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Abécédaire Etel Adnan

Tamyras Éditions By Tamyras Éditions Published on April 8, 2016

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  • A : Artiste 

Etel Adnan est romancière, dramaturge, poète et peintre. L’œuvre d’Etel couvre tous les genres : poésie, roman, essai, roman épistolaire, autobiographie. Etel est peintre et aussi céramiste. Elle a commencé à peindre à l’âge de 33 ans. Elle s’est également intéressée aux tapisseries et aux céramiques. La plupart des peintures d’Etel expriment son amour pour le Mont Tamalpais en Californie. Elle a souvent peint la montagne.

Voir L'entretien infini en 2014 (Fondation Cartier pour l'art contemporain)

  • B : Biographie 

Etel Adnan est née le 24 février 1925 à Beyrouth d’un père musulman né à Damas et haut gradé dans l’armée ottomane et d’une mère grecque chrétienne qui se sont rencontrés à Izmir durant le siège de la ville en 1922. Elle poursuit des études à l'Ecole des Lettres avant de terminer sa licence ès-Lettres à l'Université de Lyon, et son D.E.S. de philosophie à la Sorbonne. Elle sera parmi les premiers étudiants à suivre les cours de Gabriel Bounoure à l’Ecole des Lettres à Beyrouth. Elle suit des études de philosophie à l'Université de Californie, Berkeley, et à Harvard puis enseigne la philosophie au Dominican College de San Raphael en Californie de 1958 à 1972. Revenue à Beyrouth, elle est journaliste au Safa puis à l'Orient-Le Jour jusqu’en 1976. Elle retourne s'installer en Californie en 1977. Elle vit désormais entre Sausalito (San Francisco), Paris et Beyrouth.

Voir la vie d'Etel

  • C : Calligraphie 

On dit souvent qu’Etel peint en arabe. Par la calligraphie, elle redécouvre cette langue. Elle a participé à Force of Change : Artists of the Arab World en 1994. Elle combine la calligraphie arabe avec les mots dans plusieurs de ses œuvres.

« Si elle n’écrit pas en arabe, Etel Adnan peint en arabe. Par la calligraphie, elle redécouvre cette langue en en dessinant les lettres, recopiant patiemment des poèmes dans des cahiers makimono japonais qu’elle expose. » 

Voir POEZIBAO 

  • D : Dramaturge 

Etel a écrit deux pièces de théâtre 

Comme un arbre de Noel, Like a Christmas Tree (évoquant la guerre du Golfe) qui a été présenté au Venue de San Francisco en 2003, à Dusseldorf en 2003 en Argentine en 2003 et en Italie en 2005.

L’actrice qui a été jouée en mars 1999 à Paris au théâtre de La Ménagerie de Verre.

Le poème Jennin a été adapté en théâtre et joué à l’Attis Theatre à Athènes en 2005.

Proximité et éloignement de la mémoire s’est joué au théâtre La Panta à Caen en France en 2009. Sitt Marie Rose a été adapté au théâtre et joué au Forum Freix Theater à Dusseldorf en 2009. En octobre 2011, à Dusseldorf, une pièce basée sur To be in a time of War s’est jouée ainsi qu’à Berlin et Beyrouth.

  • E : Expositions

Etel a fait une quarantaine d’expositions personnelles ainsi que de nombreuses expositions de groupe. Elle a notamment exposé au British Museum, au Musée d’art oriental à Moscou, et à l’Hermitage de Saint-Pétersbourg.

Voir l'exposition - La joie de vivre (Museum Haus Konstruktiv - 2015)

  • F : Films

Un film de 30 minutes basé sur l’édition allemande de Paris, When it’s Naked a été réalisé par le producteur de télévision suisse-allemande Heinz Butler et montré sur les télés suisse et allemande au printemps 2000. Vouvoula Skoura a réalisé un film de 40 minutes basé sur On Cities and Women (en grec) en 2007. Ce film a été présenté à la télévision grecque et dans plusieurs festivals.

  • G : Grenier 

Robert Grenier (né en 1941, à Minneapolis, Minnesota) est un poète contemporain américain. Il a fondé (avec Barrett Watten) le magazine "This" (1971–1974). "This" fut un grand tournant dans l'histoire récente de la poésie contemporaine,  proposant un des premiers recueils de textes d'écrivains, d'artistes et de poètes identifiés aujourd'hui comme les poètes de la langue (Language poets) .

Il a co-édité "The Collected Poems of Larry Eigner, Volumes 1-4" publié par  Stanford University Press in 2010, and fut l'éditeur de "Robert Creeley's Selected Poems," publiés en 1976. Les premiers textes de Grenier, influencés par Creeley, sont considérés minimalistes. Ses travaux plus récents, en revanche, sont beaucoup plus riches et visuels, poèmes sous forme de fondus multicolores proposés à des formats spéciaux (et parfois non reproductibles). 

  • H : Hommages 

En 1977, son roman Sitt Marie Rose est publié à Paris et gagne le prix France-Pays arabes.

Un livre collectif a été consacré à son travail sous la direction de Lisa Suhair Majaj et Amal Amireh : Etel Adnan – Critical Essays on the Arab-American Writer and Artist (McFarland & Company, 2002).

En 2010, Etel a reçu de RAWI (Radius of Arab-American Writers) un « Life-time Achievement Award. Elle a également remporté la même année le prix Josephine Miles de PEN à Oackland.

  • I : Inspirations 

« Comme n’importe quel écrivain sérieux, mon public ne peut pas être réduit à ces pairs arabes ou à un public arabo-américain. Les livres ont leur propre vie et personne ne peut en assurer leur destinée. L’unique chose que nous pouvons constater c’est l’existence d’un corpus croissant d’une littérature arabo-américaine et de l’effort des gens qui essaient de la connaître et de la faire connaître. »

« L’art abstrait c’était l’équivalent à l’expression poétique ; je n’ai pas éprouvé le besoin de me servir des mots, mais plutôt des couleurs et des lignes. Je n’ai pas eu le besoin d’appartenir à une culture orientée vers le langage mais plutôt à une forme plus ouverte d’expression. » « L’art abstrait c’était l’équivalent à l’expression poétique ; je n’ai pas éprouvé le besoin de me servir des mots, mais plutôt des couleurs et des lignes. Je n’ai pas eu le besoin d’appartenir à une culture orientée vers le langage mais plutôt à une forme plus ouverte d’expression. »

« Abstract art was the equivalent of poetic expression ; I didn’t need to use words but colors and lines. I didn’t need to belong to a language oriented culture but to an open form of expression. » To write in a foreign Language.

« This century told us too many times to stay alone, never to look back, to go and conquer the moon, and this is what I did. This is what I do. » To write in a foreign language.

« You might think that love of nature is harmless, but no love is harmless. It can compromise the whole of existence and indeed it does. »

  • J : Journey to mount Tamalpais

Quand on demande à Etel Adnan, qui est la personne la plus importante qu’elle ait jamais rencontrée, elle répond « une montagne. Tamalpaïs était au centre de mon être. » Cette montagne sacrée pour les Indiens qu’elle voyait depuis la fenêtre de sa maison de Sausalito a inspiré à Etel une méditation sur la beauté de la nature. « Debout sur le Mont Tamalpaïs, je participe des rythmes du monde. Tout semble juste. Je suis en harmonie avec les étoiles. Pour le meilleur comme pour le pire je sais, je sais. »

  • K : Kaleidoscope

Quand Etel Adnan aborde des sujets de la vie, des sujets simples et des sujets compliqués, ces mots sont des mots du coeur, de la pensée et de l’âme :

« On pourrait dire que l'amour pour un certain arbre, ou même pour la Nature, est quelque chose de bénin, mais l'amour n'est jamais bénin. Il peut mobiliser, et il le fait, tout votre être. Ce que nous appelons "Nature" recouvre une infinité de réponses. Cela englobe l'exploration, la prise de risque, la révolution dans votre vie. Cela peut vous conduire au sommet de l'Himalaya, au bord de volcans, de gouffres ou dans les laboratoires. Cela vous révélera à vous-même. Cela inspirera des artistes, des poètes et des philosophes. Cela ouvrira des voies pour la compréhension du sublime. » Extrait de Le prix que nous ne voulons pas payer pour l’amour. 

  • L : Langues 

Etel apprendra le français et l’anglais à l’école et son père l’initiera à l’arabe. Les bouleversements dans le monde ont toujours influencé le choix de la langue dans le travail d’Etel. A cause de sa colère face aux événements d’Algérie, elle a résisté à l’envie d’écrire en langue française et décidé de se concentrer surtout sur la création visuelle. Mais la guerre du Vietnam pousse Etel à s’exprimer et elle rejoint ainsi le mouvement des poètes contre la guerre. Elle devient ainsi un American Poet. Poète et écrivain bilingue, elle écrit surtout en anglais bien que deux de ses œuvres majeures, Sitt Marie Rose et L'Apocalypse arabe aient été écrites en français. En fait son multilinguisme a toujours posé un problème à Etel vu qu’elle ne savait dans quelle langue écrire. Même dans ses essais comme To write in a Foreign language (voir annexe 1), Adnan expose son expérience dans les différentes langues qu’elle maitrise et comment cela a influencé son travail dans l’ensemble. Elle pointe du doigt sa difficulté à choisir un langage spécifique car chacune des langues qu’elle maitrise la renvoie à des émotions diverses et surtout des conflits intérieurs souvent en rapport à des conflits extérieurs comme les troubles politiques entre l’Algérie et la France, ou encore la Guerre contre l’Irak. Elle met ainsi en exergue la difficulté de choisir une langue qui renvoie à des idées ou un esprit avec lesquelles elle n’est pas toujours d’accord. Elle a rédigé cet essai non seulement pour dire l’importance d’écrire en plusieurs langues mais surtout pour retranscrire son histoire propre. Et expliquer qu’elle a su exploiter son multilinguisme pour en faire une source de créativité.

  • M : Musique

Plusieurs musiciens ont mis en musique certaines de ses œuvres de poésie: Tania Léon, Henry Treadgill, Gavin Bryars (Adnan Songbook), Zad Multaka(Nepsis) et Annea Lockwood. Son long poème Five senses for one death, mis en musique par Zad Multaka sous le titre Nepsis, a été donné en concert au Festival de Baalbeck, ainsi que des chapitres de L'Apocalypse arabe, toujours par Zad Multaka, au Concertgebow d'Amsterdam. Plusieurs poèmes de Etel ont été mis en musique notamment par Gavin Bryars, Tania Leon, Annea Lockwood et Zad Moultaka. Elle a écrit la partie française de l’opéra The Civils Wars de Robert Wilson. Le poème Jennine a été mis en scène en 2006 par Thedoros Terzopoulos au théâtre Attis d’Athènes.

Tania Leon : "The Queen of the Sea" qui s’est produit à New York.

Gavin Bryars : "Love poems" d’abord commandé par la BBC puis paru sous le titre de Adnan Songbook dont la première s’est tenue au Almeida Theatre à Londres en 1996 et puis au Festival de musique de Cologne, à Vancouver, Bergen et le Festival of Other Minds à San Francisco.

Henry Threadgill a mis en musique 5 sections de The Arab Apocalypse qui s’est produit à Oakland en 1999.

Annea Lockwood a mis en musique des parties de son poème Sea qui s’est tenu sous le titre Luminescence à La Mamma dans le cadre du Festival Sounds like now à New York en octobre 2004.

Zad Moultaka a été chargé par le Festival de Baalbek de mettre en musique Fives Senses for One Death. Ce spectacle a été présenté en 2005 à Baalbek sous le titre Nepsis et puis au Festival Saintes en France et au théâtre des bouffes du Nord à Paris.

Zad Moultaka a également été chargé par le concertgeboüw Orchestra à Amsterdam pour écrire un opéra Ur. Le texte contient 5 sections de The Arab Apocalypse. Le travail a été présenté à Amsterdam le 1er décembre 2007.

  • N : Naissance

Etel Adnan est née à Beyrouth d’une mere grecque née à Smyrne et d’un père syrien.

Smyrne, c’est une ville exceptionnelle dans la mémoire des Grecs, c’est un peu comme la Palestine pour les arabes. C’est la grande catastrophe, c’est la fin de Byzance, c’est la fin de la présence grecque sur le lieu d’origine où la pensée grecque a commencé. Elle a commencé en Anatolie, elle a commencé en Asie Mineure. Donc, cette catastrophe est cosmique, et j’ai grandi avec une mère qui ne parlait que de Smyrne… les raisins étaient mieux à Smyrne… le poisson était mieux à Smyrne… À tel point que quand j’allais sur la corniche, le bord de mer à Beyrouth, je voyais les grands nuages sur l’horizon, je lui disais, « Maman, est-ce que ça, c’est Smyrne ? ». Sans être dramatique, les gens qui sont ancrés dans une grande catastrophe, la grandeur de la catastrophe étrangement donne aussi force. Donc j’ai grandi à la maison avec deux êtres défaits. Mon père était syrien, officier de l’empire ottoman. La Turquie avait perdu la guerre, ma mère avait perdu Smyrne, et je vivais donc avec ces deux personnes à la maison, et ça m’a rendu toute ma vie très sensible aux émigrés, aux gens qui ont dû quitter leur pays, qui ont fait l’expérience de grandes catastrophes. Il n’y a pas que les Grecs ou les arabes, l’histoire de l’humanité est une série de déclassements, de malheurs, et surtout le monde d’aujourd’hui. Ma mere voulait tellement que je sois née à Smyrne qu’elle a déclaré que j’étais « née à Smyrne ».

Voir "Je ne suis pas née à Smyrne"

  • O : Opéra 

Etel Adnan a écrit en 1984 la partie française de l'opéra multilingue de Bob Wilson, CIVIL warS. Etel a écrit la partie française de Of Civil warS un opéra multilingue de Robert Wilson qui a été présenté à Lyon et Bobigny en 1985.

  • P : Poésie 

Le travail d’Etel va au-dela de la poésie. Elle a su créer une sorte d’aura, d’univers propre. Son écriture exploite l’histoire, la sagesse, la politique et les arts visuels. Cette profondeur a donné une vraie dimension émotionnelle et vivante à son œuvre. Etel s’est inspirée de Lyn Hejijian, Robert Grenier et Jalal Toufic entre autres.

Voir Etel et ses amis poètes - au CENTQUATRE à PARIS en 2014

  • Q : Qualificatifs 

Transformer la réalité en métaphore est des aspects-clés du génie créatif d’Etel. Son immense talent et sa fluidité lyrique ne s’arrête cependant pas à sa prose ou sa poésie.

La revue MELUS qualifie l’histoire de la vie d’Etel comme une histoire de déplacement et d’aliénation.

« Le travail d’Etel va au-delà de la seule poésie. Elle créé une aura : son écriture prend sa source dans l’histoire, la sagesse, la politique et l’art visuel. Ses prouesses poétiques et sa profondeur littéraire rendent son œuvre forte d’émotion et de vie. Son engagement autour des langues et la manière dont elles échangent mutuellement est au cœur de son esthétique. » Eva Acqui

En 2003, MELUS, la revue de la Société pour l’étude de la littérature multi-ethnique des Etats-Unis qualifie Etel : « Indéniablement l’écrivaine arabo-américiane la plus célèbre et accomplie aujourd’hui. »

  • R : Romancière 

Son premier roman se situant au cœur de la société libanaise et reposant sur une vraie histoire a définitivement placé Etel la femme arabe au cœur de la littérature du Moyen-Orient.

  • S : Sitt Marie Rose 

En 1977, son roman Sitt Marie Rose est publié à Paris et gagne le prix France-Pays arabes.

Sitt Marie Rose, considéré comme un classique de la littérature libanaise et même moyen-orientale, écrit en français et publié pour la première fois en France en 1978 par les éditions des femmes, raconte le tragique destin de Marie-Rose Boulos, institutrice pour des enfants sourds, chrétienne et ralliée à la cause palestinienne durant les premières années de la guerre du Liban. Mais au-delà de l’histoire, ce roman poignant aborde différents aspects de culture libanaise, le rôle de la femme dans la société, la xénophobie durant les années de guerre, la difficulté de remplacer les armes par le dialogue. Ce livre, épuisé en langue française, est aujourd’hui réédité par les éditions Tamyras, qui souhaitent rendre hommage à l’immense auteure qu’est Etel Adnan et son apport considérable à la littérature libanaise.

Dans ce livre, Adnan exploite les contrastes entre les influences occidentales et orientales au Liban et met en exergue le rôle des femmes dans la société libanaise. Marie Rose Boulos dont l’assasinat est le point d’ancrage du livre est une syrienne installée au Liban qui s’occupait d’enfants sourds-muets et qui travaillait dans les services sociaux qui aidaient les camps palestiniens.

Adnan a écrit Sitt Marie Rose en français en 1977. Cette même année, le livre a été traduit en arabe mais uniquement distribué dans les quartiers ouest de la capitale.

Sitt Marie Rose a gagné le prix de l’Amitié Franco-arabe en 1977.

Le roman débute avant la guerre civile

Voir l'entretien avec Etel au sujet de Sitt Marie Rose

  • T : Traduction 

La plupart de ses livres ont été traduits en arabe et ont fait l'objet de nombreuses études universitaires à l'étranger, notamment aux Etats-Unis. Elle a plusieurs livres publiés en France et sept ouvrages parus en Allemagne, ainsi que plusieurs en Italie.

  • U : Universités

Après des etudes de philosophie à la Sorbonne à Paris, Etel continue ses etudes supérieurs à l’université de Californie à Berkeley puis à Harvard. Elle a enseigné la philosophie de l’art à l’université dominicaire de la californie puis a donné en Californie des sessions, des cours et des conférences dans plus de 40 universités aux Etats-Unis.

Voir Etel à l'Université d'Avignon (2009) 

  • V : Villes 

Paru aux Editions Tamyras en 2014, Des villes et des femmes, lettres à Fawwaz décrit la vie des femmes dans des villes comme Athenes, Rome, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Aix en Provence et Beyrouth. Des destinées singulières, des lieux qui définissent à leur façon les femmes qui les habitent. « Les femmes me paraissent libres, maitresses de leurs mouvements. Ni arrogantes, ni écrasées, elles présentent un sentiment d’unité dans leur personne, une adéquation de leur esprit à leur vie. » 

  • W : Web, e-books

Les livres d’Etel Adnan sont disponibles en version e-book:

- Des villes et des femmes, Lettre à Fawwaz : Kindle, Ibook et Kobo

- Paris mis à nu : Kindle, Ibook et Kobo

- Au coeur du coeur d’un autre pays : Kindle, Ibook et Kobo

- Sitt Marie Rose : Kindle, Ibook et Kobo

Le livre Sitt Marie Rose existe également en version ebook augmenté


La guerre du Liban a été souvent au coeur des écrits d’Etel dans une sorte de réquisitoire-hommage. Réquisitoire contre les responsables, hommage aux milliers de victimes anonymes : « Mais qui donc a perdu à part les habitants de cette ville et les quelques animaux qu’on a oublié de nourrir ou qui sont morts eux aussi dans les abattoirs sous les pluies de balles ? Les chevaux de course sont morts brûlés dans les écuries du Parc de l’Hippodrome. C’est la ville en tant que grand être qui souffre, trop folle et trop survoltée, et qui maintenant est matée, éventrée, violée, comme ces illes que les diverses milices ont violées, à trente et à quarante, qui sont folles dans les asiles, et que les familles, méditerranéennes jusqu’au bout, cachent au lieu de soigner... mais comment soigner la mémoire ? Cette ville, comme ces filles, a été violée. » Etel Adnan 

  • Y : Yeux

« La montagne n'est pas la même. Elle change sans arrêt, à cause de la lumière, elle change sous vos yeux. Elle change aussi parce que vous avez changé, donc votre regard a changé. Mais est-ce que c'est un changement fondamental ou un développement ? Je crois que ce qui est important c'est que votre intérêt dans la montagne ne change pas. Si vous l'aimez toujours, elle change mais c'est la même montagne. Le tragique c'est quand vous ne l'aimez plus. Elle est morte. C'est là que votre regard change vraiment. Quand votre intérêt disparaît. Il y a des gens qui sont amoureux à la folie et tout à coup l'un regarde l'autre avec… C'est terrible. Ça joue pour votre amour du cinéma, ou du théâtre, ou d'une montagne. Si tout à coup elle ne vous dit rien, alors votre regard a changé parce que vous avez entièrement changé. Le regard étant une façon d'être vous. C'est un mystère dur quand ça arrive. Votre désintérêt. Quand ça ne tient qu'aux objets ça va encore mais quand il s'agit des êtres, c'est tragique. Parce que ça n'arrive pas à deux êtres au même moment, parfois ça n'arrive jamais à l’un alors que ça arrive à l'autre. » Etel Adnan

  • Z : Z

Etel Adnan de A à Z, c’est certainement jamais suffisant pour une femme qui a vécu tellement de vies, de villes. Etel est une source. Etel est une rivière. 

Bienvenue dans la sphère Tamyras.

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