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7 livres pour regarder Marilyn autrement

Disparue le 5 août 1962, Marilyn Monroe reste une des icônes du cinéma du XXe siècle, personne n'ira dire le contraire. Cependant, au-delà de la pure image, chevelure blonde et robe en corolle au-dessus d'une grille de métro, une figure comme la sienne inspire-t-elle encore l'art et la littérature ? Si on met de côté les biographies et les livres d'enquêtes qui cherchent encore et toujours le secret de sa mort, que lire sur Marilyn qui soit un peu différent ? Ces 7 livres.

Confession inachevée

À tout seigneur tout honneur : commençons par Marilyn elle-même, ce qu'elle a dit sur elle et qu'elle désirait qui soit su, connu. En 1954, alors qu'elle est en train d'accéder au statut de star (le film Sept ans de réflexion, avec la fameuse scène de la robe qui s'envole, est tourné cette année-là), elle cherche à écrire ses mémoires. Elle a 28 ans et se fait aider par un écrivain et scénariste, Ben Hecht, à qui elle dicte le texte. Il en résulte des confessions sur son enfance d'orpheline que nous connaissons par cœur aujourd'hui et, plus inattendues, sur ses premiers pas à Hollywood. On y découvre une jeune femme perfectionniste, avide de connaissances et sans illusion sur le monde qui l'entoure. Des confidences dont on dit qu'elles ne recouvrent pas forcément toujours la réalité, mais dont la force demeure : le livre a ainsi inspiré il y a peu un projet transmedia intitulé Update Marilyn. Le texte original, lui, confié au photographe Milton Greene, n'est finalement paru qu'en 1974.

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Fragments

En 2012, lorsque l'éditeur Bernard Comment publia en France et en exclusivité mondiale ce texte écrit par l'actrice, suite de lettres, poèmes, notes personnelles tirées de ses carnets, le livre fit sensation. Brusquement, on pouvait s'identifier à celle qu'on savait être une femme fragile, hospitalisée par moments en clinique psychiatrique et qui en parle avec une intense acuité. Marilyn écrit pour elle-même ses peurs, ses doutes, son incapacité à croire en elle, sa peur de décevoir. Elle cherche à se construire, vacille, se reprend, regarde le monde, voudrait maîtriser ce qui la dépasse sans y parvenir. « N'aie pas peur d'être à fleur de peau ni de t'en servir », s'exhorte-t-elle. Tout nous pousse alors à l'accompagner, à craindre sa chute.

Pour ceux qui voudraient aller plus loin, sachez qu'il existe un second livre, Girl waiting, regroupant les dessins et croquis que Marilyn faisait à l'époque. Quant au texte, il a depuis été transposé au théâtre, interprété en solo par Caroline Ducey, une comédienne qui très habilement ne joue pas avec les codes « marilynesques ». 

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Blonde

Soyons partiale, soyons injuste : le plus grand livre de tous les temps sur Marilyn Monroe, c'est celui-là. Mille pages d'un roman biographique en cinq actes pour dire, avec toute la liberté possible, le destin d'une femme en prise avec ce que son environnement familial et social, l'industrie hollywoodienne, le monde entier projettent sur elle tandis qu'elle construit son personnage. Joyce Carol Oates recrée, réinvente Marilyn, en distille l'essence, nous fait littéralement entrer dans sa peau. Comme elle, nous bégayons, avons mal au ventre, sommes sans cesse en retard. La romancière retrace l'histoire d'une gamine déshéritée noyée dans la masse, d'une perfectionniste qui met tout en œuvre pour s'en extirper, travaille avec acharnement. Le texte génère jusqu'au bout une énergie et une inventivité intenses, parfois hallucinées.

Récemment, Oates a repris le personnage de Marilyn dans la nouvelle-titre qui ouvre le recueil Dahlia noir et rose blanche. Elle en a fait la colocataire d'Elizabeth Short, starlette impliquée dans le plus célèbre fait divers des années 40, le « dahlia noir » auquel James Ellroy a consacré un livre. 

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Marilyn Monroe

Il y a les livres de photographes sur Marilyn... et puis il y a celui-là, qui ne se contente pas d'être un bel album agrémenté de quelques souvenirs même si, objectivement, c'est ce qu'il est. Grand nom de l'agence Magnum, Eve Arnold a été l'amie de Marilyn, dont elle a suivi le parcours du début des années 50 à la fin de sa vie, l'accompagnant dans ses déplacements, la montrant en train de lire Ulysse de Joyce ou de se refaire une beauté dans les toilettes d'un aéroport. Sans être dupe de son narcissisme, Arnold a une vraie tendresse pour son modèle et c'est un plaisir de lire des propos qui semblent si justes. Deux femmes travaillent ensemble, complices et respectueuses, tandis qu'autour l'hystérie gronde. Entre elles, le contrat est net : on les sent à égalité, prêtes à se servir du regard de l'une, du magnétisme de l'autre, sans gêne, sans problème. On ferme l'album en ayant l'impression d'avoir voyagé en leur compagnie, d'avoir respiré.

Une blonde à Manhattan

Continuons avec la photo, mais d'une autre façon. Une blonde à Manhattan est peut-être un portrait de Marilyn à New York en 1955, après le tournage de Sept ans de réflexion, au moment où elle décide de prendre son indépendance, de devenir productrice et de suivre les cours de l'Actors Studio. Mais c'est aussi l'histoire d'un photographe, Ed Feingersh, une tête brûlée, un reporter à la conduite suicidaire qui ne vivra pas plus longtemps qu'elle. Ils se croisent le temps d'une semaine de reportage pour le magazine Redbook. Feingersh, après l'avoir convaincue, la fait poser dans le métro ou dans l'arrière-salle d'un bar, parfois un peu floue, décadrée. Redbook titrera : « Marilyn Monroe comme vous ne l'avez jamais vue ! » et en effet, cette série efface d'un coup paillettes et boas de plumes, ce qui était le souhait de Marilyn. Outre cette semaine new-yorkaise et l'histoire du reporter, Adrien Gombeaud raconte le destin étonnant de ces photos, qu'on aurait pu ne jamais retrouver. 

Marylin, dernières séances

Qui écrit sur Marilyn Monroe projette nécessairement quelque chose sur elle... Ne se comparait-elle pas à une toile blanche sur laquelle les spectateurs voyaient ce qu'ils voulaient voir ? Ici, la projection prend un tour plus complexe puisque Michel Schneider fixe son attention sur le dernier psychanalyste de l'actrice, Ralph Greenson, qui n'a cessé de se prendre pour autre chose que ce qu'il était, traitant sa patiente de façon très peu orthodoxe. Il l'invitait chez lui, se mêlait de ses choix professionnels, ordonnançait sa vie... À partir de cette relation fusionnelle, Schneider invente à son tour sa Marilyn, utilisant des enregistrements dans lesquels on l'entend se parler à elle-même entre deux séances avant de donner les cassettes à son thérapeute. Son livre, au-delà de la description d'une relation en miroir, est celui d'une solitude absolue. 

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Marilyn, naissance année zéro

Ici aussi, l'histoire racontée de Marilyn explore les profondeurs, le dégoût de soi, la folie, l'avancée inéluctable vers la mort. Cérébral et trash à la fois (le livre n'est pas à mettre entre toutes les mains), Marilyn, Naissance année zéro utilise une structure complexe, voix narratives qui changent à chaque chapitre, allers et retours dans le temps, pour renouveler la figure de Norma Jeane devenue Marilyn Monroe : ainsi, deux femmes se parlent, se jugent. L'image, l'identité de Norma et de Marilyn sont diffractées, explosées. Des motifs récurrents (la blancheur, la blondeur, le liquide...) apparaissent, viennent dire la place prise par un corps scruté à la loupe, constamment sous contrôle et qui chute autant qu'il s'élève. Nous voilà projetés dans l'inconscient de Marilyn comme à la surface de sa peau. Autant dire qu'il s'agit d'explorer le vertige, ce que fait la langue même de Véronique Bergen. 

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Ecrivaine (Franck, éditions Stock, Décor Lafayette, éditions Inculte, Décor Daguerre, éditions de l'Attente), cofondatrice du site L'aiR Nu (Littérature Radio Numérique, http://www.lairnu.net/). ... Show More

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