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Week-end à Berlin : les meilleurs livres pour découvrir la ville

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Elle a connu la capitale allemande avant qu'elle ne devienne une destination fortement prisée des touristes comme des vingtenaires du monde entier qui viennent s'y établir. 

Depuis quinze ans, l'écrivaine Cécile Wajsbrot se partage entre Paris et Berlin. Actuellement, elle passe deux tiers de l'année dans la capitale française, le reste outre-Rhin mais les proportions ont pu être inversées. Elle a consacré deux livres à la capitale allemande, Berliner Ensemble et L'Île aux Musées où les parcours individuels entrent sans cesse en résonance avec les lieux traversés. 

« Arm aber sexy », disait de sa ville l'ancien maire Klaus Wowereit. Pauvre mais sexy. Au-delà de cette phrase devenue, au fil des ans, un slogan, si ce n'est un cliché, Cécile Wajsbrot nous entraîne dans une balade littéraire où les épisodes de l'Histoire s'envisagent façon millefeuille ; où la nostalgie voisine avec l'onirisme et où la ville au passé si lourd parvient, parfois, à se teinter de légèreté. 

Sauvegarde

« Il s'agit du journal de l'écrivain, rédigé entre 2001 et 2003, qui recoupe le moment de son installation à Berlin. Dans ce texte, j'ai retrouvé des sensations que j'ai pu moi-même éprouver quand j'y ai emménagé. Kertész explique que c'est une ville où il se sent mieux qu'à Budapest, comme porté par quelque chose. J'ai ressenti cela, moi aussi. Berlin est une ville dans laquelle on bénéficie d'espace, tant physique que mental. La société allemande étant relativement ouverte, on a le sentiment que tout y est possible. Je pense à cette phrase d'un autre livre de Kertész, Moi, un autre : « Il est différent de se sentir sans racines chez soi. A l'étranger dans ce déracinement même, on peut se faire un chez-soi. » Se sentir étranger chez soi, c'est étrange. Mais en se sentant étranger à l'étranger, on est finalement raccord. »

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Seul dans Berlin

« Après la mort de leur fils unique au front en 1940, un couple de Berlinois prend conscience de la folie qui entoure le régime nazi et décide d'entrer en lutte. Alors que je l'ai lu depuis un moment, j'ai toujours en moi l’image prégnante de cet homme et cette femme qui déposent des petites cartes enjoignant à s'opposer au Reich sur les paliers d'immeuble. Fallada met en place une atmosphère très dense qui rend bien compte à la fois de la terreur nazie et de la beauté de ce couple qui, à sa mesure, apporte sa pierre à une entreprise de résistance. J'ai découvert le roman avant sa traduction en français. Au moment où je le lisais, je suis un jour allée me promener dans une cité-jardin du côté de Friedrichshain. Il y avait là une plaque rendant hommage à deux frères entrés en résistance et qui avaient été dénoncés par leurs voisins. Cela faisait étrangement écho avec le roman. C'est aussi le genre de moments où on se demande : “Mais qu'est-ce que je fais dans cette ville ?”...»

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Errements et tourments

« Le roman de Fontane, paru en 1888, déroule l'histoire d'amour contrariée entre Lene Nimptsch, une jeune femme issue d'un milieu modeste, et le baron Botho von Rienhäcker. L'action se situe entre les quartiers de Wilmersdorf et de Zoologischer Garten, des quartiers aujourd'hui centraux mais qui, à l'époque, sont encore assez périphériques. Les différences sociales entre les deux personnages transpirent à travers la topographie. Il y a un côté désuet et charmant dans le roman de Fontane. Mais il permet de poser un autre regard sur la ville, celui des années 1870 où le zoo comporte encore son Palais des éléphants. Le lecteur découvre une ville épargnée, au sens où ni la Grande Guerre ni le nazisme n'ont encore eu lieu. Avec ce texte, on déambule finalement dans un Berlin innocent. Une ville avant la destruction. » 

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Histoires parallèles

« Nadas a mis dix-huit ans à écrire ce livre, qui se déroule aussi bien à Berlin lors de la chute du Mur qu'à Budapest en 1961. C'est une véritable enquête qui brasse toute l'histoire du XXème siècle avec des dizaines de personnages. Le texte s'ouvre sur une scène très forte : la découverte d'un corps au beau milieu de Tiergarten. Nadas décrit les joggers, les gens qui se promènent et, soudain, il y a ce cadavre qui fait comme irruption dans le récit. » 

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Berlin, un lieu de hasards

« Il s'agit du discours de remerciements prononcé par l'écrivaine lorsqu'elle a reçu le Büchnerpreis, l'un des prix littéraires allemands les plus importants. Et pourtant, il ne ressemble en rien à un discours de réception classique. C'est une envolée lyrique traversée par le bruit obsédant des avions qui survolent la ville. Rédigé en 1964, il décrit Berlin comme une sorte d'hôpital halluciné dont les habitants seraient les patients. On croise des animaux dans la gare de Zoologischer Garten. Pour autant, il ne s'agit pas d'une fantaisie hors-sol. Il s'agit certes d'une sorte de délire mais qui dit la division de la ville, son étrangeté, ses blessures. » 

Le Récital, suivi de La Sonate de Waldstein

« Écrite dans les années 80, cette longue nouvelle parle d'un Berlin hanté par ses fantômes. Les gens morts à l'époque du nazisme continuent à parcourir la ville et semblent presque plus vivants que les vivants eux-mêmes. Comme ce jeune pianiste. On lui demande de donner un concert à la Alte Philharmonie. On suit son errance dans une ville dans laquelle il se perd. Puis on le voit, incapable d'aller au-delà d'une difficulté technique d'un morceau sur laquelle il bute sans cesse. Disparu dans le ghetto de Lodz, il est mort avant d'avoir atteint la maturité nécessaire pour interpréter cette sonate de Beethoven... »

Berlin chantiers

« Ce livre constitue une bible sur le Berlin du XXème siècle. Tout un pan de l'histoire de la ville et de l'Allemagne a été occultée : celui lié à la RDA. Il a marqué les lieux, l'architecture et pourtant, on fait comme si cela n'a pas existé, que cela n'a pas eu lieu. Il s'agit vraiment d'une traversée sociologique de la ville. Le titre est assez génial car, à l'époque où Régine Robin rédige son texte, la ville est effectivement parsemée de chantiers, des grues dominent l'horizon. Avec ce texte, la sociologue mène aussi toute une réflexion sur la façon dont la mémoire est perpétuée. Elle revient notamment longuement sur l'élaboration du mémorial aux Juifs assassinés d'Europe. "Comment commémore-t-on ?" est une question qui traverse l'ouvrage. »

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Le Corps même

« Écrit à la première personne, ce texte semble être tiré d'une expérience de vie. La narratrice est à l'hôpital. En contrepoint au corps alité dans la journée se déploie le récit de ses vols oniriques nocturnes au-dessus de la ville en compagnie d'une infirmière, son “ange-gardien” au sens premier du terme. Christa Wolf rédige son texte au moment où Berlin est encore traversé par le Mur. Ces envolées prennent alors tout leur sens. Au corps malade de la narratrice répond un pays lui aussi en souffrance. » 

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Emile et les détectives

« Il s'agit d'un roman pour enfants et pourtant, je l'ai découvert sur le tard. Mais avec quel plaisir ! Kästner raconte l'épopée, dans les années 20, d'une bande d'enfants qui poursuivent un voleur à travers Berlin. On découvre la ville à travers une action – cette course-poursuite. Il émane du livre un parfum d'aventure bien sûr mais aussi d'innocence et d'espièglerie. On suit des gamins dans la ville qui déambulent, loin du regard des parents et qui font preuve entre eux d'une belle solidarité. Tout se termine bien comme un point d'orgue à l'optimisme qui imprègne le récit. C'est un texte léger et en même temps plein de grâce. Or il est rare d'associer Berlin à la légèreté. » 

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La Trilogie berlinoise

« En anglais, le titre de cette trilogie est Berlin Noir. Je trouve que cela lui va bien tant elle est imprégnée de mystère et exhale une atmosphère oppressante. Kerr saisit la ville à trois moments charnières de son histoire : en 1936 lors des J.O. de Berlin ; en 1938 lors de la Nuit de Cristal et enfin en 1947, aux débuts de la Guerre Froide. On marche dans les pas du détective Bernie Gunther. Kerr entremêle l'intrigue et les événements historiques en un flux qui coule bien, plus poisseux que Fallada et, en même temps, plus distancié. L'auteur joue sur l'action plus que sur l'émotion. La trilogie est parue entre 1989 et 1991 en Grande-Bretagne : à une époque où Berlin n'intéressait pas autant le grand public. C'était assez novateur. »

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Joséphine Lebard est journaliste et s'intéresse notamment à la question des quartiers. Avec sa consoeur Bahar Makooi, elle a cosigné en 2015 le livre "Une année à Clichy, la ville qui rêvait ... Show More

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