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Alicia Kozameh : prison, dictature et désir de vivre

Mathieu Deslandes By Mathieu Deslandes Published on February 6, 2018
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Anne-Claire Huby

Le zinnia est une fleur originaire des Amériques, très facile à cultiver et très colorée. C’est l’emblème qu’ont choisi Anne-Claire Huby et Magali Homps pour leur maison d'édition. Elles sont installées à Lyon mais regardent au loin : vers les Amériques de langue espagnole, cette aire immense dont elles ont entrepris de nous faire connaître les grands textes classiques et les écrivains contemporains. 

La première auteure publiée chez Zinnia, en 2013, fut Alicia Kozameh. Née en Argentine, militante du Parti Révolutionnaire des Travailleurs dans les années 1970, elle fut incarcérée de 1975 à la fin de l’année 1978. Puis elle s’exila... Mais laissons à Anne-Claire Huby le soin de la présenter.


Quelle est selon vous la meilleure manière de présenter Alicia Kozameh ?

C'est une auteure atypique, exigeante, solaire.

Que raconte son œuvre ?

L’abus de pouvoir, l’emprisonnement, l’exil, le désir et la joie de vivre.

Comment décririez-vous son style ?

Une écriture de la sensation, du corps, du détail qui vise à rendre compte d’expériences douloureuses en décalant le regard.

Par rapport à « vos » autres auteurs, qu’y a-t-il de singulier dans votre relation de travail avec elle ?

La relation avec Alicia Kozameh est d’abord une rencontre fortuite immédiatement suivie d’une expérience de lecture de son travail et d’une volonté de le rendre accessible aux lecteurs dans notre langue, tant l’impression causée fut brutale et profonde. C’est d’ailleurs par l’un de ses livres que l’aventure éditoriale de Zinnia a débuté.

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Par quel livre faut-il commencer si l’on veut découvrir son travail ?

En français, par La peau même en offrande, ensemble de récits qui constitue un tout à l’image de ses obsessions.

Quel est le plus grand malentendu à son sujet ?

Une thématique qui peut sembler éprouvante, alliée à une écriture parfois rude.

De quels autres auteurs peut-on la rapprocher ?

Des écrivains qui n’hésitent pas à malmener la syntaxe lorsqu’ils l’estiment nécessaire, ou à brouiller les frontières entre prose et poésie.

Comment contribue-t-elle à renouveler la littérature ?

Par sa manière de fictionnaliser une expérience de vie : l’emprisonnement sous une dictature. De transformer ce qui aurait pu être témoignage de l’Argentine des années 70 en fiction universelle. 

Par son écriture singulière qui s’appuie sur la perception sensorielle, pour faire naître dans l’esprit du lecteur ce qui entoure le détail : un bruit des bottes au-dessus d’une tête suffit à comprendre l’emprisonnement, comme la présence d’un simple rai de lumière, l’absence d’ouvertures d’un espace ou le décompte du nombre de mains et de pieds entrevus, l’entassement des êtres dans une même cellule. 

Par la capacité de s’échapper par les mots.



Illustrations : Alicia Kozameh (Sara Kozameh/Wikimedia Commons) et Anne-Claire Huby (DR).

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Mathieu est journaliste indépendant à Paris.