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Mieux que Laurence Pernoud : 5 romans en mode « J’attends un enfant »

Et si on se passait de Laurence Pernoud ? La littérature peut aussi apporter des réponses essentielles sur l’arrivée d'un bébé.

Le bébé

Depuis sa sortie en mars 2002, combien de fois Le Bébé a-t-il été offert aux futures mamans ? À celles qui aiment lire et aux autres aussi. Dans mon entourage, je pense ne pas mentir en écrivant que toutes les futures mères, l’ont reçu en cadeau (ou l’ont acheté).

Marie Darrieussecq raconte, par petites touches, le bouleversement qu’est l’arrivée d’un bébé dans une vie. Un constat, d’abord : « Avant, ce n’est pas que je n’aimais pas les bébés, c’est qu’ils n’existaient pas. Il n’y avait aucun lien, aucun rapport entre eux et moi. » Donc, si les bébés ne vous intéressent pas aujourd’hui, pas d’inquiétude : « Les bébés des autres n’existaient pas, je le comprends maintenant, parce que le bébé n’existe que dans la continuité intime, dans le lien avec nous, ses parents. » Votre heure viendra.

Dans ce petit livre, Marie Darrieussecq explore son bébé et décortique son nouveau rôle de mère. Elle met des mots sur ce qu’on ne prend pas le temps de nommer parce qu’il faut changer une couche, donner le bain, ou lancer une lessive. Elle s’arrête sur les odeurs : « Il sent le pain grillé, le biscuit, la fleur d’oranger, le miel, le lait et une ou deux fois par jour, la merde » ; son influence : « Plus le bébé babille, plus nous l’imitons » ; ses jeux : « Couché dans sa poussette la tête dans les arbres, il observe, une heure durant, le balancier des feuilles, la lumière dans le vent » - moment de grâce. (Conseil : Trouvez un arbre et placez sous son ombre votre nouveau-né !)

Un bébé, observe Marie Darrieussecq, ça vous change : « Un motard dans une pétarade réveille le bébé, je maudis l’imbécile, je deviens très “mère de famille”.» Et les émotions qui submergent, la dépendance de l’un à l’autre… d’un mot : l’amour. Les chapitres sont très courts, de sorte qu’on peut le lire même une fois le bébé né, en grappillant une minute par ci, une minute par là.

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Troisième personne

Un jour – ça peut arriver quand on est en couple – on donne naissance à un enfant. Malgré nous notre regard se décale : « Quelque chose a bougé. Les meubles, le plancher, les objets, les affaires. Tout est bien à sa place mais la perception a changé. » C’est sans doute ça, devenir parents : avoir une nouvelle conscience du monde. Conscience qu’on est désormais trois (quand naît le premier enfant ; les suivants, c’est de la routine.) Dans ce livre, Valérie Mréjen dissèque la vie qui commence. Les phrases qu’on entend et qu’on n’avait jamais entendues avant. Exemple : « J’ai les mains propres », dit quelqu’un approchant ses doigts des joues joufflues du bébé. Traduction : « Ne vous inquiétez pas je connais, je suis avisée, je sais qu’il faut veiller à limiter la libre circulation des saletés, la danse des bactéries qui volent partout dans l’air, invisible à l’œil nu. » C’est beau, ces premiers jours où chacun s’apprivoise. Même si on nous avait bien expliqué ce qui allait se passer. Même si on a consciencieusement compulsé des livres d’experts et de spécialistes. Même si on écoute sa mère, ses copines, sa voisine… Chaque moment avec la troisième personne est un pas vers l’inconnu qu’on explore. Et quand on s’aventure en terre inconnue, rien ne vaut un livre pour se repérer.

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Au début

De François Bégaudeau, on a pu lire les romans sur le foot (Jouer juste), l’Éducation nationale (Entre les murs), le monde de l’édition et la littérature (La Politesse), la France (La Blessure la vraie, Deux singes ou ma vie politique) ou encore Mick Jagger (Un Démocrate). Il a aussi écrit sur la grossesse (Au début).

Comme, jusqu’à preuve du contraire, l’écrivain n’est pas une femme, il n’est pas tombé enceinte. Mais il a prêté sa plume (et aussi son oreille, si on se fie aux remerciements à la fin du livre) à douze femmes qui racontent leur grossesse. Évidemment, ça ne se passe pas toujours bien. Il y a des fausses couches, des grossesses môlaires, des gémellaires, des hommes qui désirent des enfants bien plus que les femmes (oui, c’est possible), des levrettes (il paraît que c’est une position qui facilite la procréation), des tables à langer, des nausées, des grossesses non désirées (On disait alors : « Il m’arrive quelque chose, maman » et l’on comprenait).

C’est comme passer du temps avec treize amies qui auraient entrepris de nous raconter leur grossesse (soit pour nous encourager à passer à l’acte, soit pour nous en dissuader…) L’un des récits est celui d’un garçon, homosexuel, qui fait un enfant avec une amie. Chacun se raconte, comme il peut, avec ses mots et son bagage. Comme l’écrit Bégaudeau : « Il faut ficeler les faits – même s’il est entendu qu’une vie ne se ficelle jamais exactement comme une histoire. »

Au fil des récits, le lecteur – qui peut être aussi une lectrice – a des craintes, on est submergé par la joie, on s’interroge sur son propre désir d’enfants. Ce moment où on va décider que la vie ne peut plus être seulement « une camaraderie adolescente, pleine de bières et de clopes et de nuits bavardes ». Maintenant, devenons parents.

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L'Inattendue

Le mot important, quand on attend un enfant, ce n’est pas « enfant » mais « attendre ». Attendre que l’embryon s’accroche. Attendre que deux barres bleues apparaissent sur un test de grossesse, attendre la confirmation de cette grossesse, attendre les rendez-vous chez les spécialistes, attendre la naissance… Le temps est long – mais généralement, c’est quand même neuf mois – et Karine Reysset le retient dans ce carnet de bord.

Elle y note son quotidien, ses angoisses, et décrit petit à petit la relation étroite qui commence à naître avec l’enfant qu’elle porte. Le bébé, lui, viendra après pour écrire la suite de l’histoire. Si la vie palpite au plus profond d’elle-même, la peur est là aussi, tapie dans l’ombre et attisée par le souvenir d’un frère précocement décédé, nous rappelant que l’inattendu peut toujours survenir. N’y pensons pas !

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Un heureux événement

Pour ceux qui connaissent le film Un heureux événement, sachez qu’un livre le précède. La maternité avec Eliette Abécassis, ce n’est pas que du bonheur (comme dans la vie, en fait). Dans ce livre que j’ai lu aussi vite que possible – mais peut-être que celui-ci s’adresse plus spécifiquement aux intéressées qu’aux hommes – Abécassis ne nous épargne rien. Mesdames, retenez votre souffle : vous saurez tout sur la cellulite, l’épisiotomie, les montées de lait, la léthargie, la perte de votre féminité. Vous étiez une femme désirable ? Terminé ! « Désormais ma vie ne m’appartenait plus. Je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère. » Et ça devait être le plus beau jour de votre vie ? Le plus long jour, plutôt, puisque vous allez enchaîner les nuits blanches. Déprimant ? Ne vous inquiétez pas, c’est juste le baby blues.

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Jean-Baptiste Gendarme est l’auteur de cinq livres publiés chez Gallimard, dont "Chambre sous oxygène" (2004), "Le Temps qu’il faudra" (2009) et "Un éclat minuscule" (2012). Il a aussi écrit des ... Show More