

– Ce livre est un ouvrage affectif et personnel. Le monde est tellement grand et il se passe tellement de choses que l'histoire de mon père, juif exilé deux fois de Syrie et du Liban, paraît trop petite. S'il y a donc un message à transmettre, c'est la nostalgie du temps perdu. Comment peut-on survivre aux ruptures de terre, d'exil ? Les exilés ne sont jamais les mêmes après un départ. Peu importe la raison de ce dernier (communauté ou autres...), nous appartenons à une petite sphère et nous sommes constamment ballottés. Après s'être installé en France, mon père ne voulait plus bouger. 

Rendez-vous 

– Je suis flattée de raconter cette histoire et fière pour mon père même s'il n'a jamais vu son livre édité. C'est ici ou la mer est un support d'émotions et je serai surtout contente ce soir d'aller vers les gens pour entendre leurs histoires qu'ils ont pris jusque-là l'habitude de chuchoter. 


Bref aperçu historique 

Les juifs du Liban constituent une des 18 communautés légalement reconnues par l'État libanais. Ils sont au Liban depuis plus de 2 000 ans. Vers le début du XXe siècle, on comptait plus de 4 000 juifs au pays du Cèdre, venus des pays voisins (Syrie, Turquie, Perse, Grèce) pour s'y installer. La communauté juive du Liban a connu l'apogée de sa prospérité et de son épanouissement durant le mandat français. Le quartier de Wadi Abou Jmil est devenu le centre économique, social, culturel et religieux de la communauté. Peu après la création du Grand Liban en 1920, la communauté juive du Liban était la première et la seule communauté juive au Moyen-Orient à jouir d'une reconnaissance et d'une protection constitutionnelle. La plupart des juifs n'ont pas quitté le Liban lors de la création d'Israël en 1948. Bien que la plupart d'entre eux se soient félicités de la création d'un État pour les juifs, ils ne l'ont pas pour autant rejoint, en dépit d'une série d'attentats qui ont frappé Wadi Abou Jmil. De plus, ils n'ont pas été expulsés ou persécutés. Avec sa gueule de métèque, de juif errant... 

L'exil de cette communauté ne s'est fait que tardivement, au moment des guerres civiles de 1958 et de 1975. Alors qu'ils étaient 4 000 à la fin de la guerre, selon un article paru dans le journal an-Nahar en 1995, les juifs ne sont plus qu'une poignée au Liban et restent très discrets.

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