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Avec Hicham Tahir, rentrer au Maroc et ne pas le reconnaître

Pierre Georges By Pierre Georges Published on March 13, 2017

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This article was updated on April 3, 2017

Tout commence par des retrouvailles. Après huit années passées à Montréal, Mouad parvient à poser ses premiers congés pour rentrer à Kénitra, près de Rabat, au Maroc. Il y est accueilli en héros.

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Son quartier, l'Hay-Atlas, a bien changé. Il observe sa ville natale avec des yeux neufs, ceux d'un homme, alors qu'il en était parti enfant.

Si Les Ruelles des pieds nus (Casa Express) sont une suite de constats, le regard du narrateur est sévère. 

Passée l'euphorie des retrouvailles, ses amis, ses voisins, sa famille lui paraissent embourbés dans leur quotidien, leur misère, sans espoir de changement.

Il (re)découvre la jeunesse marocaine. Fait par exemple la rencontre de Maryam, dit Basma, une jeune fille qui raconte qu'elle a grandi dans la misère et qu'elle est devenue danseuse orientale pour les touristes à Marrakech ; elle est en réalité une ancienne connaissance qui a complètement perdu la tête à la suite d'un chagrin d'amour.

Hicham Tahir nous invite à entrer dans les quartiers populaires du pays, à passer la porte de leurs maisons, à discuter avec leurs habitants, à entrer dans leur intimité. 

On y croisera des âmes perdues, il y sera question d'alcool, de radicalisme religieux, des contradictions de la société marocaine contemporaine, surtout. 

On y ressentira les tabous sociaux, le décalage entre volonté de progrès et poids du passé, mais surtout la misère humaine.

Peut-on parler dans ce cas de figure d'un regard étranger porté par Mouad sur les terres qui l'ont vu grandir ? Assurément, répond Hicham Tahir, originaire, comme son personnage, de Kénitra. Il confie au Libération marocain :

"C’est inspiré par ce que j’ai vécu, par le contact fusionnel que j’ai avec ma famille et à chaque fois que je rentre chez moi, les séparations et les retrouvailles, j’ai toujours voulu parler de ça, il fallait juste trouver l’angle. Le déclic s’est passé quand, en rentrant [en 2014], j’ai senti une grande pression venant de la société."

Il poursuit : 

"J’ai eu l’immense chance de voyager ailleurs, voir autre chose, quitter ma famille à 21 ans et pouvoir prendre du recul vis-à-vis de tout. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de plusieurs jeunes de mon quartier." 
Pierre est journaliste, basé à Paris.

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