We think that you are in United States and that you would prefer to view Bookwitty in English.
We will display prices in United States Dollar (USD).
Have a cookie!
Bookwitty uses cookies to personalize content and make the site easier to use. We also share some information with third parties to gather statistics about visits.

Are you Witty?

Sign in or register to share your ideas

Sign In Register

Lutter contre la dépression, apprivoiser les idées noires

Found this article relevant?

4

Pour Freud, elle était une cousine germaine du deuil. Emily Dickinson l'appelait « l'enterrement de l'esprit ». Virginia Woolf, qui en souffrait entre autres maux, et David Foster Wallace finirent par opter pour la solution la plus radicale pour sortir de leurs dépressions respectives.

La dépression est une maladie endémique qui, selon l’OMS, touche aujourd’hui 300 millions de personnes dans le monde. De nombreux livres y sont consacrés : des essais pour analyser et expliquer, des récits d’anonymes ou de célébrités racontant leur dépression, des romans avec des personnages victimes de crises dépressive...

Les quelques textes proposés ici donnent des pistes pour comprendre ce qu'est la dépression, l'expliquer, l'apprivoiser, voire - c’est possible - en sourire.

Des bienfaits de la dépression ; Eloge de la psychothérapie

« Suffit-il de supprimer les symptômes de la dépression pour en guérir ? Peut-on, comme par enchantement, retrouver le désir de vivre, de rêver et d'agir ? » Pour le psychanalyste français (décédé en 2002), ex-élève du philosophe Gilles Deleuze, « l'expérience commune de l'état déprimé pourrait tenir en une seule sensation : celle, quasi physique, d'anéantissement » et de s'interroger dans cet ouvrage sur ce qui se joue dans la dépression pour l'être humain. Il livre des constats, propose des éclairages mais aussi des pistes pour comprendre et aller mieux (l'un des chapitres de cet ouvrage s'intitule « Il faut être deux pour guérir »). Pierre Fédida interroge les rapports entre psychiatrie (pour la prise en charge « moléculaire » de la dépression), psychanalyse et psychothérapie (réussir à parler, à exprimer l'éventail de ses malaises pour un patient). Un texte de référence dans l’univers des psys… des deux côtés du divan.

Buy the Book
Lait noir

Roman très inspiré de la dépression post-partum qui a touché Elif Shafak après la naissance de sa fille, ce texte interroge les rapports torturés entre création littéraire et maternité. Plus précisément : il se penche sur les obstacles qui empêchèrent la romancière de retourner à ses écrits après l'accouchement. Les voix intérieures d'Elif se manifestent à tout va, décrites parfois avec humour (Miss Ego Ambition, Miss Intelligence Pratique muselées par Dame Derviche ou par Maman Gâteau), d’autres fois avec angoisse. L'auteure souffre de ne pouvoir retrouver son élan créatif et s'interroge sur les femmes de son panthéon littéraire qui, elles aussi, ont connu de « sombres épisodes ». La romancière turque tente de réconcilier, par l’écriture et la réflexion, vie créative et vie domestique. Un blues post-natal inspirant, même s’il ne fut pas facile à admettre pour la jeune femme. 

Buy the Book
La Cloche de détresse

« A mes pieds, la ville éteignait les lumières dans son sommeil. Les immeubles se paraient de noir, comme pour des funérailles. C'était ma dernière nuit », écrit l'héroïne, double de la poétesse Sylvia Plath. Ce roman, publié l'année du suicide de son auteure (1963), met en scène Esther Greenwood, une jeune femme écrivain qui tente de s'adapter à la vie new-yorkaise où elle vient de faire ses débuts comme journaliste.

Cette fiction reflète ce que Sylvia a traversé dans ses épisodes de profonde dépression, d'hospitalisation (« time of darkness, despair, and disillusion »). Ces ténèbres, ce désespoir et les désillusions qui ont accompagné le quotidien de Sylvia/Esther pendant les mois d'hospitalisation sont d'une intensité rare, décrivant avec précision cette prison mentale qu'est la dépression, sa « cloche de détresse ». Un roman devenu un classique de la littérature anglo-saxonne.  

Buy the Book
Hyperbole

Présentée en quatrième de couverture comme « la fille de Virginia Woolf et Woody Allen », Allie s’est longtemps exprimée sur un blog très fréquenté.

Étonnant best-seller au dessin ultra simple, ce roman graphique fait mouche quel que soit l’âge des lecteurs. Les focus écrits qui accompagnent certaines des planches (sombres ou hilarantes) expliquent notamment l'incapacité de l'auteure à sortir de ses angoisses lorsqu’elle était jeune, ou exposent en quoi son amour immodéré pour les chiens, sa fascination pour certains de leurs travers a pu l’aider. Des observations qui suscitent de vrais éclats de rire. Les questions et observations futées d'Allie sur ses humeurs dans son (long) quotidien de dépressive sonnent juste, comme lorsqu’elle écrit que « chercher à surmonter l'apathie très particulière qui accompagne la dépression par la seule force de sa volonté, c'est comme un type sans bras qui essaie de donner des coups de poing pour que ses mains repoussent. Il manque un composant essentiel à la réussite de cette entreprise ». Un sentiment partagé par nombre de malades victimes de dépression.

Buy the Book
Deuil et dépression

Ce texte regroupe deux interventions que Mélanie Klein tint en 1934 et 1940. Suite à la mort accidentelle d'un de ses fils, la psychanalyste austro-britannique - l'une des pionnières de la psychanalyse d'enfants - entra en état de dépression.

« J'ai constaté que des situations d'angoisse [...] sont à l'origine de la dépression, mais aussi de toutes les inhibitions à l'égard du travail », écrit-elle notamment. « A mon avis, partout où il existe un état de dépression, que ce soit dans les cas normaux, névrotiques, maniaco-dépressifs, ou dans les cas mixtes, on trouve cet alliage spécifique d'angoisses, de sentiments de détresse et de défenses diverses, alliage que je viens de décrire et que j'ai appelé position dépressive. »

Ce texte, un peu ardu, est à réserver à celles et ceux qui s'intéressent à l'analyse de la dépression de manière pointue.

Buy the Book
Le diable intérieur

Sans doute le livre le plus complet écrit à ce jour sur la dépression, il est le fruit de cinq années de travail pour Andrew Solomon. Journaliste, il s'est interrogé sur sa dépression et a voulu comprendre. Qu'est-ce que cette maladie ? Qui en est victime ? Comment la soigne-t-on ? Quelles dépendances faut-il surveiller, quelle prévention peut-on mettre en place pour tenter d’éviter le suicide ? Toutes ces questions et les réponses qu'il a eues, les pistes de recherches documentées, les témoignages de patients qui, comme lui, ont sombré dans la dépression, figurent dans cet essai autobiographique autant que sociologique.

« L'écriture est une acte de responsabilité sociale », confesse Andrew Solomon dans l'un des chapitres. Plusieurs personnages traversent ce livre, tel Angel, hospitalisée comme lui pour dépression. Ils parlent d'espoirs, de médicaments, de conseils... elle lui en confie un pour son livre : « Il faut dire aux gens de ne pas se mutiler, même s'ils vont mal, tu leur diras ! »

L’ouvrage propose des pistes de soins (tirés de la propre expérience de l'auteur) : consulter psychiatres, psychanalystes, ne pas avoir peur de la psychopharmacologie (nécessaire dans le cas de l’auteur) car « il n'y a pas deux personnes qui font une dépression semblable. Comme les flocons de neige, la dépression est toujours unique »

Vous m'avez manqué

Le journaliste Guy Birenbaum remonte le fil, ou plutôt les fils, de sa dégringolade psychique. Il y a eu de nombreux signaux d'alerte, non entendus. Une blessure physique qui tarde à guérir, un ras-le-bol qui se généralise, une usure qui ronge, une sensibilité à fleur de peau, une ultra réactivité aux attaques racistes et antisémites ; pendant quelques temps, l’auteur eut l'impression qu'il allait réussir à faire face. Las, ce sentiment de toute puissance s’est érodé…

Comment comprendre les causes de la dépression qui l’ont frappé alors que rien ne clochait véritablement dans sa vie professionnelle comme personnelle ? Ce récit n’est pas l’histoire d’une personne en saturation qui sombre, il est aussi une interrogation sur la psycho-généalogie (« L'histoire familiale pèse-t-elle sur notre inconscient ?», se demande-t-il notamment après avoir raconté un épisode familial dramatique). Pour remonter la pente, aller dans le sens de la vie, en plus d’une prise en charge chimique et d’un travail avec un psy, Guy Birenbaum s’est remis au sport. Une thérapie gagnante.

Buy the Book

Photo de couverture : Chris Barbalis

Journaliste passée du sport à la littérature, de Canal+ à Psychologies Magazine. Auteur de "Le Football expliqué aux filles" (Hermé/La Martinière, 2002), grosse lectrice de polars, romans ... Show More

Found this article relevant?

4

0 Comments

Please log in or sign up to join the discussion

Related Posts