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Parlez-vous dothraki ?

Créer un monde imaginaire nécessite non seulement d’inventer sa géographie, son histoire, ses légendes, ses peuples et coutumes mais aussi ses langues. L’un des maîtres incontestés de la fantasy, J.R.R. Tolkien estimait même que c’était le plus important dans son œuvre. «Mes écrits sont […] à la base d’inspiration linguistique », écrivait-il, ajoutant même : « L’invention des langues en est le fondement ». Il a ainsi inventé au moins une vingtaine d’idiomes. 

George R.R. Martin n’est pas allé jusque-là. En revanche, l’adaptation du Trône de fer a créé un tel engouement que les scénaristes ont souhaité munir d’une langue propre les Dothrakis, ces sauvages guerriers des steppes d’Essos. Vous avez toujours rêvé de parler une langue secrète avec vos proches ou vous êtes tout simplement un amoureux des langues rares ? Voici deux guides d’apprentissage pour s’initier à l’elfique de Tolkien ou au dothraki selon sa sensibilité.

Le Haut-Elfique pour les débutants

Avertissement : l’auteur de cette méthode est non seulement linguiste mais aussi et surtout un puriste, spécialiste de J.R.R.Tolkien, qui livre ici plus de vingt ans de labeur acharné sur le quenya et n’a aucune considération pour les petits plaisantins qui croient qu’en surfant sur Internet, on peut traduire facilement l’elfique. Impossible de rater notamment les petits tacles envoyés respectivement à Eric L’Homme et à feu Pierre Bottero qui ont osé utiliser du soi-disant elfique tolkinien dans leur saga à deux mains A comme Association.

Dans sa longue introduction, vous comprendrez rapidement qu’imaginer maîtriser l’elfique est un leurre et que pour s’en approprier les rudiments, il va falloir beaucoup travailler. Si vous êtes toujours motivé après ça, place aux choses sérieuses.

L’auteur fait d’abord une présentation de l’évolution de la langue elfique, de la langue originelle, le quendien primitif (ou quenderin), au quenya dont le tarquesta est la langue commune qui va vous être enseignée ici. Les plus déterminés peuvent s’initier également à la graphie elfique. Il est tout au moins nécessaire d’en découvrir la phonétique. Suit un petit glossaire. Tolkien ne souhaitait pas que son quenya puisse être vulgairement parlé comme l’esperanto par exemple. Il a donc compliqué l’affaire en omettant les mots les plus courants.

Arrivent ensuite les premiers exercices pratiques sur la construction d’une phrase simple. Et là, on s’accroche : si vous comprenez quelque chose à l’aoriste qui nécessite un complément au locatif et le présent qui lui a besoin d’un complément à l’allatif, vous êtes un as de la linguistique ! Vous aurez trois propositions d’exercices pour mettre tout cela en pratique avec les corrigés qui sont loin d’être superflus. Vous compléterez vos connaissances par un peu d’écriture. Et pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué : les Elfes écrivent normalement de gauche à droite sauf dans leur correspondance privée où c’est l’inverse. Bien sûr, ils sont parfaitement ambidextres. Pour les chiffres, il devient évident que la plus petite unité passe à gauche. Un dictionnaire quenya-français (l’inverse aurait été trop facile) et un petit précis de grammaire viennent clore cette initiation qui vraiment se mérite.

PS : même les Elfes peuvent être grossiers. Donc si l’apprentissage est trop ardu, n’hésitez pas à lâcher un « Mùco » (merde) de temps à autre. Vous verrez, ça détend.

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Le Dothraki facile - Guide de conversation

Après le quenya, le dothraki paraît vraiment aisé d’autant plus que tout a été fait dans ce guide de conversation pour que vous puissiez rapidement échanger dans cet idiome guerrier.

Le dothraki est une langue exclusivement orale parlée par les fiers cavaliers qui règnent sur les steppes d’Essos, le plus grand des trois continents qui composent le monde du Trône de fer de George R.R. Martin.

On débute par un peu de prononciation version romanisée : «M’ach !» (prononcer «match»), qui veut dire «Salut !». Pas de réelle difficulté à ce stade, vous maîtrisez rapidement quelques expressions de base. Attention toutefois à ne pas commettre d’impair. «M’ach !» est employé par un Dothraki qui s’adresse à une autre Dothraki. S’il salue un étranger, il dira : « Atchomar chomakaan ! » (« tout mon respect à celui qui me respecte »). La nuance est de taille quand on connaît un minimum le caractère ombrageux de ces fougueux guerriers. C’est, vous l’aurez compris, l’équivalent d’un avertissement.

Mais ne vous inquiétez pas. Le guide contient en exergue quelques subtiles (pour ne pas dire vitales) leçons de civilisation dothrakie. Il est par exemple intéressant de noter que les Dothrakis ne disent pas merci. Jamais. Ce qu’ils veulent, ils le prennent et en général par la force, c’est mieux. Alors si d’aventure, vous vous voyez gratifié d’un « San atchomari yeraan ! » (« gloire et honneur sur vous »), voyez-le comme une forme de gratitude.

Une fois les bases jetées, il est temps d’approfondir avec un peu de conjugaison. Rapidement et avec de la bonne volonté, les verbes en -lat et -at ne devraient plus avoir de secrets pour vous. La forme négative complique un peu la donne mais on s’accroche.

Ne vous embêtez pas avec les auxiliaires. « Être », on l’oublie tout simplement. Le substantif se juxtapose à un autre ou à l’adjectif transformé en verbe d’état en ajoutant le suffixe -(l)at et en le conjuguant. Pour « avoir », c’est encore plus simple : le substantif est suivi de « mra qora » (« en main »).

Petite complexité du dothraki : il différencie les objets animés et inanimés un peu comme l’anglais sauf que, par exemple, la rivière («ashefa ») est considérée comme animée contrairement au dragon («zhavvorsa ») ou au cheval («hrazef ») qui sont inanimés.

Une fois ces subtilités acquises, vous pourrez vous confronter aux déclinaisons - facile si vous avez étudié l’allemand ou le latin. Sinon, vous découvrirez les joies de l’accusatif, du génitif, de l’ablatif...

La deuxième grosse partie est consacrée au vocabulaire. Un lexique de base vraiment a minima vous est fourni avant une brève initiation à la conversation. Après, à vous de vous lancer avec quelques exercices. Les éditeurs ont joint un CD pour vous aider à affiner votre prononciation. Certes, le guide s’appelle Le Dotrakhi facile (et à côté du quenya, c’est vraiment du gâteau). Mais comme dans tout apprentissage, pour progresser il faut travailler. Bon courage.

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Ariane Schwab est une journaliste et auteure française. Elle a été responsable de la rubrique Culture d'europe1.fr pendant plus de dix ans et a tenu les rubriques Livre de plusieurs publications ... Show More