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Comment parler de la mort aux enfants

C'est sans doute l'un des sujets les plus difficiles à aborder avec les enfants. Parce que nous ne possédons pas toutes les réponses et que certaines questions peuvent nous laisser un peu démunis. L’album ou le roman deviennent, dans ce cas, des medium efficaces pour expliquer ou suggérer, selon l’âge de l’enfant et la façon dont les parents souhaitent en parler.

Tout autour

L’auteure (et illustratrice) se remémore le décès de sa mère alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Une poésie sensible émane de chaque mot, de chaque trait. Suggéré plutôt qu’expliqué, le deuil est ici décrit avec émotion, sans jamais sacrifier au pathos. Cet album rare, bouleversant, débute avec le portrait d’un nourrisson enveloppé dans un tissu, dormant sur le cœur de sa mère. Une image de sérénité, qui rappelle le lien sacré des madones à l’enfant. Ilya Green a grandi au milieu des moutons et des champs, fabricant des bateaux de papier, frêles embarcations de son imaginaire. Allongée avec sa mère dans les herbes soyeuses, elle regardait les ombres que formaient les nuages en passant. Mais, un jour, une ombre est apparue sur la main de sa mère. Puis d’autres. Pourtant, les nuages ne glissaient pas dans le ciel. Les ombres venaient de la terre. Elles lui ont fait un corps de pierre et la terre l’a reprise. Les larmes de la jeune fille qu’elle était ont coulé longtemps. Puis un arbre a poussé. Où elle a senti la vie, et le parfum de sa mère. Ses larmes ont cessé. Elle venait se refugier dans les branches de l’arbre, y manger ses fruits. Quand les oiseaux sont partis, elle a éprouvé l’envie de les suivre, d’explorer le monde « tout autour ». Avec son bateau de papier, elle a traversé les océans, rencontré un enfant sourd et dessiné pour lui son histoire. L’enfant lui a demandé de continuer. Elle ne s’est plus jamais arrêtée… Au début de l’album, on reconnaît le style très personnel d’Ilya Green. Dans les dernières pages, pour dépeindre ce qui l’a conduite à l’illustration, les dessins adoptent une touche enfantine, avec de gros traits noirs, sans couleur. Un très bel hommage. À partir de 5 ans.

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C'est quoi la mort ?

La première confrontation avec la mort survient souvent avec le décès d’un animal. Dans ce cas-là, surgit très fréquemment une question plus délicate : la mort touche-elle aussi les humains, et donc les proches ? Dans cet album, Piccolo rentre de l’école et sa chatte Bergamote n’est pas là pour le saluer, comme à son habitude. Il la trouve allongée sur le lit. Quand il lui caresse le ventre, elle ne réagit pas. Le jeune garçon prend peur. « Bergamote est morte ! » s’écrie-t-il en pleurant. Sa maman le rassure. L’animal est simplement un peu patraque, il vient de recevoir un vaccin. Et, en effet, Bergamote reprend vite du poil de la bête ! Piccolo déclare que Bergamote est invincible, qu’elle ne mourra jamais. Sa maman s’assoit avec lui et prend le temps de lui expliquer que la petite chatte n’est pas immortelle. Quand il sera grand, elle ne sera plus là. Il faut le comprendre et s’y préparer, profiter de chaque bon moment en sa compagnie. Où elle ira quand elle sera morte ? demande Piccolo. Ils la mettront dans une petite boîte et l’enterreront dans le jardin. Quand ils passeront devant, ils penseront à elle. Sa maman lui confie qu’elle a eu un chien, prénommé Pistache, et qu’elle ne l’a jamais oublié. Piccolo prend une photo de Bergamote, pour en garder un beau souvenir. Vient ensuite la question : « Mais toi, Maman… tu seras toujours invincible et éternelle ? » En riant, sa maman bande ses muscles, et se dit très forte, pour son petit garçon chéri. Mais elle reprend son calme et lui explique que, dans très longtemps, quand il sera un adulte, elle sera une vieille dame et elle aura fini sa vie. C’est la loi de la vie. Tout le monde meurt. C’est aussi pour cela qu’il faut remplir son existence de bonheur. Le petit garçon conclut que c’est nul la mort et que, lorsqu’elle sera vieille, il prendra soin d’elle… Un album issu de la collection Piccolophilo (qui traite, par exemple, de ce qui est permis/interdit ; des erreurs ; du partage, etc.) pour accompagner les questionnements et raisonnements des plus petits, dès 4/5 ans. 

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Monsieur Pan

Si vous appréciez Kressmann Taylor, l’auteure du fameux Inconnu à cette adresse, voici l’occasion de la faire découvrir à vos enfants. Dans un décor zen, inspiré de l’Asie, Monsieur Pan pourrait incarner un sage. Pourtant, il redoute la mort plus que quiconque. Hypocondriaque refoulé, il guette le plus infime signe de maladie. Une ampoule sur la main ? C’est très certainement la lèpre ! Une quinte de toux ? Cette fois, tout est perdu, c’est la fin ! Mais la mort, capricieuse, s’empare de sa sœur. Il recueille et prend soin de ses trois neveux. Sa vie bascule, pour son plus grand bien. Trop occupé pour laisser libre cours à ses angoisses, Monsieur Pan retrouve le goût de vivre… Un album pour aborder la peur de mourir, et apprendre à la surmonter. Un sentiment que les enfants peuvent éprouver à la suite d’un deuil. À partir de 6 ans.

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La Maman de la maman de mon papa

Un petit lapin entend parler d’une personne appelée Bonnemaman. On lui explique que c’est la maman de sa mamie, son arrière-grand-mère. Il se dit qu’elle doit être « très-très-très vieille » puisque sa mamie est née à l’époque où la télévision n’existait pas encore… Le jeune lapin l’a déjà rencontrée quand il était tout petit mais il ne s’en souvient plus. Il voudrait la revoir. Les parents hésitent mais, face à l’enthousiasme débordant de leurs fils, ils finissent par accepter. Le père et le fils lui rendent visite. Bonnemaman ouvre la porte. Les yeux du père s’illuminent. La vieille dame s’approche et, comme elle ne peut plus se baisser, pose un bisou sur les oreilles du lapereau. Elle lui sert un chocolat chaud, « aussi grand que sa tête », remarque l’enfant. Le père bavarde un peu avec elle puis la vieille dame s’endort paisiblement. Père et fils regardent un film à la télévision. Le petit est tout excité. C’est la première fois qu’il a le droit de voir autre chose que des dessins animés ! En rentrant, le lapereau est ravi. Quelques mois après, le père apprend que « c’est fini ». Une larme coule sur sa joue. Le lapereau est un peu triste, mais pas autant que son père, car il la connaissait moins. C’est le voisin qui le garde pendant que ses parents assistent à l’enterrement. Plus tard, en classe, il repense à son souvenir heureux avec Bonnemaman… Toute l’histoire est racontée à hauteur d’enfant, de sa compréhension, et avec ses mots. Un album utile pour évoquer tout en douceur la vieillesse et le décès d’un aïeul. À partir de 3 ans.

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À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ?

Les parents se sentent parfois désemparés face aux questions de leurs enfants. En voici une pour le moins délicate. À laquelle essaye de répondre l’héroïne de cet album, en interrogeant ses proches, parents, grands-parents, frère, sœur, cousine ou copine. Chacun, bien entendu, a son avis. Les réponses qui fusent à la façon d’un inventaire de Prévert sont rafraîchissantes de spontanéité, et s’inscrivent dans l’expérience vécue du personnage. Elles sont parfois cocasses, touchantes ou déconcertantes. Ainsi, pour la petite sœur de l’héroïne, qui n’est encore qu’un bébé, ça sert simplement à faire des sourires. Aux yeux de sa tante, ça sert à bâtir un monde meilleur tandis que son cousin, qui s’habille en gothique, proclame que ça ne sert à rien ! Et, pour son grand-père, qui a fait tout ce qu’il projetait, ça sert à partir en paix... Ce documentaire illustré est conçu par une thérapeute pour enfants et adolescents. À partir de 7 ans.

Au revoir grand-mère

Un petit garçon apprend que sa grand-mère est morte. Mais il ne comprend pas ce que cela signifie. Sa maman lui explique, pas à pas. Concrètement, ça veut dire qu’on cesse de respirer, de manger. Elle lui rappelle que c’est ce qui est arrivé à leur chat. « Pourquoi les gens meurent ? » demande le garçon. Sans doute parce qu’il y aurait trop de gens sur la Terre, répond la maman. Personne ne sait où ils vont quand ils meurent. Certaines personnes pensent qu’on s’endort pour toujours, d’autres qu’on se réincarne, d’autres encore qu’on va au paradis, un endroit très beau… Un album conçu pour les tout petits, dès 3 ans. Les dessins sont simples et rassurants, comme le propos, qui reste ouvert à la diversité des croyances sur la mort. 

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Djô

Djô le petit singe jaune coule des jours heureux au cœur de la forêt. Il habite un arbre immense qui abrite toute la famille, frères et sœurs, cousins et cousines. Un matin, il se balade en compagnie des oiseaux, sautant de liane en liane pour les suivre. De la cime d’un arbre, il observe, fasciné, la silhouette d’un avion dans le ciel. Qu’il aimerait voler si haut ! Soudain, il se sent agrippé. Ses pieds décollent de la branche. Il est emporté par un aigle rouge ! Djô préférerait voler seul. Il se débat. L’aigle lâche prise. Djô chute dans le vide et atterrit dans une mare, parfaitement sauf. Le directeur d’un cirque qui vient d’assister à la scène l’embauche comme « singe canon ». Tous les soirs, Djô vole dans les airs, sous les bravos du public. Il se lie d’amitié avec le vieil éléphant Rabab, qui lui confie qu’il n’y voit plus très bien, qu’il voudrait retourner sur la terre où il est né. La nuit, les deux amis s’échappent. Le voyage est long, difficile. L’aigle rouge l’attrape dans ses serres : « Viens jouer avec moi », demande-t-il au petit singe. Mais Rabab a besoin de Djô. L’aigle comprend, et le redépose sur le dos de l’éléphant. Rabab raconte ses souvenirs à Djô qui écoute avec attention. Au loin, un chasseur les tient en joue. L’aigle s’empare du fusil. Djô le remercie. Ils parviennent au lac Tchika. De sa trompe, Rabab hume la douce odeur du lac, se laisse bercer par le clapotis de l’eau. Deux grosses larmes roulent sur ses joues d’éléphant. Le lendemain, les animaux se rassemblent près de Rabab, qui vient de mourir. Ses yeux semblent sourire. Djô dépose un baiser sur son front. Une existence s’éteint. Une nouvelle amitié, celle de Djô et de l’aigle, prend son envol. C’est la vie… Les couleurs vives des illustrations créent une atmosphère chaleureuse pour conter, à travers une histoire tendre, un cheminement paisible vers la mort : l’éléphant accomplit ce dernier voyage auprès d’un ami cher, il est satisfait de sa belle et longue vie. À partir de 4 ans.

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La Poupée de Ting-ting

Le deuil implique un travail de mémoire pour lequel la présence d’un objet (symbolique, doté d’une histoire ou d’une signification particulières) peut permettre de cultiver le souvenir. Dans cet album, une fillette prénommée Ting-ting s’aperçoit qu’elle a perdu sa poupée. Il ne s’agit pas de n’importe quelle poupée. Elle lui a été offerte par son père, aujourd’hui décédé. L’homme fabriquait dans son atelier des poupées aux joues rosies à l’aide de pétales de coquelicot. Ting-ting est désespérée. Et si sa mère l’avait vendue par mégarde au marché ? Sur le conseil de sa grand-mère, Ting-ting murmure sa peine au creux d’un vieux pin. À cet instant, passe dans le ciel un héron cendré qui empêchera la vente au marché. Ting-ting récupère sa poupée adorée… Un album qui convoque la technique du pastel et dont les élégants dessins ne sont pas sans rappeler les estampes japonaises. À partir de 5 ans.

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Marie et les choses de la vie

Marie et sa mamie, c’est une histoire d’amour ! Parce qu’elles se reconnaissent en l’autre. Même goût pour les balades dans le jardin. Même appétit pour les histoires racontées sous le cerisier. Même gourmandise quand il s’agit de savourer des douceurs. Mais, un jour, sa chère grand-mère s’effondre et plonge dans un long sommeil. Lorsqu’elle se réveille, elle a perdu la mémoire, et les mots. Marie essaye de la divertir et recouvre les murs de dessins. Quand son papi décède, Marie ignore l’interdiction des infirmières et accompagne sa mamie auprès de lui, pour lui faire ses adieux… La complicité, la chaleur de la relation entre la grand-mère et sa petite fille sont portées (voire transportées) par des illustrations foisonnantes, extrêmement sensibles, entre rêve et réalité. Elles servent de fil conducteur à un album qui évoque, avec délicatesse mais sans concession (Marie se plaint, par exemple, des mots « édulcorés » qu’emploient les adultes pour parler de la mort et les perçoit comme des « mensonges »), la vieillesse, l’hospitalisation, les diminutions physiques, et le décès d’un proche. À partir de 7 ans.

Perrine Parageau est titulaire d'un doctorat sur le récit d'enfance contemporain. Spécialisée en littérature de jeunesse, elle travaille pour l'édition et la presse écrite.

1 Comments

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Virginie Bloguiblogas
C'est une belle sélection. Mais je suis toujours un peu génée par l'idée d'utiliser un album pour aborder un problème dont on veut parler avec un enfant. 

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