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Anthony Phelps : « puissance onirique » et « magie de la langue »

Mathieu Deslandes By Mathieu Deslandes Published on November 17, 2017
This article was updated on December 5, 2017
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Bruno Doucey est poète et éditeur de poètes. Il inaugure ici un nouvel exercice sur Bookwitty : un bref questionnaire destiné à découvrir un auteur. Et c'est quelqu'un qui connaît son travail en profondeur qui se charge des présentations. 

L'auteur du jour est Anthony Phelps, né en 1928 à Port-au-Prince, établi à Montréal depuis 1964. Son œuvre, riche d'une vingtaine de titres (de la poésie, des romans, du théâtre), est traduite en espagnol, en anglais, en russe, en ukrainien, en allemand, en italien, en japonais. Anthony Phelps a reçu le Grand Prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre en 2017.


Quelle est selon vous la meilleure manière de présenter Anthony Phelps ?

Bruno Doucey : L’écouter lire sa poésie de sa voix chaude et chaleureuse, car il a une science exceptionnelle des harmoniques de la langue et de la pratique des mises en voix.

Que raconte son oeuvre ?

Elle raconte l’enfance en Haïti, la naissance du mouvement artistique Haïti Littéraire, l’arrivée de Duvalier au pouvoir et la terreur exercée par les tontons macoutes, l’exil et la vie reconstruite en Amérique du Nord, la naissance d’une oralité poétique associant poètes québecois engagés pour la défense de leur langue et poètes haïtiens exilés engagés dans la défense de leur mémoire, l’ouverture aux cultures du monde, l’élargissement aux autres et à la nature des sentiments que l’on éprouve pour l’être aimé.

Comment décririez-vous son style ?

Caribéen, archivoltes de la plante tropicale à l’usage du poème, magie de la langue, capacité à produire des images et des rythmes.

Par rapport à « vos » autres auteurs, qu'y a-t-il de singulier dans votre relation de travail avec lui ?

Ce qu’il y a de particulier, c’est la conscience chez l’un et l’autre que le passage d’Anthony Phelps aux Éditions Bruno Doucey contribue à créer les conditions d’un été indien de la création artistique.

Par quel(s) livres(s) faut-il commencer si l'on veut découvrir le travail d'Anthony Phelps ?

Nomade je fus de très vieille mémoire.

Quel est le plus grand malentendu à son sujet ?

Nul malentendu, mais des perceptions légèrement erronées de ce qu’est Anthony Phelps, écrivain dont la discrétion ferait presque oublier la puissance onirique.

De quels autres auteurs peut-on le rapprocher ?

Davertige, René Depestre, Aimé Césaire, Pablo Neruda.

Comment contribue-t-il à renouveler la littérature ?

Par la place faite à l’oralité, la production de CDs, associées à un haut niveau d’exigence littéraire.


Illustration : Anthony Phelps (Setka Film) et Bruno Doucey (Murielle Szac)

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Mathieu est journaliste indépendant à Paris.

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