We think that you are in United States and that you would prefer to view Bookwitty in English.
We will display prices in United States Dollar (USD).
Have a cookie!
Bookwitty uses cookies to personalize content and make the site easier to use. We also share some information with third parties to gather statistics about visits.

Are you Witty?

Sign in or register to share your ideas

Sign In Register

Littérature sous influence : 10 livres habités par la drogue

Si la littérature est, depuis tout petit, l’une de mes drogues les plus addictives, les adjuvants chimiques de toutes espèces ont droit de cité dans la fiction littéraire jusqu’à en faire, si ce n’est un genre à part entière, un motif romanesque de premier choix. J’ai sélectionné pour vous quelques stupéfiants ouvrages où héroïne, crack, cocaïne, ecstasy, mescaline ou morphine sont les personnages principaux. Vous n’y trouverez pas les doucereuses défonces vintage du dandy De Quincey et ses Paradis Artificiels ni le très très high Las Vegas Parano d’Hunter S. Thompson. Pas de trace (ou si peu) non plus des délires à la sauce beat du Festin Nu ou du très attendu Junky (tous deux de Burroughs), c’est un choix purement arbitraire et subjectif que je vous propose ; l’addiction a ses raisons que la raison ignore. Suivez-moi donc de montées en descentes. 

Bright lights, Big City

Bright Lights. Big City est un hymne blues signé Jimmy Reed. « Bright Light, Bigger City » une variation R’n’B de CeeLo Green. Bright Lights. Big City est un roman, le premier roman de Jay McInerney. Mais c’est surtout dix pages d’ouverture complètement folles où un narrateur anonyme coké jusqu’à l’os se met tellement de neige dans les nasaux qu’on en vient à ressentir soi-même des palpitations, ces quelques pages sans pareil où l’on prend le pouls d’une fiction qui va nous malmener, nous bousculer et nous projeter dans l’immensité d’un New York sans échelle. 

Les premiers mots que McInerney donne à lire au monde sont aussi rudes, grisants et incontrôlables qu’une montée de cocaïne mais ne doivent pas enfermer son auteur dans l’image d’Epinal à laquelle on le borne trop souvent : l’écriture coquette d’un dandy yuppy dans le New York des eighties. Bien sûr, il y a la drogue, bien sûr il y a l’argent, les sapes et le champagne, les limousines et les descentes en club, bien sûr notre oiseau de nuit est tout autant dépressif, attachant et flippant que Patrick Bateman d’American Psycho (Bret Easton Ellis) – sans être pour autant psychopathe ni serial killer – mais ce roman est surtout celui de la plongée de l’individu dans une métropole moderne, sans visage et sans mesure. 

On y lit la dilution de la sociabilité – réduite à une longue suite d’échappatoires festives – et la vaporisation du moi dans la ville et ses froides lumières, indifférente à la déperdition d’un homme endeuillé. McInerney y pose les bases d’une comédie humaine new-yorkaise à la manière d’un Tom Wolfe – rails de coke en bonus.

Buy the Book
Ecstasy

Impossible de ne pas évoquer ici l’apôtre des doux vices humains : luxure, convoitise, alcool et… ecstasy ! Le père de Trainspotting place la drogue de l’amour aux pilules colorées au centre de ces trois nouvelles tant drôles et tendres au premier abord que noires et méditatives au fil des pages. Pour les personnages de ces nouvelles, qui ont fait leur le slogan « At least a good night out » des belles heures du Manchester nocturne, la montée est grandiose et extatique, la descente nettement moins pimpante. Car ces lads ont en commun d’échapper momentanément à leur routine médiocre par la prise immodérée d’acides les catapultant au pays des papouilles baveuses et des maxillaires qui grincent. Le mince équilibre de l’extase se fissure bien vite et perversion, tromperie et violence craquèlent le trip tant recherché. La nouvelle « Le Bonheur se cache toujours » nous immerge dans un univers fait de brutalité, de bêtise et d’ultra-violence en hommage (pas si) lointain à la déferlante Orange Mécanique tandis que « Les Invaincus » se fait la parodie, cheesy à souhait, d’un roman amoureux où… « la drogue de l’amour s’efface devant la drogue qu’est l’amour » ! Dans ce recueil incisif et irrévérencieux, Welsh fait du Welsh et nous régale de toutes les pilules de sa palette : absurde effronté, situations farcesques, ironie glacée, argot imagé… De quoi attendre impatiemment la prochaine prise (toute littéraire). 

Buy the Book
Les Révolutions de Jacques Koskas

On aurait pu citer, chez Belfond, l’excellent Dakota Song d’Ariane Bois qui retrace l’ébullition (créative comme festive) de l’hôtel Dakota, fief new-yorkais de Lennon et lieu de son assassinat, entre les lignes duquel la drogue coule à flot, malgré l’élégance elliptique de son auteur. On opte pour une fresque picaresque aux allures de Voyage au bout de la nuit low-cost, sur les traces d’un loser attachant addict à tout ce qui le fera décoller de ses ambitions déçues. Sexe, alcool, sexe, drogue, sexe et encore sexe rythment la vie de Jacques Koskas, journaliste fatigué qui marche à la piqûre d’adrénaline. 

Le récit que nous sert le DJ teuffeur, journaliste et écrivain qu’est Olivier Guez, est celui d’un homme épris d’idéal dont les aspirations à l’absolu sont sans cesse contrariées par son fabuleux appétit de chair, d’excès et de jouissance à emporter. Jacques Koskas, ce raté magnifique, n’a pas le temps de niaiser et s’en met plein le pif et les poumons, pourvu que le corps exulte. On le suit donc en Asie ou au Brésil, tantôt sur les dancefloor de clubs huppés ou dans la boue des bidonvilles lorsque le compte en banque commence à faire la gueule. L’écriture bigarrée et généreuse d’Olivier Guez n’épargne pas cet anti-héros attachant, dont les chutes répétées ressemblent de plus en plus à une mauvaise plaisanterie. 

Sous couvert d’humour et de parties de baise hautes en couleur, c’est dans une longue descente vers les bas-fonds de l’existence que nous entraîne Jacques Koskas, guetté par l’insatisfaction et l’ennui, désirant tout sans plus rien trouver désirable. L’excès devient la norme d’un récit qui accélère la chute de son personnage, drogué à la vie, drogué à la mort. 

Buy the Book
Une vie pornographique

Jouisseurs en manque, amateurs d’érotisme littéraire, passez votre chemin : vous ne trouverez que peu d’ébats intéressants et d’échanges de fluides notables dans ce roman au titre pourtant prometteur. Sous l’effet d’appel peu honnête de Matthieu Lindon (je suis moi aussi tombé dans le panneau), se cache une métaphore du rapport de Perrin, personnage héroïnomane, à cette drogue qui vient surpasser en intensité les bonus usuels de la vie. Comprenez : ses shoots journaliers effacent les potentiels de plaisir du sexe le plus torride, de l’amour le plus complice, du nutella au beurre de cacahuète et du milk-shake banane (vous pardonnerez les deux derniers éléments de la comparaison, que vous ne pensiez sans doute pas retrouver sur un site, tout ce qu’il y a de plus sérieux, dédié à la lecture). 

Le fils de Jérôme Lindon, père sacré des éditions de Minuit, donne à voir avec ce roman l’échec d’un milieu mondain qui pense domestiquer ses défonces aux drogues dures en jouant sur les doses, la fréquence et les toujours festives occasions pour mettre à distance ce qui s’affiche malgré tout comme une évidence. La dépendance forcenée de Perrin, universitaire reconnu, peine à se camoufler sous le vernis des cocktails et des colloques et c’est bientôt une mise au ban qui se profile, dans un milieu bien plus réactionnaire qu’il ne se donne à voir, dès lors qu’est dépassée la limite tacite. Exclusion sociale, moquerie et pitié, quelques retours de bâtons pour celui qui n’affronte l’existence qu’armé d’adjuvants chimiques. Mais celui-ci, tout entier dédié à sa dépendance, ne sent même plus le reniement de son milieu. L’héroïne aura soufflé notre héros. 

Buy the Book
Suite(s) impériale(s)

Empruntant son titre à un album d’Elvis Costello, Suite(s) Impériale(s) est le roman par lequel Bret Easton Ellis tire sa révérence de la littérature – pour se consacrer au cinéma, au bon vin et autres plaisirs sophistiqués. Avec ce roman, qui reçut un accueil timoré de la critique, il accouche d’une suite à son premier écrit, Less Than Zero après vingt-cinq années. Suite(s) Impériale(s) n’a peut-être pas la force narrative de American Psycho ou Lunar Park et fleure bon la petite musique d’une formule trop maîtrisée par moment. Mais ce roman donne au lecteur toutes les clés pour envisager l’œuvre monumentale du maître américain dans sa globalité, mieux comprendre son monde de fiction, replonger en fin connaisseur dans une littérature dont il reste le seul représentant. 

Lire Suite(s) Impériale(s), c’est un peu relire la bibliographie de Bret Easton Ellis, c’est pénétrer plus intensément la voix profonde de son œuvre, en toucher la quintessence. L’on suit Clay, la quarantaine passée, lors de son retour à L.A. Julian, Blair, et Rip, ses potes de Moins que zéro – où ces jeunes yuppies trompaient leur ennui fait de débauche et de luxe en s’amusant avec un cadavre trouvé par hasard dans une propriété de L.A. – sont toujours là. Les protagonistes, vingt-cinq ans plus tard, répètent les mêmes comportements, et les mêmes gestes rythment leur existence vide, aucune évolution semble-t-il, aucune raison de vivre, si ce n’est jouir momentanément en des crises sporadiques dans de brèves entrevues de la vie réelle permise par la perte d’effets de substances en tout genre. Drogue. Drogue. Drogue. Clay se met à fréquenter une jeune actrice en quête de rôles. Il loue alors une suite tandis que le roman devient progressivement glauque et sordide, montrant sans complaisance l’envers d’un décor de carton-pâte, celui du rêve américain. Comme une utopie qui aurait mal tourné. 

Ce qui fait la valeur d’Imperial Bedrooms, c’est qu’il se fait la synthèse de l’univers que Bret Easton Ellis n’as eu de cesse de mettre en place depuis son entrée en littérature. On y retrouve la dimension fantastique esquissée par Lunar Park et la perte du sentiment de réalité causée par une consommation excessive de drogues. La paranoïa du narrateur met continuellement en doute les impressions suggérées jusqu’à « déréaliser le réel » par une surabondance de détails dont l’insignifiance vient souligner le vide (noms de marques, de personnalités, tubes musicaux, personnages interchangeables…). 

Le monde mis en scène par Easton Ellis n’est que surface, les actions ne surnagent que comme des feintes ou des simulacres et la vie est cette farce grinçante ou terrible. L’excès outrancier et l’amoncellement d’informations factices opèrent un appauvrissement de toute réalité. Le monde du paraître, malgré ses stimulations incessantes par le sexe, la drogue ou la torture, reste stérile et aseptisé, à jamais clos sur lui-même.

Buy the Book
Misérable miracle

Dans Qu’est-ce que la littérature ?, Sartre désigne la poésie comme l’art du poète d’envisager le monde comme inversé, allongé au sol et scrutant la face cachée des choses pour réinventer le réel et décaler notre regard. Henri Michaux, peintre, écrivain et poète de son état, applique assez littéralement le conseil en se mettant à l’envers... à la mescaline ! La substance hallucinogène aux effets synesthésiques est de fait l’un des pêchés mignons de Michaux qui précède là – en bon trendsetter – l’euphorie des sixties pour les psychédéliques en tous genres. Paru en 1956, Misérable Miracle (sobrement sous-titré « La Mescaline ») se fait le journal de bord – agrémenté de dessins et documents manuscrits – des hallucinations d’un auteur qui plonge le lecteur dans les méandres d’un monde nouveau, aux confins de la perception et de l’imagination. 

Au travers de ses états et dérives, Michaux chronique sa soumission à une substance dont les effets décuplent sa présence au monde, l’initiant à un langage nouveau mais affectant à chaque prise l’équilibre psychique du poète. Misérable Miracle, qui initie chez Michaux un cycle littéraire dédié aux drogues (L’Infini Turbulent, Connaissances par les gouffres, Les Grandes Épreuves de l’esprit) est un documentaire, celui de l’expérience d’une extension du rapport sensible au monde qui fait éclater les frontières admises du connu. Misérable Miracle est oeuvre de poète, d’un poète conscient des connotations sociales charriées par sa proximité aux paradis artificiels : « Aux amateurs de perspective unique, la tentation pourrait venir de juger dorénavant l'ensemble de mes écrits comme l'œuvre d'un drogué. »

Buy the Book
Morphine

Peu de montées (ou alors en pente douce) mais des descentes en mode piste noire, escarpées et sournoises. Cette longue nouvelle au titre programmatique est signée Mikhaïl Afanassievitch Boulgakov, médecin et plume soviétique décédé à l’âge de 48 ans, passé à la postérité avec son inclassable roman Le Maître et Marguerite, oscillant entre fiction réaliste et envolées fantastiques bien perchées. Il faut dire que Morphine, qui décrit la lente agonie d’un jeune médecin de campagne dépressif s’abandonnant aux affres de la morphine sous les yeux d’une infirmière impuissante, a quelques accents autobiographiques pour cet homme tourmenté, qui puise d’ailleurs de longs passages de Morphine dans son premier roman, jamais publié. 

Confronté à la solitude, à l’incommensurable vide des steppes et à un ennui profond, le narrateur tient le journal de sa longue descente aux enfers, jusqu’à ce que les doucereux bras de morphine se referment sur son libre-arbitre, pour le conduire aux confins de la folie. À mi-chemin entre La Mort d’Ivan Ilitch de Tolstoï et La Faim de Knut Hamsun, Morphine se lit comme une sombre méditation métaphysique sur l’ennui, la perte du sens et la valeur d’une vie humaine dont les uniques stimulations coïncident avec les prises rapprochées. La lecture de ce bouquin vous vaccinera à jamais contre la tentation des drogues : le pendant Morphinique du best-seller En finir avec la cigarette d’Allen Carr, talent littéraire en plus !

Buy the Book
Un hiver à New York

Ecstasy, morphine, MDMA, mescaline, cocaïne… on en aurait presque oublié le crack dans cette stupéfiante liste. La cocaïne du pauvre est pourtant un poncif de la littérature américaine et de ses clochards célestes : Clegg, McCan, Bukowski, Miller et... Lee Stringer. Cet écrivain, disciple de John Fante et de son double littéraire Arturo Bandini dans sa prétention à n’écrire que sur des expériences vécues (et donc une propension assez dangereuse à expérimenter des faits romanesques), nous livre avec Un hiver à New York un écrit déstabilisant, entre reportage en immersion et autobiographie. « On aime tous fumer. Mais personne n’aime s’approvisionner », le roman tient dans cette formule lapidaire et déprimante : Stringer nous fait la chronique de ses répétitifs stratagèmes pour gagner de quoi remplir sa pipe de crack le soir venu (vendre des canettes vides la plupart du temps). 

On le suit dans les périls de sa vie de homeless, on se confronte à la violence de la rue, aux rixes entre clochards et aux sales tours des dealers. Jusqu’au jour où Stringer découvre au crayon avec lequel il bourre sa pipe un autre usage : l’écriture. S’amorce alors le récit d’une longue rédemption par la littérature ; Stringer n’écrit sur rien d’autre que son quotidien mais son addiction pour le crack est progressivement remplacée par l’urgence d’écrire et de raconter. Il remonte alors la pente de la rue par de petits boulots pour des rédactions de bas étage (dont Street News, revue qu’il vendait en tant que sans-abri) et quitte peu à peu sa vie de crack-addict : « À partir de ce moment là, j'avais quatre choses à faire chaque jour : trouver du fric, dégotter la came, me défoncer et écrire. Finalement, j'ai laissé tomber les trois premières. »

Buy the Book
Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme

Dans le monde des lettres, il y a deux types d’hommes. Ceux qui jeunes hommes se projettent comme artistes et ceux qui voient en eux un junky en puissance. N’est pas Joyce qui veut (est-ce vraiment enviable ?) et c’est le deuxième terme de l’alternative que Bill Clegg semble avoir choisi dans ce livre autobiographique qui dépeint, en 250 pages d’une intensité rare (speed oblige), sa rechute dans l’enfer du crack. 

La première prise, et le pourquoi du comment, tel est le sujet de ce récit clinique qui tente de sonder l’enfance chaotique de son auteur pour y discerner le motif de cette autodestruction consciente, et volontaire, à l’opium du bas peuple. Variation sans fin sur ce moment où tout bascule, le récit se concentre ensuite sur l’instant d’une fatale rechute alors que l’auteur, golden boy ayant tourné le dos à ses vices et démons, retombe un soir dans la spirale infernale. Le cycle reprend là où il s’était interrompu et, durant quelques semaines dont Clegg nous fait l’atroce récit, il vient éprouver une sensation qu’il pensait avoir oublié : le manque. Le vide, le manque, le désir sans objet, le froid au palpitant… pas grand chose qui ne fasse rêver dans cette autobiographie sous influence d’un sujet réduit en esclavage par ce qu’il pensait avoir vaincu. 

N’imaginez pas pourtant Bill Clegg, revenu de l’enfer dix ans après ces semaines de calvaire qui le virent se calfeutrer, couvert de honte et de culpabilité dans des motels miteux et des cliniques rustiques, se faire l’apôtre de la morale et prendre ce livre pour confessionnal. S’il y a rédemption dans Portrait d’un Fumeur de Crack en Jeune Homme, c’est une rémission toute personnelle d’un homme qui a échappé au pire et qui tente de comprendre, méticuleusement et armé d’une grande sincérité, les raisons profondes de son geste, et celles qui l’ont soustraient à la tourmente. Puisque, enfer terrestre, son bourreau aux amphétamines reste le compagnon d’infortune avec lequel il aperçu l’extase céleste. Éternelle schizophrénie d’un sujet sous influence qui décrit sans pathos, d’une écriture dépouillée et directe, deux mois de sa vie. 

Buy the Book
Nouvelles sous ecstasy

La présence de Frédéric Beigbeder dans cette sélection n’étonnera pas ceux qui se souviennent de cet épisode (que l’auteur en quête de rédemption décrit dans Un Roman Français) au cours duquel le quadra s'en mit plein le pif sur le capot d’une voiture en plein Paris. Ce sont pourtant pour d’autres faits d’armes que l’on retiendra Frédéric Beigbeder – dont l’oeuvre a tendance à suinter les acides en tous genres – dans ce ce panthéon subjectif de la littérature sous influence. 

Paru en 1999, ce recueil de nouvelles nous plonge dans un décor fait d’opulence de substances, de défonces à la MDMA, de nuits (et de talons) sans fin, de péripéties drôles, absurdes et vaines. On rit beaucoup dans ces pages sans conséquence que nous propose un auteur initié qui se sert de la drogue comme d’un motif (et d’un état) à même de faire éclater le vraisemblable, d’invoquer la fantaisie et de décoller du réel. On y croise donc des couples SM qui vont (un peu) trop loin, des demandes en mariage inconsidérées, des montées démentielles et des descentes en PLS. Ce Beigbeder défoncé accouche là d’un livre réjouissant et provocateur, plein de malice et de second degré. Et bien sûr, en fils de bonne famille, il ne manque pas de nous avertir des dangers de l’acide. À vos risques et périls. 

Buy the Book

Commissaire d'exposition et cofondateur du collectif BLBC, Arnaud Idelon est avant tout un grand passionné de lecture à la recherche de la moindre pépite, culte ou méconnue.

0 Comments

Please log in or sign up to join the discussion