Quote

“En rentrant à Paris je découvris qu'il était intact (mon petit appartement de l'Ecole militaire), car la révolution e mai 68, en réalité, n'avait pas débordé du périmètre du Quartier latin et de Saint-Germain-des-Près. Contrairement à ce que d'aucuns avaient prophétisé en ces jours d'euphorie, il n'y eut guère d'incidence politique, si ce n'est de hâter la chute de De Gaulle, d'ouvrir l'ère, brève, de cinq ans à Pompidou et de révéler l'existence d'une gauche plus moderne que celle du Parti communiste français ("la crapule stalinienne", selon l'expression de Cohn-Bendit). Les moeurs deviennent plus libres mais, du point de vue culturel, avec la disparition de toute une illustre génération - Mauriac, Camus, Sartre, Aron, Marleau-Ponty, Malraux -, ces années connurent une discrète décrue culturelle, où, au lieu d'être des créateurs, les maîtres à penser devinèrent des critiques, d'abord structuralistes, à la manière de Michel Foucault et de Roland Barthes, puis déconstructivistes, type Gilles Deleuze et Jacques Derrida, aux rhétoriques aussi pédantes qu'ésotériques, chaque fois plus isolés dans les cabales de dévots et éloignés du grand public, dont la vie culturelle, en raison de cette évolution, devint de plus en plus banale. Ce furent pour moi des années de dur labeur, mais, comme aurait dit la vilaine fille, de médiocre réussite..."”

Chapitre 3 - Peintre de chevaux dans le swingin London

Stéphane B. Bazan, Cyrilht and idi found this witty