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Laissez le Cameroun réchauffer votre bibliothèque !

Pour commencer, je vous fais un aveu : le rayon « Cameroun » de ma bibliothèque est bien maigre ! Ne faites pas vos yeux étonnés ! Pour un pays où il n’existe pas de distributeur de livres digne de ce nom, ce n’est pas une information du tout. Donc tout le monde se débrouille dans les « librairies par terre », et par terre, ce que vous trouvez, c’est essentiellement de la littérature étrangère. 

Mon deuxième aveu viendra, j’en suis sûr, vous rassurer : ces livres sont bien de délicieux morceaux de littérature camerounaise ! 

J’espère que ce choix de livres vous donnera une irrésistible envie de Cameroun. Si j’ai réussi mon affaire et qu’un jour vous passez par Bafoussam, faites-moi signe ! Allez, on se dit à bientôt ?

Sais-tu où va le soleil ?

« Parcourir les chemins en pensée / Passer les frontières en rêve / Et vivre dans l’ailleurs sans bouger de chez soi. » Ces mots sont du poète camerounais Kouam Tawa, qui vit à Bafoussam, sa ville natale. Il signe les poèmes qui cheminent aux côtés des magnifiques peintures de Marion Lesage et contribuent à faire de ce carnet de voyage mieux qu’un bijou ciselé par le plus talentueux des orfèvres : une œuvre d’art. Tout est à sa juste place, les mots, les couleurs, les formes savamment négligées pour susciter la réflexion profonde, pour soulever de la poussière de rêves que seuls soulèvent les pas de ceux qui marchent, pour emmener le lecteur en voyage. L’immobile, riche et nécessaire voyage que l’on fait dans sa tête, sans avoir nul besoin de bouger de chez soi. Ce livre est un présent précieux fait par deux rêveurs debout, deux voyageurs permanents.

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Mission terminée

Paru à Paris en 1957, le livre du Camerounais Alexandre Biyidi Awala, plus connu sous ses noms de plume Eza Boto (pour le roman Ville cruelle, 1954) et, surtout, Mongo Beti, est un roman écrit sans aucune arrière-pensée politique. Ce qui est un fait à souligner dans l’œuvre de cet écrivain majeur, l’auteur de Main basse sur le Cameroun, un réquisitoire contre les crimes d’Ahidjo, premier président du Cameroun, avec l’appui du colonisateur français. Mission terminée raconte l’aventure de Jean Marie Medza, le jeune héros qui vient de rater son baccalauréat. Il quitte la ville à bord du véhicule du Grec Kritikos, qui est une sorte de « longue caisse roulante ». Parvenu après de nombreuses péripéties au village, le patriarche Bikokolo lui confie la délicate mission de ramener au village l’épouse de son cousin Niam, partie se réfugier à Kala, son village maternel après une brouille avec son mari. Avec comme moyen de déplacement sur des routes qui sont une succession de nids-de-poule, la bicyclette du chef de canton. Commence alors pour l’adolescent un incroyable voyage dont il sortira changé.

Le Vieux Nègre et la Médaille

Voici certainement le roman camerounais le plus connu ! Paru en 1956, le roman raconte un épisode de la vie coloniale sur un ton léger, cocasse (si on oublie le côté tragique de l’histoire), avec une écriture fluide. Le héros du roman s’appelle Meka. Ses deux fils sont morts à la guerre pour la France, la puissance occupante, et il a « offert » les terres de ses ancêtres à la mission catholique du Père Vandermayer. A l’approche de la fête du 14 juillet, il a reçu une convocation du commandant Blanc, Gosier-d’Oiseau : une médaille honorifique venue de Paris doit lui être décernée ! Sa femme Kelara, sa famille et la communauté de Doum le soutiennent au cours des préparatifs : achat de nouvelles chaussures et de costume. Malheureusement, les choses ne se passent pas bien le jour de la décoration. Mouillé jusqu’aux os et humilié, Meka se retrouve momentanément en cellule, précipité à l’intérieur par un grand coup de pied aux fesses. Ce roman décrit la tragique réalité de la colonisation.

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Les Bimanes

Les Bimanes est le premier recueil de nouvelles écrites à l’intention de la jeunesse par Séverin Cécile Abega dans les années 1980. Dès la lecture du titre, on sait que l’auteur a fait un choix, celui de défendre les petites gens, les laissés-pour-compte, ces Bimanes qui se servent de leurs deux mains pour se sortir de la pauvreté. Ces petites gens qui, malgré les difficultés, mettent un point d’honneur à garder leur dignité. Comme le vieux Tchakarias qui, dans la nouvelle « Le Fadeau », gagne péniblement son pain mais refuse les présents du grand fonctionnaire tombé sous le charme de sa fille. Ces petites gens dont la volonté de réussir est ferme, comme Mbah qui, après ses journées à vendre des objets récupérés dans les poubelles tient à apprendre à lire et à écrire. Ces petites gens aussi qui prennent leur revanche, tel Garba qui refuse de vendre le soya (viande grillée) aux infirmiers qui n’avaient pas voulu le soigner à l’hôpital quelque temps auparavant, alors qu’il s’était tailladé le doigt. Ce livre est un éloge de l’humilité, un bel hommage aux gens de peu.

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Les Maquisards

Peu de romans ont été consacrés aux massacres perpétrés contre les peuples colonisés durant les guerres d’indépendance par le colonisateur français. Le roman d’Hemley Boum en est un. Il raconte en particulier le maquis tel que vécu en pays Bassa, le combat du leader de l’Union des Populations du Cameroun (U.P.C), Ruben Um Nyobe, encore appelé le grand Mpodol (« porte-parole » en bassa), sauvagement assassiné en septembre 1958 par l’armée coloniale française. C’est d’ailleurs, peut-être, une limite de ce très beau roman de ne pas vraiment parler (aussi) du maquis en pays Bamiléké. Celui-ci fut, après l’indépendance, combattu avec une brutalité inhumaine par le régime sanguinaire d’Amadou Ahidjo, premier président du Cameroun, en complicité avec la France. Nous parlons là, en fonction des sources, de dizaines de milliers ou de centaines de milliers de morts ! Ce roman est un hommage magnifique à Um Nyobe, à son combat pour l’indépendance réelle du Cameroun. Combat perdu, pour l’instant…

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Nous, enfants de la tradition

Elu « aîné de la famille » à l’âge de douze ans, Osele, le héros, ignore encore quel sera le poids de la charge déposée sur ses fragiles épaules, sans son avis, avec une légèreté déconcertante et malsaine. Envoyé en France pour poursuivre des études à l’issue desquelles il deviendra ingénieur, Osele doit porter sur son dos une trentaine de personnes demeurées au Cameroun. Son animal totem n’est-il pas l’âne ? Cette situation est insupportable pour Hélène, son épouse française, qui divorcera. Ce récit de Gaston-Paul Effa raconte avec des mots justes le calvaire que vivent les Africains qui ont une situation, obligés de s’oublier pour vivre pour les autres. Il parle aussi de la difficulté de faire cohabiter deux univers, deux visions du monde opposées, l’une intégrant la famille, la communauté et l’autre, célébrant l’individu.

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Zanzibar Epeme Théodore et les têtes brûlées

Mort en 1988, Théodore Epeme alias Zanzibar fait toujours autant parler de lui. La preuve : cet essai consacré à l’ancien chanteur et surtout soliste des Têtes brûlées, groupe mythique de bikutsi par l’essayiste Joseph Fumtim et le poète Anne Cillon Perri. Ce génie de la guitare des années 1980, mort à 26 ans, est considéré par certains comme le meilleur soliste camerounais du vingtième siècle. Né dans une famille de paysans pauvres à Okola, un petit village de la région du Centre Cameroun, Zanzibar s’intéresse dès son plus jeune à la musique. Très tôt, il quitte l’école, contre l’avis parental, et devient momentanément « motor boy » parce que sa mère qui le destine à un métier de chauffeur de taxi estime que cette profession le nourrira plus sûrement que la musique qu’il embrasse. Zanzibar finit par quitter définitivement la maison familiale à seulement quatorze ans pour suivre sa passion. Des années plus tard, après de nombreuses difficultés, Zanzibar se taillera un nom à la mesure de son talent inégalé jusqu’à lors. La mort de celui qui aura révolutionné le bikutsi reste un mystère que tentent d’élucider tant bien que mal les deux auteurs. Cet essai est une belle contribution à la réflexion sur l’histoire de la musique camerounaise.

Walaande

Depuis sa parution en octobre 2010, le roman de Djaïli Amadou Amal, originaire de la ville de Maroua et premier écrivain femme du Nord-Cameroun, a connu un véritable succès : plus de 10 000 exemplaires vendus ! Ce qui est très rare dans un pays où les éditeurs de littérature tirent généralement à 500 exemplaires, qu’ils ne parviennent même pas à écouler. Le succès de ce roman est dû, en partie, au thème que l’auteure traite : la polygamie, qui est très courante dans cette région du pays où la religion musulmane est ultra majoritaire. L’histoire se déroule à Maroua et raconte la vie d’un foyer polygamique plutôt à l’abri du besoin. L’époux se comporte en véritable dictateur, réservant le droit de répudier à sa guise. Les quatre épouses, Sakina, Aïssatou, Nafissa et Djaïli vivent chacune dans l’angoisse d’être répudiée et dans la solitude de l’attente de son tour de partager les nuits de leur mari. Les scènes de jalousie et les coups bas sont le lot quotidien de ces quatre femmes qui meurent à l’intérieur, dans le secret. Avec des mots justes, l’auteure raconte la complexité d’un phénomène tragique qui résiste à l’usure du temps.

La’akam

Cet épais livre de Léon Kamga est résolument une mine d’or pour qui s’intéresse aux us et coutumes du peuple Bamiléké et même à ses origines - égyptiennes, d’après l'auteur. Les Bamiléké font donc partie d’un ensemble de peuples descendus d’Egypte, dont les Bamoun et les peuples établis à Bamenda, Nkambé, Mamfé et Wum, tous reconnaissables à l’importance qu’ils accordent aux sept rites du ndop : le vin de raphia, le ndindip (zingibéracée aframonum), l’arbre de la paix (dracaena deistelina), la kola, le double ngong, le tissu de Ndop et le balai de queue de cheval. Le peuple Bamiléké, à la culture très riche et encore si vivante, est établi dans la région de l’Ouest Cameroun, même si on le retrouve dans toutes les parties du pays et partout à l’étranger.

Alain Serge Dzotap est né le 18 septembre 1978 à Bafoussam au Cameroun. C’est sûr. Par contre, il ne sait pas à quelle heure. Ses premières histoires, il les lit dans ses livres d’école primaire. ... Show More

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