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De l'autre côté du périf : 7 regards sur les cités françaises

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De Orly à Aubervilliers en passant par Grigny et Aulnay-sous-bois. Paradoxes et stéréotypes, amour et haine, rêves et désillusions. Au delà des considérations urbanistiques, la ghettoïsation des cités françaises est également psychologique, le fruit pourrit d'un fantasme collectif flou dopé par le buzz médiatique. La peur de l'autre résulte bien souvent dans la méconnaissance de ce dernier. La haine nait de la peur, la compréhension de la connaissance. Et voici sept livres pour le prouver. Bonne lecture ! 

Parloir

L'un est écrivain, plutôt méconnu, la cinquantaine bien avancée et ne conserve plus qu'un intérêt limité pour de nouvelles émotions. C'est aussi un collectionneur de jeunes hommes, d'un nombre impressionnant de paumés en crise de croissance. L'autre, Kamel, est un enfant terrible de banlieue, sans métier, ivre de musique techno et de quelques drogues planantes. C'est un Beur, d'origine kabyle, dont la mère est née à Créteil. Tous deux se rencontrent "en bordure du Bois". Au-delà d'un premier rapport sexuel va s'installer tout doucement un réel attachement, une vraie tendresse réciproque. Mais après une violente dispute entre camarades de désoeuvrement, Kamel est incarcéré à Fleury-Mérogis pour "tentative de meurtre". Fidèle à une promesse qu'il s'est faite, le narrateur va se charger de protéger Kamel. Et de se retrouver alors, semaine après semaine, au Palais de justice, puis au parloir de la prison pour maintenir le lien avec son jeune amant et ami. Jusqu'à la sortie, jusqu'à la délivrance. C'est précisément ces visites, cependant que le narrateur poursuit son travail de création en écho, qui constituent Parloir. Avec tout ce qu'il y a de sordide, de violence grotesque, d'injustice et d'hypocrisie attachés à l'univers carcéral. Sur fond de barreaux, d'amour et d'amitié, Christian Giudicelli pointe crûment et pudiquement ce qui peut mener à la taule, ce qui peut en sortir également. Avec une phrase incisive, une émotion qui crève chaque page. --Céline Darner --Ce texte fait référence à l'édition Broché

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La danse de l'araignée

«Bavarder entre la banlieue parisienne et la prison argentine où se trouve mon père, c'est un peu comme du tir à l'arc - avec de l'exercice et un peu d'application, on arrive à atteindre le point de mire, l'endroit précis du calendrier où nous nous sommes donné rendez-vous. Il faut juste me laisser le temps de glisser ma nouvelle petite clé dans la boîte aux lettres métallique, attendre que je déchire l'enveloppe. Voilà, j'y suis». On retrouve dans La danse de l'araignée la tonalité légère et acidulée qui faisait tout le charme de Manèges - la jeune narratrice racontait alors son enfance en Argentine au temps de la dictature - comme du Bleu des abeilles, qui retraçait son arrivée en banlieue parisienne et l'apprentissage émerveillé de la langue française. Ici, c'est le temps de l'adolescence qui est évoqué. Ses bouleversements troublants et la correspondance régulière avec le père emprisonné tissent une toile subtile où présent, passé et imaginaire prennent tour à tour le dessus.

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Cocaïne

Né dans une cité de la banlieue parisienne, Tarek, garçon brillant et séduisant, est repéré dès le début de sa scolarité par ses professeurs. À dix-huit ans, grâce à une procédure d'exception, il intègre Sciences-Po sans concours. Constamment renvoyé à son statut de " minorité visible ", il choisit de se tourner vers ce à quoi son physique, son origine et les rues de son quartier, semblaient d'emblée le prédestiner : le trafic de drogue. Mais à la différence de ses camarades d'enfance, il a pour lui le bagage intellectuel acquis durant ses études. C'est ainsi qu'après avoir parfaitement intégré les notions d'offre et de demande, d'approvisionnement, de distribution et de gestion des ressources humaines, il conquiert le marché avec succès, aidé par son fidèle chauffeur-partner, Moussa. Lorsqu'il comprend pourtant, une fois son compte en banque bien rempli, que la pérennité d'une entreprise repose à long terme sur la mépris de la clientèle - en rognant sur la qualité du produit et en gonflant les prix - et plus encore sur la capacité à se débarrasser de la concurrence - y compris par des méthodes les plus expéditives - une certaine lassitude commence à s'immiscer en lui. Saura-t-il se reconvertir à temps ? Après avoir calculé son pouvoir de séduction sur l'échelle des notations financières, après avoir pleuré la perte de la fille qu'il aimait dans un faire-part de mariage, Christophe Mouton poursuit son obsession : subvertir les codes littéraires en y appliquant le langage souvent déshumanisé de la modernité. Cette fois, c'est au vocabulaire du management entrepreneurial qu'il s'est attaqué pour narrer l'ascension d'un jeune dealer de banlieue. En appliquant la terminologie de la gestion et du commerce à son récit, il revisite avec un humour cinglant le roman d'apprentissage. Quant au parcours sans faute de son héros, qu'il décrit comme un modèle d'auto-entreprise - voilà bien un constat provocateur qui semble gommer tout jugement moral. Pourtant le cynisme de certaines industries légales ne nous incite-t-il pas à adhérer à la même logique ? Car sous ses dehors ironiques et légers, Cocaïne est un roman très ambitieux, une véritable fresque sociale qui croque aussi bien, de la façon la plus mordante, le profil des " consommateurs ", que celui du jeune de quartier bénéficiaire d'une discrimination positive qui ne fait que le stigmatiser davantage. À la fois drôle et très bien vue, cette chronique pose la question de la liberté individuelle face aux déterminismes de tout poil, critique sociale qui ne nie pas ses influences balzaciennes.

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Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants ?

Le « jeune-de-banlieue », c'est l'ogre des temps modernes. Arabe mal rasé de 15- 35 ans vêtu d'un survêtement à capuche, il se promène avec un cocktail Molotov dans une main et une kalachnikov dans l'autre. Il fume du shit dans les cages d'ascenseur, il brûle des voitures ; il gagne sa vie grâce à des trafi cs de toutes sortes et en fraudant les allocations sociales. Sa sexualité consiste à violer les fi lles en bande dans des caves ; sa spiritualité, à écouter les prêches djihadistes de l'« islam- des-banlieues », dans des caves également. Il hait la France, l'ordre, le drapeau, et bien sûr, il déteste les Français (comprendre : « les Blancs »). Il aime le jihad et l'islamisme. Son rêve : partir en Syrie se battre aux côtés d'Al Qaïda, pour ensuite revenir en France commettre des attentats. Il ne serait donc pas étonnant que bientôt les parents disent à leurs enfants : « Si tu n'es pas sage, le jeune-debanlieue viendra te chercher. » La réalité est moins spectaculaire que le fantasme. L'ascenseur social étant en panne, seule une minorité de jeunes de banlieue, quantitativement marginale, arrive à s'en sortir : elle change de classe sociale et souvent, elle déménage de la banlieue pauvre. Le cocktail de cette réussite mélange la détermination, le talent, beaucoup de travail, et parfois la chance d'un « piston ». Symétriquement, seule une minorité, encore plus marginale, vit de trafi cs divers et de contrebande ; Une minorité plus marginale encore bascule, elle, dans l'adhésion au totalitarisme wahhabite ou salafi ste. Mais pour l'écrasante majorité, la réalité, c'est une galère de jeune pauvre urbain qui vivote et ne sortira pas du ghetto : 6 sur 10 avec un job mal payé et précaire ; 4 sur 10 au chômage.

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Fleur de béton

La jeune Rosa Maria rêve de soleil, d'amour, de calme. et de fuir la cité des 6000 où elle vit avec sa famille en région parisienne. En attendant ce grand jour, elle soupire en cachette pour le beau Jason qui ne la voit pas. Un incident avec la police provoque une émeute dans le quartier, qui précipite les destins des personnages. Un roman d'apprentissage qui oppose à la violence urbaine la force de l'innocence.

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La Guerre des banlieues n'aura pas lieu

De la cité, Peggy connait tout : la galère, la délinquance, la prison. Mais Peggy veut comprendre ce monde dans lequel il vit, alors il questionne sans cesse pour essayer de trouver du sens. Ses appels restent sans réponse. Pourtant, un jour, il rencontre l'Islam, c'est une révélation. Changement de nom, il devient Souleyman, changement de vie, il connait une véritable renaissance. Il porte alors sur la banlieue un tout autre regard et essaye de transmettre un message de paix et de tolérance. Comme une prophétie qu'il aimerait voir se réaliser, sans cesse il le répète : " la guerre des banlieues n'aura pas lieu ".

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Une année à clichy

Le 27 octobre 2005, deux adolescents poursuivis par la police trouvent la mort dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois. Ce sera le point de départ de ce qu'on appellera « les émeutes de 2005 » : de cette ville de Seine-Saint-Denis, elles se propageront bientôt à de nombreux quartiers de l'Hexagone, poussant Jacques Chirac, alors président de la République, à décréter l'état d'urgence. Dix ans après, Joséphine Lebard et Bahar Makooi décident d'arpenter Clichy-sous-Bois, le temps de saisir la réalité d'une ville qui n'a jamais vraiment quitté le feu des projecteurs et se méfie de ceux qui prétendent la cerner en quelques heures. Leurs chiffres à elles ne se limitent pas à ceux de la délinquance et du chômage. Une année à Clichy, c'est, entre autres, 790 marches à la cité du Chêne pointu, 625 tickets de métro et RER, 575 textos échangés, 420 minutes à attendre le bus, 33 MacDo, 25 kilomètres à pied de jour et de nuit dans la « forêt des bandits », 19 kebabs, 14 crises de larmes, 12 points de tricot à l'atelier du centre social, 5 jours au tribunal, 3 petits blancs à la Guinguette, 1 contrôle d'identité. En quatre saisons, les auteures dressent un portrait ni noir ni rose d'une commune symbole qui, pour reprendre les mots de François Hollande, « si elle est une ville pauvre n'en est pas pour autant une pauvre ville ». Angoissante lorsqu'on l'envisage depuis un lointain monticule, elle se révèle attachante et passionnante quand on s'y aventure. À Clichy, Bahar et Joséphine découvrent leur Wisteria Lane, le parfum d'une chanson de Nino Ferrer, un club de country, une guinguette de pêcheurs, un étang avec des oies bernache, « une France de carte postale entre Pagnol et Doisneau ». Clichy, c'est aussi Giscard, dit « ScarJ », un Clichois originaire de Kinshasa qui travaille dans. le diamant. C'est l'écrivain Éric Reinhardt, parti reconstruire Clichy dans l'imaginaire, et le maire Olivier Klein, son ami d'enfance, resté pour écrire la ville de demain. C'est le metteur en scène André Valverde et son théâtre, installé à quelques centaines de mètres du transformateur. Ensemble, une année durant, elles vont « vivre Clichy ». Clichy, une ville où, depuis 2005, on répète aux enfants : « Ne courez pas, ne courez pas ! » Alors bien sûr, quand en mars 2015 se tient à Rennes le procès des deux policiers mis en cause dans la mort de Zyed et Bouna, elles sont là. Pour eux, pour tous les Clichois, pour la Seine-Saint-Denis dont elles sont, elles aussi, les enfants.

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Jacques est un joyeux luron, explorateur des temps modernes et passionné de cultures urbaines.

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