We think that you are in United States and that you would prefer to view Bookwitty in English.
We will display prices in United States Dollar (USD).
Have a cookie!
Bookwitty uses cookies to personalize content and make the site easier to use. We also share some information with third parties to gather statistics about visits.

Are you Witty?

Sign in or register to share your ideas

Sign In Register

Avant « Le Tour du monde du roi Zibeline », cinq histoires vraies d’hommes qui voulurent être rois

Https%3a%2f%2fbookwitty.imgix.net%2fhttps%253a%252f%252fbookwitty.imgix.net%252fhttps%25253a%25252f%25252fbookwitty.imgix.net%25252fhttps%2525253a%2525252f%2525252fbookwitty.imgix.net%2525252fhttps%252525253a%252525252f%252525252fbookwitty.imgix.net%252525252fhttps%25252525253a%25252525252f%25252525252fbookwitty.imgix.net%25252525252fhttps%2525252525253a%2525252525252f%2525252525252fbookwitty.imgix.net%2525252525252fhttps%252525252525253a%252525252525252f%252525252525252fbookwitty.imgix.net%252525252525252fhttps%25252525252525253a%25252525252525252f%25252525252525252fbookwitty.imgix.net%25252525252525252fhttps%2525252525252525253a%2525252525252525252f%2525252525252525252fbookwitty.imgix.net%2525252525252525252fhttps%252525252525252525253a%252525252525252525252f%252525252525252525252fs3.amazonaws.com%252525252525252525252fuploads.bookwitty.com%252525252525252525252f90670939 270b 447d 8137 c6e4b987190b inline original.jpeg%2525252525252525253fixlib%2525252525252525253drails 2.1.3%25252525252525252526fit%2525252525252525253dmax%25252525252525252526w%2525252525252525253d570%25252525252525252526widths%2525252525252525253d%252525252525252525255b190%252525252525252525252c%2525252525252525252520580%252525252525252525252c%25252525252525252525201140%252525252525252525255d%25252525252525252526s%2525252525252525253ddf92e760f567fb71528b49a217f57ea3%25252525252525253fixlib%25252525252525253drails 2.1.3%252525252525252526fit%25252525252525253dmax%252525252525252526w%25252525252525253d570%252525252525252526widths%25252525252525253d%2525252525252525255b190%2525252525252525252c%25252525252525252520580%2525252525252525252c%252525252525252525201140%2525252525252525255d%252525252525252526s%25252525252525253d6b8a391d007933ed51c87f4c8ff78314%252525252525253fixlib%252525252525253drails 2.1.3%2525252525252526fit%252525252525253dmax%2525252525252526w%252525252525253d570%2525252525252526widths%252525252525253d%25252525252525255b190%25252525252525252c%252525252525252520580%25252525252525252c%2525252525252525201140%25252525252525255d%2525252525252526s%252525252525253d08a0ee5311b6068c5522b7e7c05a175f%2525252525253fixlib%2525252525253drails 2.1.3%25252525252526fit%2525252525253dmax%25252525252526w%2525252525253d570%25252525252526widths%2525252525253d%252525252525255b190%252525252525252c%2525252525252520580%252525252525252c%25252525252525201140%252525252525255d%25252525252526s%2525252525253dfdfa1580c5c435a780fafbffd2a90f7a%25252525253fixlib%25252525253drails 2.1.3%252525252526fit%25252525253dmax%252525252526w%25252525253d570%252525252526widths%25252525253d%2525252525255b190%2525252525252c%25252525252520580%2525252525252c%252525252525201140%2525252525255d%252525252526s%25252525253de3c27600f9d4b66484cbe0761a69b96a%252525253fixlib%252525253drails 2.1.3%2525252526fit%252525253dmax%2525252526w%252525253d570%2525252526widths%252525253d%25252525255b190%25252525252c%252525252520580%25252525252c%2525252525201140%25252525255d%2525252526s%252525253d2fd6f6f530c7b6662372db69367bded1%2525253fixlib%2525253drails 2.1.3%25252526fit%2525253dmax%25252526w%2525253d570%25252526widths%2525253d%252525255b190%252525252c%2525252520580%252525252c%25252525201140%252525255d%25252526s%2525253d0e6c84847d7a2e312475e6827895ed8f%25253fixlib%25253drails 2.1.3%252526fit%25253dmax%252526w%25253d570%252526widths%25253d%2525255b190%2525252c%25252520580%2525252c%252525201140%2525255d%252526s%25253df83f87eb2f6e7c3bb82dbf0f109b8161%253fixlib%253drails 2.1.3%2526fit%253dmax%2526w%253d570%2526widths%253d%25255b190%25252c%252520580%25252c%2525201140%25255d%2526s%253d2ea68564129e5e66e416df34319f1f41%3fixlib%3drails 2.1.4%26fit%3dmax%26w%3d570%26s%3df6ade0e674c421cf477e0c9c99bfebd0?ixlib=rails 2.1

Les Anglais ont un mot pour les destins dignes d’un roman : larger than life. Plus grand que la vie. Une destinée hors du commun, on peut dire que Maurice Beniowski en a eu une. Petit noble hongrois du XVIIIème siècle, passé par les armées françaises, polonaises et autrichiennes, il a fini roi d’une tribu malgache. Un tel destin était le matériau rêvé pour Jean-Christophe Rufin qui, avec Le Tour du monde du roi Zibeline, lui rend un hommage de papier. La figure littéraire de l’aventurier/excentrique/roi autoproclamé se retrouve souvent : petit tour d’horizon de ces fantasques qui se sont trouvés un trône à l’autre bout du monde.

Bêtes, hommes et dieux

Ferdynand Ossendowski n’a pas été roi, mais il mériterait aussi sa pierre au panthéon des aventuriers. Né en Pologne russe, professeur d’université, il explore l’Asie et l’Europe avant de se retrouver pris dans le tumulte de la guerre civile russe. Bêtes, hommes et dieux est l’histoire de sa fuite depuis la Russie occidentale jusqu’à Pékin.

Dans une atmosphère d’hostilité constante, que ce soit de la part des maraudeurs des immensités sibériennes ou du climat aride de la taïga, Ferdynand Ossendowski prend ses aventures avec flegme. Il fuit sans ciller l’Armée rouge, se débrouille pour trouver des vivres, des armes et des guides dans des villages sibériens. On croit Ossendowski sur parole quand il narre ses aventures, même lorsqu’il devient l’hôte d’un certain Roman von Ungern-Sternberg (1886-1921).

Cet obscur officier russe trouve sa raison de vivre dans la Première Guerre mondiale, puis dans la guerre civile russe. Nommé général au fin fond de la Sibérie, il se proclame réincarnation du conquérant mongol Genghis Khan et ambitionne de conquérir l’Eurasie toute entière. À la tête de ses troupes de l’armée russe blanche, il soumet la Mongolie et y fait régner la terreur avant d’être vaincu et fusillé par l’Armée rouge.

Sous la plume d’Ossendowski, il est un homme de culture oscillant entre la folie guerrière et la passion de l’occultisme. Cela, ajouté à la description d’une Mongolie désertique, dépayse totalement le lecteur qui se retrouve au coeur des voyages d’Ossendowski, spectateur d’une époque de chaos. Les bédéphiles retrouveront une version bien plus romantique d’Ungern-Sternberg dans Corto Maltese en Sibérie d’Hugo Pratt, où il s’exclame notamment « À la poursuite de nos rêves fous et de nos titres de gloire ! », qui pourrait être l’exergue de cet article…

Buy the Book
Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie

Avec le retour du Camp des Saints, son œuvre d’anticipation d’un racisme d’une rare violence, cité par Steve Bannon, le conseiller de Donald Trump, dire que Jean Raspail sent le soufre est un euphémisme. Mais tout n’est pas à jeter dans son œuvre, servie par une langue très surannée, et une nostalgie pour la monarchie touchante plutôt que ridicule. Et s’il fallait ne retenir qu’un livre, ce serait Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie.

Antoine Tounens (1825-1878) aurait pu n’être qu’un petit notaire de Périgueux s’il n’avait eu des rêves de démesure. Non content de se faire reconnaître une particule et de souscrire un emprunt pour monter une expédition, il débarque en 1858 au Chili et s’achemine deux ans plus tard en Patagonie, terre alors en cours d’exploration par l’Argentine et le Chili. Là-bas, soutenu par des tribus locales, il se proclame Orélie-Antoine 1er, roi d’Araucanie et de Patagonie. Le gouvernement chilien répond en l’arrêtant et en l’envoyant dans un asile de fous.

Jean Raspail rend son roitelet d’opérette très touchant, prêt à tout pour réaliser son rêve de grandeur. S’il doit vendre ses meubles et endetter sa famille, il le fait. Si tout le monde se moque de lui et omet de répondre à ses lettres, il n’en a cure. Persuadé de son destin de roi du bout du monde, décidé à protéger les derniers Indiens des colons, il transmet son souffle au récit et s’impose comme un homme qui a cru à ses propres rêves, un peu fou mais attachant, dans un monde corrompu.

Buy the Book
La Guerre de la fin du monde

Le rêve de certains peut être le cauchemar des autres ; il en fut ainsi des débuts de la république brésilienne pour les paysans défavorisés, comme le démontre le Prix Nobel de Littérature Mario Vargas Llosa. C’est dans ce cadre instable qu’éclata, dans les années 1890, la révolte de Canudos, menée par « Antoine le Conseiller », prophète auto-proclamé de la fin du monde.

Antonio Conselheiro (1830-1897) était un prédicateur errant parmi les populations pauvres des régions arides du Nordeste. L’avènement de la République offre un retentissement inespéré à ses thèses : le nouveau régime est l’œuvre de Satan, dit-il. Seule une vie ascétique et pieuse, retirée dans le village de Canudos, dans l’État de Bahia, permettra d’obtenir la rédemption. Il se constitue bientôt une véritable armée de réprouvés, composée de paysans, Indiens, esclaves affranchis. Les grands propriétaires terriens, inquiets de l’agitation paysanne orchestrée par ce prêcheur, appellent la République à écraser Canudos....

Ce qui donne corps au délire messianique, c’est surtout le tableau de la société brésilienne de la fin du siècle que dresse Vargas Llosa : menée par la grande bourgeoisie des villes et les gros propriétaires terriens, corrompue et injuste, la République, derrière ses grandes valeurs, n’est qu’une continuation de l’ancien régime. Pour les déclassés qui vivent dans le sertao, ce n’est pas tant les promesses de rédemption d’Antonio Conseilheiro que l’espoir d’une vie plus digne qui les tente.

Évidemment, Canudos n’est pas un pays de cocagne, et c’est l’énergie du désespoir qui pousse les nombreux personnages de La Guerre de la fin du monde à se battre. Mais la bataille finale constitue l’apocalypse, à savoir la faille qui ne se fermera jamais au Brésil entre les oligarques blancs et le petit peuple.

Buy the Book
Le Royaume de ce monde

En narrant l’histoire d’Haïti à travers les yeux d’un esclave, Ti Noël, le Cubain Alejo Carpentier avait l’occasion de traiter la violence et les défis d’un pays nouvellement indépendant. Mais entre la vie des esclaves haïtiens et le vaudou, Alejo Carpentier fait un crochet par le règne d’Henri Christophe, deuxième monarque d’Haïti.

Après le départ définitif des Français en 1804, Haïti se cherche. Établir une monarchie apparaît comme une solution viable. Henri Christophe (1767-1820), issu de l’armée, devient roi en 1810. Il s’attelle à doter son petit royaume d’une noblesse, d’un code civil, de châteaux ; cependant, son système de corvées plonge son peuple dans la misère. Sous son règne, Ti Noël est l’esclave d’une famille noire et regrette l’époque de la colonisation.

Le roi autoproclamé n’est qu’un bouffon extravagant, singeant sans les comprendre les usages des monarchies d’Europe et faisant régner la terreur dans son île. Le vaudou, avec les fantômes de ses victimes venus le hanter, finit de précipiter sa chute.

Pour un portrait plus favorable d’Henri Christophe, on ira voir La Tragédie du Roi Christophe d’Aimé Césaire.

Buy the Book
L'Homme qui voulut être roi

Le titre de cet article est bien entendu une référence à la nouvelle de Rudyard Kipling, rendue encore plus célèbre par le film de John Huston avec Sean Connery et Michael Caine. Les aventures de Daniel Dravot et Peachey Carnehan au fin fond de l’Afghanistan, devenant des demi-dieux aux yeux de la population locale, semblent un peu désuètes, voire un peu gênantes quand on repense au Kipling qui faisait l’éloge du « fardeau de l’homme blanc ». Mais elles ont toute leur place dans cette liste quand on se penche sur les deux hommes qui ont inspiré l’auteur : James Brooke et Josiah Harlan.

James Brooke (1803-1868), fils de colons anglais en Inde, fait carrière militaire et tente sans succès de se lancer dans le commerce. Avec son héritage en 1838, il achète un vaisseau qui met le cap vers l’île de Bornéo ; il s’y attire les grâces du sultan de Brunei en réprimant une révolte, et le sultan le remercie en le nommant gouverneur du Sarawak, la partie septentrionale de l’île, puis rajah en 1842, à 39 ans.

Josiah Harlan (1799-1871), originaire de Pennsylvanie, se lance quant à lui à l’aventure en Asie à 21 ans, bien décidé à devenir roi lui-même. Après avoir bourlingué en Inde et en Birmanie, il est le premier Américain à pénétrer au Pendjab et en Afghanistan, où il jouera au mercenaire entre les potentats locaux. Parti combattre des bandits ouzbeks avec un éléphant pour le roi d’Afghanistan, il se prend pour Alexandre le Grand.

En habillant les aventures de ses personnages de symboles maçonniques et de références historiques, Rudyard Kipling traduit ce qu’avait pu être l’Asie du Sud pour ceux qui n’avaient pas froid aux yeux : une terre mystérieuse où tout était possible, où il suffisait d’être malin et de se baisser pour devenir tout-puissant. Quant aux locaux qui ont eu à subir la colonisation, la fiction ne s’intéresse, dans de tels récits, guère à eux.

Buy the Book

Aspirant romancier, journaliste, Arthur est capable de se nourrir exclusivement de livres, de films, de musique, de voyages, d'histoire et d'écriture. Son nutritionniste est désespéré.