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Frémissez avec ces 9 classiques de la littérature gothique

C’est en étudiant, en cours, Le Château d’Otrante et Le Vieux Baron anglais, que j’ai compris que les premiers romans gothiques ne surfaient pas sur les incestes ou les sacrifices animaliers, qu’ils ne reposaient pas non plus sur des personnages assoiffés de sang qui appellent Satan ou qui reviennent d’entre les morts. 

Dans les romans gothiques primitifs, le château ou l’abbaye est le centre de l'action. On se perd dans les dédales, les couloirs, les escaliers sans fin, et les personnages fuient l'objet de leur peur. Souvent, c'est sur fond d'histoire d'héritage, d'amour, de succession au trône ou de transgression morale que les relations entre les personnages se greffent à l'intrigue surnaturelle. Osez donc plonger dans les sombres récits de ces neuf grands classiques de la littérature gothique.

Le Champion de La Vertu, Ou Le Vieux Baron Anglois: Histoire Gothique

Sir Philip Harclay retourne en Angleterre après plusieurs années d'absence. Il comprend que son ami d'enfance Lord Lovel est mort, et que le château est passé de mains en mains. Cependant, une partie du château attire l'attention de Phillip : elle est abandonnée et les pièces semblent cacher des secrets. Plusieurs révélations surprenantes mènent à un duel judiciaire, car il semble bien que la mort de Lord Lovel ne soit pas naturelle. À qui revient donc le château ?

Si Horace Walpole a fondé le genre avec Le Château d'Otrante, Clara Reeve a contribué avec Le Vieux Baron anglais (1777) à fixer les règles d'écriture du roman gothique.

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Oeuvres Completes de Henri de Latouche. Le Petit Pierre

Publié pour la première fois en 1793, traduit en français en 1795, c'est une chance que de pouvoir le lire car il n'avait pas été réédité depuis cent cinquante ans.

Le Petit Pierre cache son jeu. Il est un esprit maléfique qui se charge de conseiller le dernier descendant d'une famille noble, afin de précipiter sa ruine. Un peu à l'image d'une tragédie, cette histoire ne peut que mal finir.

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Le Moine

Ce livre marque une autre étape dans la construction du courant : le gothique sexuel, sombre et peu appétissant (mais terriblement envoûtant) que l'on retrouve sous d'autres formes chez Poe. Le Moine (1796) est de loin le plus sulfureux des ouvrages proposés ici – ce fut aussi un des livres de chevet du marquis de Sade. Coïncidence ?

Matthew Lewis se sert de son abbaye et du franchissement de la morale pour développer le surréalisme et tout ce qui fait de ce roman une œuvre gothique : l’omniprésence du château, l’obscurité, l’inquiétude, la présence d’éléments surnaturels... Si dans les autres œuvres les personnages courent dans les dédales de pierre, ici, ils sombrent dans leur propre abîme psychologique. C'est aussi au travers des incestes, des viols, des parricides que Lewis critique ouvertement l'hypocrisie religieuse, qui à cette époque promulgue un devoir de pureté, d'honnêteté et surtout, censure les plaisirs charnels.

Résumer cette œuvre est une opération compliquée car plusieurs récits s'imbriquent. C'est d'abord l'histoire d'Ambrosio, un jeune moine droit et honnête, mais qui tombe dans le vice et la tentation de la chair après avoir rencontré Antonia. C'est aussi celle de Lorenzo, amant d'Antonia qui découvre que sa sœur a été offerte à un couvent. Les personnages sont à fleur de peau et le roman est incandescent. 

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L'Italien, ou Le confessionnal des pénitents noirs

Comme la très grande majorité des ouvrages de cette époque, le titre comprend un sous-titre : L'Italien ou Le Confessionnal des Pénitents noirs (1797). Et c'est encore une fois d'une histoire d'amour qu'il s'agit. Le jeune comte Vincenzo de Vivaldi voit Elena Rosalba et, un peu à l'image de Roméo et Juliette, leur amour est rendu impossible : les parents de Vincenzo voient d'un mauvais œil ce début d'idylle, Elena n'étant pas l'héritière d'une grande famille. Un soir, tandis que Vincenzo va sous les fenêtres de la maison d'Elena, un mystérieux moine l'avertit des terribles conséquences qui suivront s'il continue à vouloir voir la jeune fille. L'avertissement se révèle juste, Elena est enlevée et emportée dans un couvent...

L'Abbaye de Northanger

Comme dans Orgueil et Préjugés, Jane Austen met au service de la littérature une plume aiguisée : Northanger Abbaye (1817) est une parodie (bienveillante ?) des romans gothiques. Sa lecture est bien plus délicieuse si on a déjà lu quelques romans gothiques auparavant.

C'est l'histoire de Catherine Morland qui n'est ni jolie, ni intelligente, ni gracieuse, qui ne sait jouer d'aucun instrument, qui n'a pas de grande qualité et qui n'est pas très riche. Un jour, elle s'intéresse à la toilette, devient féminine et plus attrayante. C'est alors qu'elle est invitée par des voisins de ses parents, Mr et Mrs Allen, à séjourner avec eux pendant quelques semaines dans la ville de Bath, à l’époque très prisée de la bonne société anglaise.

Arrivée à Bath, Catherine fait la connaissance de Henry Tilney, que lui présente Mr King, maître des cérémonies des Lower Rooms de Bath. Catherine et Isabella partagent le goût de la lecture et surtout, des romans gothiques, thème qui compose une grande partie de leur conversations. Évidemment, cette amitié décline à cause d'une histoire d'amour imprévue.

Jane Austen parle ouvertement du roman gothique, allant jusqu'à donner des titres, et implicitement, son avis: ils sont un peu passés de mode, et lire ces derniers témoigne à ses yeux d’une certaine faute de goût. 

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Frankenstein

Frankenstein (1818) n'est pas à proprement parler un roman gothique – il est plutôt fantastique. Je le classe quand même dans cette liste de lecture car il reste un des terreaux de l'imaginaire collectif lorsque l'on prononce le mot « gothique ».

Au moment de sa publication, le gothique de Walpole est déjà un peu passé de mode. Ici, on franchit véritablement la frontière du fantastique pour réinventer le mythe de Prométhée – qui explique le sous-titre. Mary Shelley se sépare du merveilleux gothique, et soustrait l'horreur à la terreur. La confrontation entre l'imagination et la raison se cristallise au cœur du monstre que crée le docteur Frankenstein et le gothique devient la représentation du mal humain. Si l’œuvre est largement connue, on a tendance, à mon sens, à oublier toute la délicatesse, la sensibilité et les profondes réflexions du personnage principal. Cet extrait est une bonne mise en bouche : « Tout en lisant d'ailleurs, je faisais de fréquents parallélismes avec mes propres sentiments et ma propre condition. Je me trouvais semblable et en même temps étranger aux personnages de mes lectures et ceux dont j'écoutais les conversations. Je sympathisais avec eux et je les comprenais en partie mais je n'avais pas l'esprit clair ». 

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Melmoth

Ce livre, publié en 1820, se construit par l'emboîtage de plusieurs récits. Une des histoires commence ainsi : Melmoth rencontre Immalie, jeune femme espagnole qui vit sur une île près de l’Inde. Après quelques temps passés ensemble, cette dernière raconte comment elle fut sauvée par sa nourrice, lors d’un naufrage, alors qu’elle n’était âgée que de cinq ans. Assez simplement, la jeune fille s’éprend de Maturin, et ne supporte pas que ce dernier disparaisse sans raison apparente pendant plus d’une semaine. Lorsqu’ils se revoient, Melmoth est touché par l’amour qu’on lui porte pour la première fois. Un événement surnaturel survient, et Melmoth supplie Immalie de ne plus l’aimer. C’est un échec. Cinq années s’écoulent entre cette dernière rencontre et la suivante, en Espagne...

Les époques historiques s'encastrent, créant un rythme d'écriture enivrant, et peu à peu, on sombre dans la folie et l'étrange. André Breton, grand amateur de romans gothiques a écrit : « Le génie de Maturin est de s’être haussé au seul thème qui fût à la mesure des très grands moyens dont il disposait : le don des noirs à jamais les plus profonds, qui sont aussi ceux qui permettent les plus éblouissantes réserves de lumière. Il tenait l’éclairage voulu pour appeler à s’y inscrire le problème des problèmes, celui du mal. » 

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Pauline

Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas. La fiction repose sur les thèmes du roman gothique : il y fait sombre, on évolue entre les ruines et les passages secrets, en faisant face à de terribles et mystérieux persécuteurs et évidemment, on craint pour l’héroïne. Comme Antigone, Pauline se fait enterrer vivante, puis découvre un monde qui lui était alors inconnu : l'amour. Et l'être aimé n'est pas rassurant, loin de là : « Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n'est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d'ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N'ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre : tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d'une agonie lente et douloureuse. Dans l'un et l'autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte. » 

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La Chute de la maison Usher et autres nouvelles

Dans cette nouvelle, un manoir influence les personnages. Le narrateur arrive chez son ami Roderick Usher, après avoir reçu une lettre dans laquelle il se plaignait de maux de tête incessants. La sœur de Roderick est elle aussi très mal en point. De fait, les deux hommes descendent cette dernière dans la cave du manoir... Courte, La Chute de la Maison Usher (1839) nous reste en mémoire et arrive en peu de temps à nous effrayer vraiment. C’est, selon moi, la seule nouvelle de Poe à ascendance gothique, bien qu’elle se fonde dans son univers : des nouvelles inquiétantes, fantastiques, mêlant les morts et les vivants, toujours au bord de l’horreur. 

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Signalons enfin ce trésor épuisé : Le Mystérieux Avertissement, d'Eliza Parsons. Cet ouvrage a fait fureur à l'époque, et si vous le lisez, vous serez au top de la tendance 1795 ! Le bon roi Renaud est mort et il s'avère que son successeur sera son fils aîné Rodophil, simplet, voire dégénéré. Auparavant, Renaud avait aussi déshérité son autre fils, Ferdinant. Le cœur généreux, Rodophil promet à son frère et son épouse de partager la fortune dont il va hériter, lorsqu’il se met à entendre une mystérieuse voix qui l'alarme : il faut qu'il s'éloigne de son frère et de sa belle-sœur le plus rapidement possible pour garder la vie sauve. Ainsi, on suit les aventures de ce héros guidé par une voix, jusqu’à la découverte d’une terrible vérité. 


Illustration de couverture extraite du film La Chute de la maison Usher de Roger Corman (1960)

J'aime tout ce qui touche au fantastique et au surnaturel. Je m'intéresse aussi à tout ce qui, a priori, ne sert à rien, mais qui nous sauvera dans vingt ans.